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5 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur le premier album de Beau Dommage

Par
Mathieu Valiquette

L’un des disques les plus importants de l’histoire du Québec célèbre son 45e anniversaire le 9 décembre. L’album homonyme de Beau Dommage, le premier que le groupe a lancé, en 1974, a des allures de compilation lorsqu’on jette un coup d’œil sur les titres qui le composent. Dix chansons sur onze sont considérées comme des succès ou des classiques. Un exploit dont très peu d’albums peuvent se vanter. Voici cinq faits plus ou moins connus sur cet album culte.

Des chansons destinées à Donald Lautrec

Après la dissolution de la troupe théâtrale La Quenouille Bleue, dont ils étaient issus, et avant les débuts de Beau Dommage, Michel Rivard, Pierre Huet et Robert Léger ont proposé à Donald Lautrec quelques-unes des chansons qui allaient se retrouver sur le premier album du groupe. Ce dernier venait de faire paraître l’album Fluffy, dont le style cadrait avec ce que les jeunes musiciens avaient en tête pour leurs compositions. Bien que Donald Lautrec trouvait les chansons intéressantes, son gérant a refusé de les endisquer. C’est à ce moment que Rivard, Huet et Léger ont décidé de fonder leur propre groupe.

Donald Lautrec anime chaque vendredi une émission spectacle-expérimental.

Sceptiques envers le Phoque en Alaska

La complainte du phoque en Alaska est très certainement la pièce la plus marquante ou la plus populaire tirée de Beau Dommage. Pourtant, lorsque Michel Rivard l’a présentée aux autres membres, certains la trouvaient un peu trop fleur bleue. « S’il avait fallu miser sur quelle chanson allait nous faire connaître, ç’aurait été la dernière sur la liste », racontait Robert Léger à l’émission Tout le monde en parlait en 2014.

Beau Dommage en 1975 à Radio-Canada

Un coup de main inespéré venant de Toronto

Vers le début de 1974, une maquette avec des titres du premier album avait été envoyée à presque toutes les compagnies de disque québécoises. Aucune ne voulait les signer. Personne n’y voyait un potentiel commercial. C’est finalement Pierre Dubord, directeur artistique de la filiale canadienne des Disques Capitol, qui a provoqué les choses en envoyant les démos à ses patrons à Toronto, qui ont beaucoup aimé le son de Beau Dommage. Pour un groupe qui est intrinsèquement lié à Montréal, il y a quelque chose d’ironique que leur première chance soit venue de la Ville Reine.

La momie du géant Beaupré

Avec son sujet glauque et sa musique inquiétante, Le géant Beaupré se distingue des autres chansons de l’album, qui sont plus légères et naïves. Pour l’écrire, le parolier Pierre Huet s’est inspiré de ce colosse canadien-français de 8 pieds 3 qui a réellement existé. Défiguré après un accident de cheval, objet de moquerie en tant que phénomène de cirque, solitaire et alcoolique, Édouard Beaupré a connu une courte existence de 22 ans plutôt triste.

Son drame s’est poursuivi après sa mort, alors que son cadavre empaillé a été exhibé dans une vitrine d’un magasin aux États-Unis, puis au musée Éden, à Montréal, et finalement – après avoir été soumis à un procédé de momification – à l’Université de Montréal (UdM) derrière une vitre pour les visites guidées jusqu’au milieu des années 70. Le père de Pierre Huet, gardien de nuit à l’UdM, avait parmi ses fonctions, de jeter un coup d’œil à la dépouille du géant. Un classique est né de cette sordide histoire.

Le monde est fou, c'est ce qu'on en dit
Mon chum pis moé, mon chum pis moé
On n'est pas fous, moé pis mon chum
Le squelette du géant Beaupré

C'est un bon gars
Le squelette du géant Beaupré
Lui y change pas
Debout un peu penché comme un grand gars gêné
Y faiblit pas

Moi j'ai vieilli
Mon uniforme est devenu trop grand
Ou moi trop petit
Quand j'ai fini de faire ma ronde
Chus ben content
D'être avec lui

Extrait des paroles de la pièce Le Géant Beaupré
Un record de vente

À sa sortie, Beau Dommage a eu l’effet d’une bombe. Il a été le premier album à s’écouler à plus de 200 000 exemplaires au Québec. Aujourd’hui, le disque est certifié quatre fois platine (400 000 albums vendus). Avant sa sortie, les membres du groupe espéraient en vendre environ 10 000, autant que le nombre de personnes sur la rue Saint-Paul avec le blues de la métropole.

Le meilleur des années 70

La chanson ose et s'affirme pendant cette décennie pleine d'espoir et de confiance. Après une période où l'on adaptait les succès anglophones, voilà une ère foisonnante de compositions originales aux mélodies d'envergure. Voici les plus grands succès de ces années marquantes. Romantisme, identité, audace : tout y est!

Renée Claude, Offenbach, Pauline Julien, Jacques Brel, Diane Dufresne, Jean-Pierre Ferland, Octobre, Harmonium, Claude Dubois, Fiori & Séguin, Françoise Hardy, Beau Dommage, etc.

Cette liste d'écoute aléatoire et gratuite a été préparée avec soin par notre équipe.