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Ne me quitte pas a 60 ans : écoutez 5 versions d’une chanson immortelle

Par
François Marchesseault

Ne me quitte pas, l’une des pièces les plus connues et reprises de la chanson française, composée par Jacques Brel et le pianiste Gérard Jouannest en août 1958, a été enregistrée par Jacques Brel le 11 septembre 1959. Brel la chante pour la première fois sur scène au théâtre Bobino, à Paris, le 5 novembre de la même année. Pour célébrer les 60 ans de cette immortelle du répertoire de la chanson française, écoutons 5 de ses reprises.

Barbara
Barbara est l’une des premières à avoir repris Ne me quitte pas. Sa version, au débit beaucoup plus rapide que celle de Brel, paraît en 1961 sur l’album Barbara chante Jacques Brel. Barbara en change les paroles à plusieurs endroits et modifie l’ordre de certains couplets. Par exemple, alors que Brel chante « Oublier ces heures / Qui tuaient parfois à coups de pourquoi / Le cœur du bonheur », Barbara chante plutôt « Oublier ces heures / Qui tuaient parfois le temps du bonheur / À coups de pourquoi ». À la fin de la pièce, Barbara remplace la phrase « L’ombre de ton chien » pour « Je ne dirai plus rien ».


Barbara Streisand
Barbara Streisand est loin d’être la première interprète anglophone à avoir chanté If You Go Away, la traduction de Rod McKuen de Ne me quitte pas. The Seekers (1967), Frank Sinatra (1969), Neil Diamond (1971), Ray Charles (1974), Cyndi Lauper (2003) et une dizaine d’autres l’ont fait avant qu’elle la sorte sur son album Love Is the Answer, en 2009. Là où Streisand se démarque, c’est qu’elle est l’une des seules, avec Dusty Springfield en 1967, à en faire une version où elle mélange à la fois le texte anglais et celui en français.

Fait intéressant à noter, ce texte traduit par McKuen est assez loin de celui de Brel. Déjà, la traduction littérale de ce titre anglophone devrait être Si tu pars. Alors que Brel est dans la supplication, à l’impératif, McKuen, lui, est davantage au conditionnel. Pour vous donner une idée de la différence entre les paroles des deux versions, voici les premiers mots écrits et chantés par Brel : « Ne me quitte pas / Il faut oublier / Tout peut s'oublier / Qui s'enfuit déjà ». Alors que chez Rod McKuen, ça devient : « If you go away on this summer day / Then you might as well take the sun away / All the birds that flew in a summer sky ». Jamais Brel ne fait mention de jours d’été et d’oiseaux...


Juliette Gréco
C’est sur scène à Tokyo, en 1988, que Juliette Gréco interprète Ne me quitte pas pour la première fois, lors d’un hommage à Brel. Peu attirée par le côté larmoyant de la pièce composée par Gérard Jouannest, avec qui elle a été mariée de 1988 à 2018, année de la mort du compositeur, Gréco en offre l’une des versions les plus dramatiques et violentes. Un enregistrement studio de son interprétation paraît sur disque en 2013 sur l’album Gréco chante Brel.


Momus
En 1986, l’artiste écossais Momus (Nicholas Currie) a fait paraître sa propre traduction anglaise du texte de Brel sur son album Circus Maximus. Cette version très peu connue, mais magnifique, dont le titre est Don’t leave, se rapproche davantage des paroles déchirantes et suppliantes de Brel. « Don't go away / If you can't forgive / Believe, just to live / You must forget / Forget the times / You misunderstand ».


Nina Simone
C’est en 1965, sur l’album I Put a Spell on You, que Nina Simone présente sa version de la chanson. Amoureuse de la France et de Brel, elle offre, malgré un français imprécis, l’une des plus belles interprétations. La chanteuse est l’une des seules à avoir chanté le texte intégral, sans en apporter la moindre modification.


Ne me quitte pas est-elle une grande chanson de rupture amoureuse? Brel affirmera plutôt : « Cette chanson, c’est l’histoire d’un con et d’un raté, ça n’a rien à voir avec une femme! » Il existe plusieurs histoires et théories autour de l’écriture de ce texte mythique. La plus persistante veut que Brel ait écrit la chanson pour sa maîtresse, l’actrice et chanteuse Suzanne Gabriello, avec qui il a entretenu une liaison entre 1955 et 1958 alors qu’il était marié à Thérèse Michielsen.

Un homme ne devrait pas chanter des trucs comme ça!

Édith Piaf

Cette célèbre phrase, Édith Piaf l’a dite à la suite d’un spectacle de Brel. Cette déclaration était bien de son temps. À cette époque, un homme n’affichait pas de cette manière, en chanson, sa vulnérabilité, son désespoir et son chagrin. (Note : Édith Piaf, morte en 1963, n’a jamais chanté Ne me quitte pas. Plusieurs versions auxquelles on a accolé son nom circulent sur Internet, mais on y entend plutôt la voix de Mireille Mathieu ou encore celle de la chanteuse brésilienne Maysa Matarazzo.)

Brel aurait-il composé la pièce pour qu’elle soit interprétée par une femme avant de se l’approprier? Chose certaine, la chanteuse Simone Langlois l’a fait paraître avant lui, sur un 45 tours de 4 titres en janvier 1959.

La chanson la plus légendaire de Jacques Brel, traduite dans plus d’une vingtaine de langues, n’a pas fini d’émouvoir, de faire parler d’elle et, probablement, d’être reprise. Il serait bête de fêter les 60 ans d’un aussi grand classique sans écouter la version de son créateur et principal interprète :

Grande chanson française

Ces chansons et interprètes ont fait l'histoire et marqué profondément le public des deux côtés de l'Atlantique. On ne s'en lasse pas, de ces émotions brutes, mélodies grandioses et rimes savoureuses de sons et de sens. Faites un voyage dans le temps, au cœur de ce remarquable répertoire.

Léo Ferré, Juliette Gréco, Édith Piaf, Jacques Brel, Georges Brassens, Barbara, Serge Reggiani, Georges Moustaki, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, etc.

Cette liste d'écoute aléatoire et gratuite a été préparée avec soin par notre équipe.