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Notes de voyage : Istanbul (première partie)

Par
Stéphan Bureau

Nous partons aujourd’hui pour l’une des villes les plus populeuses de la planète, une ville-monde qui s’étend sur deux continents. Sa géographie exceptionnelle en fait un creuset de civilisations naturel depuis plus de 2500 ans. Son destin grandiose se décline en trois noms qui enflamment l’imagination : Byzance, Constantinople et, aujourd’hui, Istanbul, en Turquie.

Écoutez Notes de voyage sur Istanbul (première partie)
Écoutez Notes de voyage sur Istanbul (première partie)

Diffusion : 23 février 2020

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Istanbul est une ville que j’ai découverte pour la première fois en 1989 et qui est certainement à l’origine de ma passion pour le voyage.

Cette destination n’apparaissait pas sur l’écran radar des voyageurs. Le film d’Alan Parker Midnight Express, par l’image terrorisante qu’il donne du pays, était certainement pour beaucoup responsable de cette désaffection.

J’adore prendre le pouls de cette ville, qui se métamorphose sans renoncer à son identité millénaire. L’effet Midnight Express s’est parfaitement dissipé depuis ma première visite. Istanbul a même été pendant une vingtaine d’années la destination coqueluche des voyageurs du monde.

Cette recette gagnante a été mise à mal depuis quelque temps par les tensions politiques et l’opposition croissante au régime assez autoritaire du président Erdogan.

Instabul

Une ville en bonne santé

Le premier coup d’œil en arrivant à Istanbul ne peut pas laisser penser que les choses vont mal. Le tout nouvel aéroport, flambant neuf, se veut au contraire le signal très ostentatoire de la bonne santé du pays. S’il paraît peut-être un peu vide, c’est qu’il est grand. Très, très grand.

Premier constat en débarquant dans le quartier de Beyoglu : la vie grouillante d’Istanbul est toujours au rendez-vous. Aucun signe apparent de ralentissement économique, aucun indice non plus d’un durcissement religieux. Les jeunes femmes que je croise ne sont pas voilées. Le foulard n’est pas absent de la rue, mais dans l’ensemble, ça ressemblait beaucoup à la ville que j’ai visitée à plusieurs reprises.

La rue Istiklal dans le quartier Beyoglu

Ces observations, j’en conviens, très anecdotiques, découlent aussi beaucoup du fait que je me suis installé du côté européen de la ville. En me promenant davantage, spécialement sur la rive asiatique d’Istanbul, j’ai remarqué la présence beaucoup plus grande de femmes voilées et senti une légère différence d’esprit.

L’esplanade des Mosquées

Le quartier de l’esplanade des Mosquées, où se trouve l’imposante basilique Sainte-Sophie (Ayasofya), est le cœur de l’activité touristique d’Istanbul. Plusieurs des plus importantes attractions se trouvent à distance de marche de ce coin. L’offre d’hôtel et des restaurants est abondante.

L’UNESCO a classé quatre zones historiques qui témoignent de la grande valeur universelle de ce patrimoine. Le génie des architectes ottomans et byzantins a façonné au fil des siècles une ligne d’horizon unique, qui est la conjugaison parfaite entre l’Asie et l’Europe. Les maisons de bois, magnifiques et nombreuses dans le quartier de la Süleymaniye, sont parmi les éléments les plus fragiles de cet écosystème urbain unique.

Vue sur le quartier de la Süleymaniye.

Les curieux d’histoire et de culture tout comme les fidèles viennent au parc de Sultanahmet pour visiter les mosquées qui la flanquent.

La mosquée Bleue est une des plus importantes du pays. Ces six minarets au moment de son inauguration, en 1617, avaient choqué la sensibilité des autorités religieuses de La Mecque, dont la mosquée en comptait six aussi. Il en a fallu un septième ajouté à La Mecque pour régler la question.

La Mosquée bleue d'Istanbul

Le gigantesque dôme de Sainte-Sophie, juste en face de la mosquée Bleue, est comme un gigantesque coquillage. On dirait que son dôme a retenu au fil du temps l’écho de tous ceux qui sont venus prier ou comploter dans l’ombre de ses colonnes de marbre géantes.

L’église construite par Justinien et inaugurée en 537 est encore, pour l’essentiel, le bâtiment que nous pouvons visiter aujourd’hui. La cathédrale transformée en mosquée après la conquête de Constantinople en 1453 par les Turcs garde de ce changement de vocation une identité biscornue que je n’ai jamais trouvée ailleurs.

