Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

10 moments marquants du passage de Kent Nagano à la tête de l’OSM

Par
Frédéric Cardin

La saison 2019-2020 de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) est la dernière de Kent Nagano en tant que directeur musical de celui-ci. Elle devait en théorie être l’occasion de célébrer en grandes pompes les presque 15 années du maestro à la tête de l’orchestre. La pandémie de COVID-19 est toutefois venue gâcher la fête. On peut présumer qu’une fois la crise passée, le public montréalais et québécois dans son ensemble aura l’occasion de dire au revoir à cet artiste grandement apprécié. Pour l’instant, rappelons-nous certains des moments les plus marquants du passage de Kent Nagano à la barre de l’OSM, et mesurons ainsi le riche héritage qu’il laisse. En voici 10, mais il y en a certainement d’autres qui ont été tout autant marquants pour vous. Lesquels?

Premier concert officiel du maestro en tant que directeur musical

Le premier concert de Kent Nagano à titre officiel de directeur musical de l’OSM a eu lieu le 6 septembre 2006, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts (la Maison symphonique n’existait pas encore!).

L’inauguration de la Maison symphonique de Montréal

Comment passer à côté? L’inauguration de la Maison symphonique de Montréal, le 7 septembre 2011, est la réalisation d’un rêve vieux de plusieurs décennies, que les plus optimistes n’osaient même plus évoquer. Pourtant, la réalité a rattrapé la fiction (ou le fantasme), avec qui plus est un concert grandiose qui a marqué les esprits.

Inauguration de la Maison symphonique

La rencontre du siècle

L’OSM et les Canadiens de Montréal ont chacun fêté en 2009 un anniversaire important : 75 ans pour l’orchestre et 100 ans pour le club de hockey. Pour Kent Nagano, désireux d’inscrire son orchestre et la musique classique dans l’esprit du plus grand nombre, impossible de louper cette chance d’établir un lien avec une partie fondamentale de l’ADN du peuple québécois! Le grand concert du 2 avril 2009 au Centre Bell a été donné devant 12 000 personnes, le maestro troquant pour l’occasion sa queue-de-pie pour un chandail tricolore!

La tuque en mousse de nombril

C’était le premier concert de la série des contes de Noël, avec Fred Pellerin et sa fameuse Tuque en mousse de nombril. La rencontre entre l’intellectuel maestro et le fantasque conteur québécois avait de quoi surprendre et surtout en faire douter plusieurs. Pourtant, rarement une osmose aussi complète et manifestement sincère aura été opérée entre deux univers a priori incompatibles. La recette a été un succès spectaculaire, public et critique, inspirant de nombreuses suites les saisons suivantes.

La Virée classique

Ajouter un festival de musique classique à l’effervescence estivale et populaire du Quartier des spectacles de Montréal relevait peut-être de la gageure, mais quelle cagnotte ce pari tenu et remporté haut la main a-t-il ajoutée au trésor déjà riche d’événements culturels d’envergure remplissant le calendrier artistique de la métropole! D’autres festivals de musique classique existaient déjà, tels Montréal baroque et le Festival de musique de chambre, mais la Virée classique, avec sa formule condensée en un week-end et sa tenue dans un espace restreint et convivial, avec ses concerts courts et abordables, qui plus est propulsée par les moyens considérables et la visibilité rayonnante de l’OSM, est rapidement devenue un moment attendu avec impatience chaque été.

Virée classique

La musique aux enfants

Pour Kent Nagano, la musique est essentielle à l’épanouissement de toute société. Il en va de même, pour n’importe quelle société, avec le développement et l’éducation de ses enfants. Le programme La musique aux enfants, conçu par Kent Nagano en partenariat avec de grands établissements publics et privés, et bien entendu l’OSM, souhaite arrimer ces deux vertus sociales en un projet de développement humain à long terme. Les grands concerts, même mémorables, passent, mais les initiatives de ce genre durent très longtemps et donnent des fruits inestimables.

