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Des musiciens québécois déclarent leur amour pour Abbey Road, des Beatles

Par
Mathieu Valiquette

Il y a 50 ans, le groupe le plus important de la musique pop de tous les temps publiait son chant du cygne : Abbey Road. Considéré par plusieurs comme l’un des meilleurs albums du quatuor, voire de l’histoire du rock, le disque présente un contenu aussi mythique que sa célèbre pochette. Nous avons contacté quelques musiciens québécois pour qu’ils nous parlent de leur attachement à cette œuvre géante. Attention : passion débordante droit devant!

Est-ce que vous vous souvenez de la première fois où vous avez entendu Abbey Road, des Beatles? Avez-vous des souvenirs de jeunesse liés à cet album?

Vincent Vallières : « J’ai reçu Abbey Road à ma fête de 13 ans. C’était l’époque où l’on délaissait la cassette pour s’acheter des CD, au début des années 90. Abbey Road a été mon deuxième CD à vie. Je m’en souviens très bien, car j’avais demandé le greatest hits rouge [The Beatles 1962-1966] et j’ai été bien déçu de recevoir cet album à la place, car je n’y connaissais aucune chanson! En plus, je trouvais les Beatles vraiment laids sur la pochette! »

Marc Déry : « La première fois que j’ai entendu Abbey Road, c’était chez un ami. Son frère avait des disques; nous, on était ti-culs. On connaissait les Beatles du disque rouge, la compilation avec She Loves You, Can’t Buy me Love et tout. J’avoue que j’ai vraiment fait un saut quand j’ai entendu Abbey Road. On dirait que c’était un autre groupe complètement. Je me rappelle l’avoir entendu sur une enceinte stéréo de luxe que mon ami avait dans le salon. La qualité du son m’avait renversé. Je pense que ça m’a fait grandir, ça m’a amené à un autre niveau. »

Jason Bajada : « Je ne me souviens pas de la première fois que j’ai entendu Abbey Road. Par contre, j’ai des souvenirs très précis. Je me souviens d'avoir dansé sur Oh! Darling avec une fille de qui j’étais follement amoureux au maintenant défunt Korova à Montréal. Je revenais de faire un show. C’était l’after-party. Paul hurlait dans les haut-parleurs et la sueur des jeunes hipsters dégouttait du plafond. La chanson ne m’avait jamais autant traversé. »

Mara Tremblay : « Je suis née le 21 juillet 1969, soit environ 2 mois avant la sortie de l'album. Je ne me souviens plus très bien de la première fois où je l'ai entendu; il a toujours un peu fait partie de ma vie, comme tous les albums des Beatles d'ailleurs.  »

Daniel Boucher : « Noël 87 : je viens d'avoir 16 ans. Mon père m'arrive avec trois cassettes : Cloud Nine, de George Harrison, le White album, des Beatles, et... Abbey Road. Honnêtement, c'est l'album sur lequel je m'attendais le moins à tripper. La pochette plus sérieuse annonçait un album plus sérieux, à des milles de ce que je connaissais des quatre boys habillés pareil qui riaient tout le temps. Je ne savais pas, à ce moment-là, que c'était l'album que j'écouterais le plus dans toute ma vie.

Le soir, je me couchais souvent avec un album sur les oreilles. J'aimais ça. Ce soir-là, j'ai viré ma cassette de bord et je suis tombé sur la face B d'Abbey Road. Premièrement, Because, avec ses harmonies hallucinantes, sa mélancolie, ses textures instrumentales. Ensuite, le fameux medley embarque.

But Ooooh, that magic feeling...

Les harmonies, encore! Ben là! C'est quoi, c'te montée-là? WHHAAAAAAA!

One sweet dream
Came true
Today

Et ça continue! Comme une seule grosse toune! Sun King, Mean Mr. Mustard, avec ses glissades de guitares tellement simples, tellement évidentes, tellement fluides, tellement belles. Comme la vie. C'est ça! Cet album-là, c'est une célébration de la vie.

She came in through the bathroom window...
Didn't anyboooody teeelll her...

J’étais bouleversé. Profondément bouleversé.

Le rappel du thème de You Never Give Me Your Money, avec son magnifique solo de guitare (selon moi une des plus belles lignes de guitare jamais enregistrées), m'a achevé.