Les splendides mosaïques chrétiennes qui se trouvent à l’étage sont comme des graffitis entêtés qui refusent de se laisser effacer par l’histoire.

Une mosaïque de la basilique Sainte-Sophie

Atatürk est en grande partie responsable du sauvetage de ces chefs-d’œuvre, longtemps disparus sous la chaux des conquérants. En 1934, le père de la Turquie moderne désaffecte finalement la mosquée pour la transformer en musée, un cadeau « offert à l’humanité ».

Je recommande vivement de « déballer ce cadeau » tôt le matin, avant que la queue des visiteurs n’ajoute de 30 à 45 minutes d’attente à l’opération.

Au nombre des visites que je n’escamoterais pas, je mets au sommet de ma liste le Musée archéologique d’Istanbul. Il se trouve à cinq minutes de la basilique Sainte-Sophie. C’est une véritable caverne d’Ali Baba, pleine de trésors fabuleux.

J’étais particulièrement curieux de voir toutes les vitrines consacrées à la mythique ville de Troie que l’archéologue allemand Heinrich Schliemann a retrouvée au 19e siècle.

Les collections de sarcophages et les artéfacts grecs et romains sont aussi exceptionnels. La pièce maîtresse des collections est le sarcophage d’Alexandre, un monument funéraire retrouvé à Sidon, au Liban.

Le Musée archéologique d’Istanbul

Deux oasis de calme pour sortir de l’agitation de la ville

– Le petit café sous les arbres à la fin du parcours du musée d’archéologie

– Le parc de Gühlane. L’entrée est à 50 mètres du musée d’archéologie. Le grand espace vert est sécuritaire et dispose de plein de bancs parfaitement plantés pour observer au loin la rive asiatique de la ville. Il est facile de s’acheter un thé ou la version turque du bagel, un simit, auprès de vendeurs ambulants qui sont déployés aux endroits stratégiques du parc.

La terrasse du café du musée de l'archéologie

Le Grand Bazar

Dans le registre des figures imposées, il est impensable de passer du temps à Istanbul sans planifier un arrêt au grand bazar. Même James Bond est passé par là, le temps d’une poursuite, dans Skyfall.

Environ 20 000 personnes y travaillent, et de 300 000 à 500 000 personnes viennent faire leur magasinage tous les jours dans les 3600 magasins installés le long de 64 rues intérieures. Si le commerce était une religion, le Grand Bazar en serait la cathédrale… ou la Grande Mosquée, une religion où le premier commandement serait toujours : tu négocieras!

On va au Grand Bazar également pour ses restaurants. Nusret, vedette mondiale de la gastronomie turque, a ouvert récemment une succursale de ses fameuses grilladeries au Grand Bazar.

Si vous ne connaissez pas Salt Bea, surnom du chef fondateur de ce petit empire, allez voir sur le web quelques-unes de ses vidéos. Il sale la viande comme un danseur de flamenco termine sa routine, avec panache. Les clients viennent donc un peu pour le spectacle qui accompagne le service. Au-delà du gadget dans la présentation, c’est une des meilleures viandes que j’ai mangées depuis très longtemps.

Le célèbre Grand bazar d'Istanbul

Notes de voyage
Dimanche 10 h sur ICI Musique

Pour connaître le titre d'une œuvre entendue à l'émission, consultez la page Musiques diffusées du site d’ICI Musique.

Incontournables classique

La crème de la crème du classique. La 5e symphonie de Beethoven? On l'a! La petite musique de nuit de Mozart? On l'a aussi! Le Clair de Lune de Debussy, la Concerto Aranjuez de Rodrigo, la Truite de Schubert, la Toccate et fugue de Bach, les plus beaux airs de Puccini et Verdi, la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak, l'Adagio de Barber et pleins d'autres mélodies indispensables? Nous les avons toutes! Cette liste d'écoute n'est pas Incontournable pour rien!

Les frères Capuçon, Luc Beauséjour, George Szell et l'Orchestre de Cleveland, Placido Domingo, Gustavo Dudamel, Charles Dutoit, James Galway, Alain Lefèvre, etc.

Cette liste d'écoute aléatoire et gratuite a été préparée avec soin par notre équipe.