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Notre cerveau reconnaît la musique qu’on aime pas mal plus vite qu’on le pense

Par
François Lemay

Une étude récente, menée à l'Université College London, démontre que notre cerveau est capable de reconnaître une chanson rapidement. Très rapidement. Tellement que c’en est presque épeurant!

Pensez-y un peu. Vous êtes dans votre voiture et vous passez d’une chaîne de radio à une autre, en espérant tomber sur une chanson que vous aimez. Et là, tout à coup, vous entendez un timbre ou un bout de mélodie reconnaissable, et vous décidez de rester. Combien de temps a mis notre cerveau avant de comprendre qu’il avait affaire à une chanson ou une pièce musicale qui lui était familière? Quelques secondes? Quelques mesures?

Pas du tout.

Entre 100 et 300 millisecondes, un petit clin d’œil de rien du tout!

Remarquez que cela ne veut pas dire que vous êtes capables de dire le titre, ou de nommer l’interprète de la pièce. Vous l’aurez peut-être sur le bout de la langue pendant quelques secondes. Mais vous savez que vous connaissez cette chanson, et il y a de bonnes chances que vous l’appréciez.

La méthode derrière cette découverte

Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques de l’Université College London ont recruté 22 personnes. Je sais, ce n’est pas beaucoup, et d’ailleurs, cette étude devra probablement être recommencée à plus grande échelle, si l’on veut que ses conclusions mènent à d’autres études. Mais, pour l’instant, c’est avec 22 personnes, divisées en deux groupes (un groupe composé de 10 personnes, qui a servi pour l’expérience en tant que telle, et un autre composé de 12 personnes, qui a servi pour le test de contrôle).

On a fait écouter au groupe de 10 personnes des extraits de chansons qui leur étaient familières, des extraits qui pouvaient ressembler à des chansons qui leur étaient familières et des pièces qu’elles n’avaient jamais entendues. Au groupe de contrôle, on a fait entendre aux 12 sujets uniquement des extraits qu’ils ne connaissaient pas.

Pour mesurer le temps de réaction, on a observé la dilatation de la pupille, en plus de mesurer comment le cerveau réagissait. Et, surprise, il fallait entre 100 et 300 millisecondes avant que la pupille se dilate et que les parties du cerveau liées à la mémoire s’activent. C’est beaucoup plus rapide que ce à quoi l’on s’attendait, surtout en ce qui concerne la réaction de la pupille, et cela démontre que le tronc cérébral serait impliqué dans le processus.

Le tronc cérébral?

Le tronc cérébral est responsable de plusieurs fonctions, dont la régulation de la respiration et du rythme cardiaque, la localisation des sons, etc. C'est également un centre de passage des voies motrices et sensitives, ainsi qu'un centre de contrôle de la douleur. Au cours du sommeil paradoxal, le tronc cérébral paralyse le corps, ce qui empêche le sujet de se lever pour vivre ses rêves. 

De plus, cette étude fait suite à une autre, menée plus tôt cette année, dans laquelle on s’est intéressé au phénomène de l’oreille absolue.

L’oreille absolue

L’oreille absolue est une habileté rare qui a pour caractéristique de permettre à ceux et celles qui l'ont de reconnaître n’importe quelle note entendue, sans référence autre. La vidéo suivante le démontre assez clairement.

Or, ce qui a été découvert, dans cette recherche, c’est que les individus ayant l’oreille absolue ont un cortex auditif (partie du cerveau qui analyse les informations auditives, c'est-à-dire les informations extraites des sons par l'ouïe et qui occupent la partie supérieure du lobe temporal) beaucoup plus gros et plus développé.

Comme cette partie du cerveau est plus grosse, elle dispose de plus de matière grise, donc de plus de neurones pour effectuer cette tâche. Ce qui est intéressant aussi, c’est que les scientifiques hésitent toujours à affirmer que c’est une capacité innée chez les personnes qui la possèdent. Naît-on avec l’oreille absolue, donc avec un cortex auditif plus développé, ou ce dernier se développe-t-il en étant stimulé très jeune? Cela reste toujours à démontrer hors de tout doute, mais certains spécialistes croient que c’est une habileté qui est présente chez tout le monde à la naissance et qui est perdue avec le temps. Ça reste à voir.

À quoi ça sert de comprendre tout ça?

Comme pour plusieurs études menées sur le cerveau, on ne le sait que quelques années après! Mais, étant donné que plusieurs conditions liées à la démence et à la mémoire, la maladie d’Alzheimer par exemple, demeurent toujours relativement incomprises, mieux comprendre comment le cerveau traite la musique nous permet de mieux comprendre le cerveau tout court. Tout cela pourrait déboucher, éventuellement, sur des traitements qui permettraient d’alléger les symptômes de personnes souffrant de troubles cognitifs, par exemple.

Ce qui est déjà beaucoup.