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Notes de voyage : tourisme virtuel à New York

Par
Stéphan Bureau

Pour cette ultime escale de la saison, je propose de nous arrêter dans la ville qui est la plus proche de mon cœur depuis mon premier coup de foudre, à 10 ou 11 ans. Une destination qui a attiré plus de 60 millions de visiteurs l’an dernier, mais où les rues sont désertes depuis quelques semaines : New York.

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Diffusion : 17 mai 2020

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En temps normal, près de 15 millions de spectateurs vont voir un spectacle à Broadway chaque année.

Le théâtre et les comédies musicales génèrent 2 milliards de revenus, représentant un moteur essentiel de l’économie et de l’attractivité de la ville. C’est 20 000 restaurants qui font manger les New-Yorkais et les dizaines de millions de touristes qui visitent la ville.

En attendant des solutions plus tangibles qui vont permettre de retourner goûter aux plaisirs de la ville, plusieurs initiatives numériques font déjà la preuve d’un dynamisme réel.

La meilleure porte d’entrée pour accéder à un maximum de sites en un seul arrêt est curbed.com. C’est un site commercial d’immobilier et de design urbain – pas un organisme public –, qui fait franchement un travail d’inventaire formidable.

Sinon, la majorité des grandes institutions new-yorkaises offrent beaucoup de matériel en ligne.

Le Metropolitan Opera

En cette période un peu plus sombre où il paraît difficile de trouver des raisons de se réjouir, l’histoire du Met de New York devrait être source d’inspiration.

La diffusion de l’opéra à la radio à partir de 1932 est venue suppléer à l’effondrement des revenus aux guichets pendant la dépression, tout comme la présentation en IMAX des productions a permis au Met de relancer sa fortune après les attentats du 11 Septembre.

Le gala du 25 avril sous la direction de Yannick Nézet-Séguin était un exemple de l’agilité de cette grande maison.

Le maestro Yannick Nézet-Séguin

Le MOMA

Ma première curiosité, en janvier dernier, quand je suis allé passer quelques jours à New York, était surtout le MOMA, tout frais sorti d’un agrandissement qui a coûté la bagatelle de 400 millions!

Le baigneur de Cézanne que l’on peut admirer au MOMA me plaît particulièrement. Présent dans la collection depuis 1934, ce grand tableau a été pour toute une génération de peintres américains une clé d’accès à l’art moderne. Il est d’ailleurs facile, rétrospectivement, de voir du Picasso dans cette toile peinte en 1885.

Le baigneur de Paul Cézanne

On en parlait la semaine dernière, Matisse et Picasso sont les deux géants de la peinture qui dominent la première moitié du 20e siècle.

Le peintre français est une force tranquille; sa peinture, sensuelle. Personne ne maîtrise la couleur comme lui.

Dans La danse, le tableau du MOMA, on ne retrouve que quatre couleurs. Bleu pour le ciel, vert pour le sol, le noir et le rose pour définir les personnages qui dansent comme suspendus dans l’espace. Aucun détail superflu, tout est ramené à l’essentiel.

La danse d'Henri Matisse

J’ai l’intuition que la géographie et le rapport au soleil expliquent en partie l’écart entre ce que fait le peintre néerlandais Piet Mondrian dans le nord du continent et Henri Matisse, installé, lui, dans le sud de la France.

En trouvant refuge à New York pendant la Seconde Guerre mondiale, Mondrian ne gagne certainement pas en soleil, mais en mouvement.

Mondrian est chargé d’une vitalité qui s’exprime magnifiquement dans Broadway Boogie-Woogie, une de mes toiles favorites au MOMA.

Broadway Boogie Woogie de Piet Mondrian

Le Metropolitan Museum

À une trentaine de pâtés de maisons du MOMA se trouve le Metropolitan Museum. En attendant d’user nos semelles sur les planchers du musée, son site web est une forme de prix de consolation pour les amoureux impatients comme moi.

