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Hubert Lenoir, Révélation Radio-Canada en chanson 2018-2019

Cette année, le choix de la Révélation Radio-Canada en chanson s’imposait. Hubert Lenoir, qu’on connaissait déjà du groupe The Seasons, est apparu comme un beau soleil de juillet en février dernier avec Darlène, une œuvre multidisciplinaire aussi réjouissante qu’inattendue.

Hubert Lenoir - Fille de personne II


La création mystérieuse, qu’il qualifie d’opéra post-moderne, a reçu un accueil à la hauteur de son audace incandescente, tant de la critique que du public. Ne mâchons pas nos mots : nous parlons ici d’un phénomène. Écoutez l’entrevue de Monique Giroux et vous comprendrez.

Hubert Lenoir a 23 ans. Très tôt, il a abandonné l’école pour se consacrer à l’art, d’abord comme amuseur public, ensuite à la tête du groupe The Seasons, qui a connu un succès instantané et l’a entraîné dans une tournée de près de deux ans, de Berlin à Los Angeles en passant par Baie-Saint-Paul. En février 2018, il a lancé l’album concept Darlène, réalisé en symbiose avec le roman de son amoureuse, Noémie D. Leclerc. L’univers se veut théâtral, avec juste ce qu’il faut de pop accrocheuse et raffinée, résultat des nombreuses influences : le jazz, le soul, le rock, progressif et psychédélique.

Voilà pour le résumé biographique. Faites plus ample connaissance avec la Révélation Radio-Canada en chanson 2018-2019 en consultant le questionnaire ci-dessous.

Ta musique, en deux mots et une image? 
Beau, bon... et je n’ajouterais pas « pas cher ». Pour l’image : une fleur de lys qui éjacule, évidemment.

Quel est l’endroit sur Terre (ou ailleurs) où tu rêves de te produire en spectacle? 
J'aimerais faire un spectacle à l'intérieur de moi-même.

La question « Céline Dion » : À quel moment as-tu su que la musique « était ton destin »?
À cela je vais joindre une photo.

Parle-nous de ta ville ou de ton village d'origine. Est-ce un lieu qui influence ta création? 
Je viens de Courville, en banlieue de Québec, et je suis allé au secondaire sur la Côte-de-Beaupré. Ce sont des quartiers de classe moyenne, très conservateurs. J'y habitais encore il y a un an. Quand tu viens de là, ce n’est pas écrit dans le ciel que tu peux devenir un artiste. J'ai été une âme perdue la plus grande partie de ma vie. Je la passais à consommer des écrans et à ignorer les gens qui me regardaient croche. Si mon milieu influence ma musique, c'est certainement dans mon « intérêt » pour la culture de masse, pour la culture pop. Ç’a longtemps été la seule culture que j'avais. Encore aujourd'hui, je me tiens au courant des Kardashian et je suis loin de haïr ça quand j'entends Selena Gomez au dépanneur. Aussi loin que je peux aller dans le jazz et l'expérimental, j'ai toujours ça en tête; c'est dans mon ADN.

Quelle œuvre ou chanson frise selon toi la perfection? 
Je n'aime pas parler de perfection en art, mais vite de même je dirais Purple RainPrince a défini en 1984 certains codes et un certain standard pour la musique pop, et j'ai l'impression qu'encore aujourd'hui les artistes contemporains, comme Beyoncé ou The Weeknd, essaient constamment de faire quelque chose d'aussi bon que Purple Rain.


Projet fou : tu as carte blanche pour créer le spectacle de tes rêves, mais tu dois recruter une tête d’affiche. Qui choisis-tu et pourquoi?
 
Je fais revivre Oscar Peterson et je lui fais jouer en boucle sa pièce Wheatland jusqu'à ce qu'il meure une deuxième fois.

Admettons qu’on te donne une carte chouchou te permettant de débarquer dans l’émission de Radio-Canada de ton choix (radio ou télé), à n’importe quel moment. Où vas-tu? 
Dans Les pays d'en haut, pour aller chiller avec Sarah-Jeanne.

Si tu n’avais pas été musicien, qu’aurais-tu fait? 
Souvent, j'ai des folies passagères où je dis à tout le monde que je vais arrêter la musique pour aller travailler au Canadian Tire. Donc, je serais probablement commis au Canadian Tire.

À part la musique, qu’est-ce qui occupe ta vie? 
Ces temps-ci, je fais juste ça, sinon j'aime flatter les chiens quand j'en croise dans la rue.

Qu’est-ce que les gens ne savent pas encore de toi et que tu es prêt à dévoiler ici?
Il y a trois sans-abri qui habitent dans mon garage et je les vois regarder de la porno des années 1990 en VHS.