Pourtant, je n'avais pas encore entendu la dernière phrase :

And in the end
The love you take
Is equal to the love
You make

Trois cassettes. En 1987, ça devait coûter une vingtaine de piasses.

Le meilleur 20 piasses jamais investi par mon père. Le fait que mon père se soit tué en avion deux mois plus tard ajoute bien sûr à l'émotivité de l'affaire. Mais aucun album ne m'a jamais fait autant vibrer. »

Quelles sont, selon vous, les forces d’Abbey Road? Son impact?

Pierre Flynn : « C’est un disque qui reste innovateur, même aujourd’hui, par son audace, sa réalisation, sa facture sonore unique. Aussi l’exploit du medley de la face B, fait d’ébauches et de trois chansons non terminées. Ça ne devrait pas marcher et pourtant ça marche. »

Vincent Vallières : « La contribution de Georges Harrison avec Something et Here Comes the Sun est majeure. La fougue et l’esprit intransigeant de Lennon dans Come Together et I Want You donnent des couilles au projet. L'orfèvrerie de McCartney sur la face B avec son medley épique et mélodique marque les esprits. Le solo de batterie de Ringo à la fin de l’album est une référence que tous les batteurs connaissent par cœur. Abbey Road est le dernier disque que le groupe a fait ensemble. Malgré la chicane et tous les problèmes financiers et organisationnels qui ont mené à la séparation inévitable, c’est difficile d’imaginer une meilleure fin avec comme dernières paroles : And in the end / the love you take / is equal to the love you make. »

Antoine Gratton : « La grande force d'Abbey Road, selon moi, est l'arrangement. On connaît la qualité de l'écriture des chansons, c'est indéniable, mais les lignes de basse, les arrangements de cordes de George Martin, l'utilisation du synthétiseur dans Here Comes the Sun et Maxwell's Silver Hammer, et le déploiement des harmonies de John, Paul et George dans Because et Sun King, pour moi ça vient élever cet album au-dessus des autres : comme s'il bénéficiait de toute la maturité que ces jeunes hommes avaient acquise dans leur brève, mais intense carrière de Beatles. C'est le dernier, et ça paraît. »

Dumas : « Au niveau tant du son que des structures musicales, il représente pour moi la fin des années 60 et le début des années 70. Je pense particulièrement à la séquence "Golden Slumbers - Carry That Weight - The End".  »

Quelle est votre pièce préférée sur l’album?

Mara Tremblay : «  Something. Enfant, quand j'ai commencé à comprendre l'anglais, cette chanson m'a touchée profondément. Elle m'a fait croire et comprendre que tu peux être vraiment unique pour quelqu'un, au-delà de l'extérieur, à travers ton énergie et tout ton être... »

Pierre Flynn : « Il y a de tout dans ce disque, y compris des chansons plus légères qui ne m’ont jamais touché. Je l’ai écouté hier attentivement, la première fois depuis longtemps, et j’ai été impressionné. I Want You pour la folie, You Never Give Me Your Money pour la mélancolie, Because pour la splendeur. »

Vincent Vallières : « Something, de George Harrison, pour son bridge merveilleux "You're asking me will my love grow / I don’t know". C’est une des plus belles chansons des Beatles et carrément de tous les temps. Ça me touche d’entendre mes enfants la chanter à tue-tête dans l’auto entre une pièce de FouKi et une de Billie Eilish. »

Dumas : « Because. Pour moi, c’est le dernier éclair de génie des Beatles, leur harmonie de voix, un retour au psychédélisme et leur message d’amour, la note finale parfaite à leur œuvre. La chanson qui défie l’espace et le temps, le voyage ultime. »

Le meilleur des années 60

Les succès les plus importants des chansonniers et poètes de cette décennie foisonnante. Le puissant vent du yéyé a presque tout balayé sur son passage, mais les chansons sélectionnées ici ont résisté à cette mode passagère et ont intensément marqué le paysage musical. On a d'ailleurs gardé une profonde affection pour ces artistes qui composaient un répertoire original.

Gilles Vigneault, Claude Gauthier, Pauline Julien, Robert Charlebois, Isabelle Pierre, Danielle Odera, Jacques Michelle, Monique Leyrac, etc.

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