Les grands concerts sur l’Esplanade du Parc olympique

À chaque Virée classique, un grand concert est donné sur l’Esplanade du Parc olympique. Que ce soit avec l’opéra Carmen, de Bizet, le Requiem de Verdi, ou Carmina Burana, de Carl Orff, les concerts sur l’Esplanade sont des rencontres grandioses, des communions entre l’OSM et le public montréalais, entre la musique classique et le grand public, entre l’art et la nation. Des dizaines de milliers de personnes y assistent chaque fois, qu’elles soient connaisseuses ou juste curieuses. Tant qu’à choisir un de ces concerts comme étant plus marquant que les autres (une tâche très subjective), je propose celui du 14 août 2014, mettant en scène non seulement maestro Nagano et l’OSM, mais aussi plus de 1500 choristes amateurs venus de partout au Québec pour interpréter le grandiose Carmina Burana, de Carl Orff.

Tournée au Nunavik

Souligner une tournée hors de Montréal pour l’OSM, c’est inévitablement parler de l’un ou l’autre des triomphes obtenus par l’orchestre et Kent Nagano lors de voyages en Amérique du Sud (2013), en Europe (2009 et 2014), en Asie (2008 et 2014) et régulièrement au Carnegie Hall de New York. J’aurais pu en effet choisir l’une de ces tournées, à l’aveuglette, tellement chacune a de l’importance et magnifie la renommée de l’orchestre. J’ai plutôt opté pour une tournée aux effectifs plus modestes, réalisée en septembre 2008 au Nunavik, dans le Nord-du-Québec, avec Kent Nagano ainsi que sept musiciens et musiciennes de l’OSM. Modeste en nombre, soit, mais modeste en esprit et en impact, certainement pas. Cette rencontre historique, parce qu’une première dans le genre (mais pas la seule puisqu’il y en eut une autre par la suite), s’est imprimée de façon indélébile dans les esprits de ceux et celles qui y ont participé, mais aussi dans celui du Québec tout entier. À travers la musique classique et l’OSM, ce sont deux mondes aux antipodes qui se sont unis : Montréal, métropole moderne et mondiale d’un côté, le Nunavik, son peuple attachant et ses grands espaces sauvages, indomptés et presque vierges de l’autre. L’histoire du soldat, de Stravinsky, chanté en inuktitut? On ne l’oubliera pas de sitôt!

Concert de l’OSM en hommage aux personnes sinistrées de la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic

Kent Nagano, Américain d’origine japonaise, a su établir avec le peuple québécois une connexion directe et sincère qui force l’admiration. Personne n’a donc été surpris quand ce dernier s’est présenté à Lac-Mégantic avec son orchestre, le 1er novembre 2013, pour jouer devant 1700 résidents et résidentes de la municipalité, afin de leur rendre hommage et d’apporter un peu de beauté dans des vies chamboulées, voire anéanties, par l’horrible destruction causée par l’accident ferroviaire survenu dans la nuit du 6 juillet 2013 et qui a fait, rappelons-le, 47 victimes.

Les symphonies de Beethoven

Enregistrer les neuf symphonies de Beethoven est un exercice auquel les grands orchestres du monde doivent se frotter un jour ou l’autre. L’OSM sous la direction de Kent Nagano est le premier orchestre permanent et à temps plein canadien à accomplir ce rite de passage (les Montréalaises et Montréalais ont été coiffés de quatre petites années par l’Orchestre de la francophonie canadienne, dirigé par Jean-Philippe Tremblay, un ensemble de jeunes aux effectifs continuellement renouvelés et présentant une courte série de concerts estivaux). Réunissant les albums individuels publiés de 2008 à 2014, le coffret des symphonies de Beethoven sous étiquette Analekta est un témoignage éclairant sur les années Nagano de l’OSM.

Vous souhaitez être au courant de tout ce qui touche la musique classique sur ICI Musique?

Abonnez-vous à notre infolettre classique!