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Entrevue opéra : Peter Sellars est reconnu pour ses mises en scène uniques et iconoclastes

Par
Sylvia L'Écuyer

Peter Sellars est reconnu pour ses mises en scène uniques, et pour certains iconoclastes, de théâtre et d’opéra classique et contemporain.

Peter Sellars
Peter Sellars

met en scène l'opéra Idonemeo

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Déjà à l’Université Harvard, quand il poursuivait des études de littérature et de musique, il avait présenté des mises en scènes des Trois Sœurs de Tchékov et de la Tétralogie de Wagner en se servant de marionnettes. Sa mise en scène d’Anthony and Cleopatra de Shakespeare avec des marionnettes dans la piscine de l’Université a immédiatement attiré l’attention.

En 1984, à 26 ans, Sellars est nommé directeur du American Musical Theater de Washington malgré le fait que certaines de ses productions aient fait scandale. Mais ce n’était qu’un début : en 1989, il met en scène la trilogie Da Ponte/Mozart en situant Cosi fan tutte dans un diner à Cape Cod, Les Noces de Figaro dans un luxueux appartement de la Trump Tower à New York et Don Giovanni à Harlem où le personnage principal consomme de la cocaïne dans le plus simple appareil. Le magazine new yorkais Opera News l’accuse de vandalisme artistique.

Il est pourtant invité aux prestigieux festivals de Salzbourg et de Glyndebourne. On lui confie des opéras contemporains comme Saint-François d’Assise de Messiaen, Mathis der Maler d’Hindemith, Le Grand Macabre de Ligeti et les créations de Nixon in China, The Death of Klinghofer de John Adams, et de L’Amour de loin de Kaija Saariaho. Chez nous, on a pu voir ses productions de Tristan und Isolde et de Hercules de Handel à la Canadian Opera Company et un Midsummer Night’s Dream décoiffant au festival de Stratford.

À partir des années 1990, les mises en scène de Peter Sellars ont été de plus en plus émaillées d’allusions aux évènements de la scène publique et politique. Sa mise en scène des Perses à Édimbourg en 1993 par exemple était une réponse à la guerre du Golfe. Avec la production de Zaïde de Mozart en 2006 à New York, il proposait une réflexion sur l’esclavage, tel qu’il se pratique encore aujourd’hui. Comme on peut s’y attendre, certaines de ses relectures continuent de lui attirer des critiques sévères et on lui reproche de ne pas respecter les intentions du compositeur. Il semble pourtant que la mise en scène d’Idomeneo à Salzbourg en juillet dernier, dont le thème était la menace que représentent les changements climatiques et l’urgence d’agir avant qu’il ne soit trop tard, ait reçu l’approbation de la majorité des critiques et du public.

Pour nous parler de cette production et de son approche des opéras de Mozart en général, j’ai contacté Peter Sellars à l’université de Californie à Los Angeles où il enseigne deux séminaires : Art as Social Action et Art as Moral Action.

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