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Notes de voyage : tourisme virtuel à Londres

Par
Stéphan Bureau

Bonjour à tous les voyageurs immobiles qui commencent probablement à avoir des fourmis dans les orteils. Les premières journées de chaleur rendent l’exercice un peu plus difficile, ne trouvez-vous pas? À Londres, des amis me disaient avoir un des plus beaux printemps de mémoire récente. Entre 20 et 25 degrés et beau soleil tous les jours… avec la consigne de rester à l’intérieur. C’est difficile. Surtout dans une ville survoltée qui ne dort jamais vraiment.

Écoutez Notes de voyage : tourisme virtuel à Londres
Écoutez Notes de voyage : tourisme virtuel à Londres

Diffusion : 10 mai 2020

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Là comme ailleurs, le changement de vitesse est troublant. Piccadilly Circus ou le West End déserts, un vendredi ou un samedi soir… c’est parfaitement improbable.

Les Anglais n’avaient pas attendu la pandémie pour amorcer un travail de numérisation assez exemplaire de leurs grandes collections, et même de leurs édifices célèbres. Leur patrimoine numérique est en santé!

Le Victoria and Albert Museum (V&A) possède un beau site, surtout pour ceux qui ont un faible pour la mode et les arts décoratifs.

Je recommande surtout, pour tous les amateurs d’histoire et d’anthropologie, le riche site du British Museum.

Leurs balados sont un complément sympathique au matériel que vous pouvez voir en ligne.

Le British Museum à Londres

L’Institut Courtauld

Cet établissement affilié à l’Université de Londres a fait un minutieux travail de numérisation pour permettre un accès aux chercheurs et aux élèves de l’institut. Le musée, plutôt discret, possède une des plus importantes collections de tableaux impressionnistes au Royaume-Uni.

Je vous recommande de vous arrêter quelques instants sur Un bar aux Folies Bergère, présenté par Édouard Manet au Salon de Paris en 1882. C’est un de ses derniers tableaux, assurément un des plus complexes aussi.

Dans le contexte des Folies Bergère, Manet pose crûment la question : que vient-on vraiment consommer?

Un bar aux Folies Bergère d'Edouard Manet

Le musée Tate Britain

Il y a certainement une rivalité qui unissait Francis Bacon à Lucian Freud. Les deux artistes s’admiraient, se respectaient et étaient condamnés à se rejeter au bout du compte.

Le Tate Britain est un des meilleurs musées pour apprécier leur travail et leur contribution à l’art du 20e siècle.

Bacon est un écorché à la manière de Jean Genest en littérature, et Freud est « une bête à sang froid ».

Leur peinture trahit parfaitement ces différences de sensibilité. Ils sont pourtant, l’un pour l’autre, leurs meilleurs portraitistes.

Jetez un coup d’œil à ce triptyque de Freud peint par Bacon que l'on retrouve au musée d'art de Portland.

Trois études de Lucian Freud

Malheureusement, le portrait en forme de gros plan que peint Freud de son ami Bacon a été volé lors d’une exposition organisée en Allemagne.

Cette tête dérobée au musée Tate est aujourd’hui encore recherchée par les enquêteurs spécialisés, mais risque de rester bien cachée dans les archives secrètes du collectionneur qui a probablement commandité le cambriolage. (texte en anglais)

La femme et le chien blanc

Il y a, je crois, beaucoup de parallèles à faire entre le travail de Lucian Freud et celui du peintre Edward Hopper. Pas tant dans l’esthétique que dans la mise en scène de nos angoisses solitaires.

Un bon exemple est le portrait de sa propre femme qui a servi de modèle dans l’œuvre Girl With a White Dog.

Le regard clinique de Freud est cru; son sujet, présenté sans fard.

Girl With a White Dog de Lucian Freud

Les chefs-d’œuvre du Tate Britain valent le détour, spécialement ceux du grand Joseph Turner. C’est l’un des géants de la peinture anglaise, aujourd’hui peut-être un peu négligée.

Bien avant Monet, il est un des premiers à secouer la tradition des vieux maîtres et à décomposer la lumière dans ses tableaux éblouissants.

À la mort du grand peintre, quelques centaines de tableaux et 30 000 esquisses ont été légués à la Galerie Nationale. Un héritage précieux qui a été transféré au musée Tate au début du vingtième siècle.

Le site du musée Tate en donne un très bel aperçu.

Je mets en référence Three Seascapes, une image dont la composition pourrait déjà annoncer les volumes monochromatiques chers à Mark Rothko, 130 ans plus tard.

Three Seascapes de John Turner
Untitled de Mark Rothko

Ce tableau de Mark Rothko, un tableau sans titre, mais pas sans vibration, on le retrouve au Tate St Ives, situé en Cornouailles dans le sud-ouest de l'Angleterre.

Installé face à la plage, ce musée est planté dans un décor qui pourrait avoir inspiré plusieurs des tableaux qui se trouvent sur ses murs.

La vue depuis le musée Tate St Ives en Angleterre

Le site web, comme pour les autres succursales du musée Tate, est généreux et permet d’admirer quelques très belles pièces.

Le musée Tate Modern

Au moment de sa fermeture, COVID-19 oblige, en mars dernier, le Tate Modern amorçait une rétrospective Andy Warhol. Tout n’est pas perdu, il est possible d’en faire une courte visite virtuelle ici.

La beauté architecturale de l’endroit ne doit pas faire oublier que le musée abrite aussi une des très belles collections de peintres du 20e siècle.

Je suggère que l’on s’arrête sur une toile d’Henri Matisse. Incapable de peindre dans les dernières années de sa vie, Henri Matisse est retourné à une forme presque enfantine d’expression, le collage.

L’escargot est-elle une de ces créations « naïves »? J’y trouve au contraire le geste essentiel, dépouillé de toute vanité, d’un artiste qui, en flirtant avec la mort, se libère de tout.

L'escargot d'Henri Matisse

La Galerie nationale

La silhouette de la Galery nationale, qui domine Trafalgar Square, est toujours pour moi la promesse d’un voyage dans le temps et l’histoire qui me donne le sourire.

L’accès gratuit et sans limites à de pareils trésors est une des richesses, tangibles, de ma vie de voyageur.

Parmi eux, deux tableaux de Jan van Eyck que vous trouverez à la Galerie nationale.

Les époux Arnolfini est le plus célèbre des deux, presque l’image mascotte de ce musée.

Les époux Arnolfini de Jan van Eyck

– Je vous suggère de vous attarder davantage à ce qui est fort probablement un autoportrait du peintre flamand.

Autoportrait de Jan van Eyck

La Vénus de Vélasquez

Il faut aller à Londres pour découvrir que Diego Vélasquez était habité par une sensualité certaine.

Sa pudique Vénus, exposée à la Galerie nationale, nous montre tout son génie suggestif.

Vénus à son miroir de Diego Velasquez

Une dernière image avant de se laisser. Celle d’un peintre que vous ne connaissez peut-être pas  : Eugène Carrière.

Ses tableaux qui tendent progressivement vers la monochromie annoncent un minimalisme très en vogue aujourd’hui.

Winding Wool (les dévideuses), accroché à la Galerie nationale, sera pour vous, je l’espère, la porte d’entrée pour découvrir une œuvre ignorée, mais saisissante.

Winding Wool d'Eugène Carrière

Autres visites virtuelles londonniennes à faire :

– Le fameux bunker de Churchill

– Le 10 Downing Street, la résidence du premier ministre

Pour connaître le titre d'une œuvre entendue à l'émission, consultez la page Musiques diffusées du site d’ICI Musique