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Entrevue opéra : Opera Lafayette fait revivre Leonore de Beethoven

Par
Sylvia L'Écuyer

Pour cette résurrection, la compagnie américaine fait appel à une distribution entièrement canadienne: Nathalie Paulin, Jean-Michel RIcher, Stephen Hegedus, Pascale Beaudin, Alexandre Sylvestre, Keven Geddes, et la basse américaine Matthew Scollin, la mise en scène étant confiée à Oriol Thomas.

Créée en 1995 par le violoniste et chef d’orchestre Ryan Brown, Opera Lafayette s’est donnée la mission de faire revivre l’opéra français de l’époque baroque et le fait avec grand soin, en s’appuyant sur des recherches musicologiques sérieuses. En 2016-2017, la compagnie avait présenté Leonore ou l’Amour conjugal de Pierre Gaveaux (1798) avec sensiblement la même distribution. Un DVD de cette production est maintenant disponible et permet de comparer cet opéra avec celui de Beethoven, basé sur le même livret. Cette année, pour célébrer sa 25e saison, Opera Lafayette présente en février et mars 2020, Leonore de Beethoven, dans sa version originale de 1805.

Je vous invite à écouter l’entretien que Ryan Brown m’a accordé avec Nathalie Paulin, la Léonore de cette saison.

L'opéra Leonore
L'opéra Leonore

premier jet du Fidelio de Beethoven

Audio

S’il y a trois « Ouvertures Léonore » c’est qu’il y a eu trois versions de l’opéra. La première avait été créée à Vienne en 1805 devant un public largement composé de soldats français qui occupaient la ville depuis quelques jours, un public pas forcément réceptif. La source de l’opéra était pourtant française, puisque le livret de Joseph Sonnleithner s’était inspiré de la pièce de Jean-Nicolas Bouilly, Leonore ou l’amour conjugal. En plus, les idéaux révolutionnaires de Liberté, Égalité, Fraternité, si chers au coeur de Beethoven soutenaient toute l’action. Devant ce premier échec et malgré ses fortes réticences à toute forme de révision, le compositeur a entièrement refondu le texte en 1806 avec l’aide de son ami Stephan von Breuning. Il réalise une révision encore plus importante en 1814 avec la collaboration de Georg Friedrich Treitschke. De trois actes en 1806, l’opéra passe à deux, plusieurs morceaux musicaux sont supprimés, de la nouvelle musique est insérée et le résultat final est la version de 1814, celle qui est donnée de nos jours sous le titre de Fidelio.

Si Fidelio est une oeuvre plus cohérente dramatiquement, Leonore est, de l’avis de Ryan Brown, un drame plus humain et plus chaleureux. L'oeuvre est encore inscrite dans la tradition du Singspiel romantique allemand, sur les traces de Mozart, Weber et Mendelssohn. Les accompagnements sont élégants et subtils, l'orchestre prend parfois part à l’action et les mélodies sont très séduisantes, comme par exemple le célèbre canon du premier acte. Si Florestan n’a pas la « vision de Leonore » , sa grande scène du 2e acte est beaucoup plus lyrique et le héros finit par s’endormir. De la charmante exposition qui peint une scène familiale toute simple à l’air de Leonore accompagné par un cor en passant par un duo extatique, on est dans un univers extrêmement romantique. Mais, toujours selon Ryan Brown, c’est le finale du 3e acte, un concertato sublime qui milite en faveur de la première version; un finale séduisant qu’il préfère à la bruyante et hyper-nationaliste apothéose de 1814.

Vous pouvez consulter tous nos billets sur la page de Sylvia L'Écuyer