Si vous me demandez ce que je retournerai voir en premier, ma réponse est toute simple : Salle 768, dans la section des peintres américains, Repose de John White Alexander. Il me tarde de reprendre la conversation avec la belle et lascive femme qui nous regarde dans le tableau.

Repose de John White Alexander

Ma prochaine station au Met est encore un portrait de femme… mais beaucoup plus provocant en son temps.

Gustave Courbet flirte avec le scandale quand il présente La femme au perroquet au salon de 1866.
Un tableau qui fait voir une femme nue dans une pose qui est en rupture avec tous les canons de la peinture académique.

La femme au perroquet

On pense aujourd’hui que la belle tête rousse qui pose pour Courbet est aussi celle qui sert de modèle pour une œuvre beaucoup plus osée du peintre  : L’origine du monde.

L'oeuvre de Gustave Courbet « L'Origine du monde »

Je propose de nous rendre, virtuellement toujours, dans la salle 964 du musée pour une dernière série de portraits de femmes, cette fois dans un registre plus classique.

Les œuvres du grand Vermeer sont assez peu nombreuses. Seulement une trentaine de toiles dans le monde lui sont attribuées avec certitude. Une rareté qui contribue certainement à la légende du peintre.

Je suggère de vous arrêter sur Une jeune fille assoupie. L’ombre et la lumière ajoutent à l’ambiguïté de la scène peinte.

Une jeune fille assoupie de Johannes Vermeer

Winslow Homer est un des grands de la peinture américaine du 20e siècle. Avec son Vétéran qui travaille au champ, Homer me donne le sentiment d’anticiper, 30 ans avant, la manière et la lumière de Vincent Van Gogh.

Un tableau très approprié en cette époque de la COVID. Le vétéran manipule une faux, symbole évident de la mort qui a balayé les États-Unis pendant la guerre civile qui se termine au moment où la toile est peinte. L’espoir est également illustré par le blé abondant que s’apprête à récolter ce militaire dont l’uniforme, au sol, marque la fin de cette épidémie très mortelle que nous avons inventée : la guerre.

Veteran de Winslow Homer

Je constate depuis quelques semaines lors de nos explorations des grands musées du monde que Edward Hopper s’est un peu imposé comme le peintre emblématique de nos vies de confinés.

Ses toiles renvoyaient davantage à notre condition moderne et à la solitude qu’elle engendre, mais sa grammaire s’applique aussi à ce que nous traversons présentement.

Office in a Small City est de toutes celles que nous avons observées ensemble la plus appropriée, mais aussi la plus difficile à contempler pour son côté déprimant. C’est l’un des bijoux de la grande collection du Met.

Office in a small city de Edward Hopper

Le musée Whitney

Le site du musée Whitney est une autre belle manière de poursuivre l’exploration de l’œuvre fascinante d’Edward Hopper.

On y retrouve beaucoup de ses dessins, mais aussi quelques troublants et beaux tableaux. Je pense particulièrement à Soir bleu.

Soir bleu de Edward Hopper

Si vous êtes tentés d’entrer davantage dans le monde de Hopper, je vous propose cette visite des endroits du centre-ville de New-York qui ont influencé son travail.

Pour connaître le titre d'une œuvre entendue à l'émission, consultez la page Musiques diffusées du site d’ICI Musique

New York

La trame sonore indispensable pour vous sustenter quand vous avez comme une envie de New York, de ses rues vivantes et colorées, de son énergie pénétrante. Essentiellement jazz, la place est aussi faite à quelques chansons indispensables qui ont su capter l'esprit de cette ville mythique.

Frank Sinatra et New York New York, Mel Tormé et Sunday in New York, Ella Fitzgerald et Automn in New York, Bobby Womack et Across 110th Street, Leonard Cohen et Chelsea Hotel.

Cette liste d'écoute aléatoire et gratuite a été préparée avec soin par notre équipe.