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Bruce Springsteen : un vétéran toujours pertinent

Par
Ariane Cipriani

Sa musique fait partie de la trame sonore de l’Amérique des années 70-80. Sa voix éraillée est celle d’un routard. Son allure robuste, en jeans et les pieds bien campés au sol, c’est celle d’un homme épris de liberté.

Le parcours du vagabond préféré de l’Amérique s’est tracé au fil des décennies le confirme comme un artiste intègre, idéaliste, perfectionniste et persistant. Résultat : plus de 130 millions d’albums vendus sur la planète et des admirateurs qui attendent toujours impatiemment le prochain disque. 

Au départ, sur la rive du New Jersey...

Sur la case départ, trois inspirations : les Beatles, Elvis et Bob Dylan. Lors de son hommage à Bob Dylan au Rock and Roll Hall Of Fame en 1988, Springsteen dit : « De la même façon qu'Elvis a libéré les corps, Bob a libéré les esprits. » On pourrait aussi ajouter le New Jersey comme influence, autant pour l’ennui que le chanteur a ressenti dans sa ville natale que pour la scène musicale qui lui a permis de commencer et concrétiser son premier album, Greetings from Asbury Park, en 1973.

Puis est arrivé le puissant Born to Run, en 1975, considéré comme un de ses meilleurs disques. Du rock tout ce qu’il y a de plus américain, mais des chansons qui ont amené une nouvelle avenue pour le rock. Il y avait de l’avenir! Springteen était alors déjà considéré comme une icône.

Born in the U.S.A. : une dénonciation incomprise

C’est la chanson qui nous vient en tête en premier. Une musique rassembleuse et qui fait l’effet de quatre doubles espressos. On croirait entendre la fierté patriotique, scandée sur un rythme conquérant. Plusieurs s'y sont fait prendre (y compris des politiciens), car le texte contredit la musique. Springsteen y dénonce le sort des vétérans de la guerre du Vietnam, laissés pour compte à leur retour au pays. 

Quand le boss transporte tout ça en spectacle, il épate. Une bête de scène, virile, charismatique et intense, capable de garder la même ferveur pendant quatre heures d’affilée, sans tempérance. Voilà la formule Springsteen : des musiques qui nous emportent, même dans ses tempos tranquilles, sur lesquels l’artiste pose des textes engagés, peaufinés et poétiques. 

Un surnom malgré lui

Son surnom, The Boss, ne vient aucunement de son importance musicale. Springsteen a toujours eu le tempérament directif avec ses musiciens, qui l'ont surnommé ainsi. Et ce surnom qu’il n’apprécie pas lui colle à la peau. 

Les musiques éclectiques d’un éternel rêveur

Il serait trop long de passer à travers tous ses albums. Ce qui ressort, c’est que Bruce Springsteen réussit le pari difficile de ne pas devenir un artiste passé de mode, après 40 ans de carrière. Réalisée en solo ou avec son groupe, sa discographie étonne par son éclectisme, passant de l’instrumentation acoustique et dépouillée de l’album Nebraska au sombre et plaintif The Ghost of Tom Joad puis à l’amplitude de The Rising, inspiré par les attentats du 11 Septembre. 

Le côté militant, lui, demeure constant chez le boss, qui convie toujours ses fans à garder leurs antennes allumées et, surtout, à ne jamais détourner le regard. Le musicien refuse le mensonge, condamne les inégalités économiques et les dérives du gouvernement américain, et persiste, malgré tout, à croire à un idéal. Un vrai rêveur.

Et un démocrate assumé, qui chante pour Obama lors de son investiture, accompagné d’une chorale gospel. Le titre du disque qui suivra n’est pas anodin : Working on a Dream

Dans l’hommage que l'ancien animateur du Daily Show, Jon Stewart, lui a rendu en 2009, ce dernier dit : « Je n’ai pas compris sa musique avant longtemps… jusqu’à ce que je réalise qu’elle racontait des vies qui pouvaient être changées. [...] Quand vous écoutez Bruce Springsteen, vous n’êtes pas un perdant, vous êtes un personnage dans un poème épique. » 

Il y a quelques mois, Bruce Springsteen a fait paraître son 19e album, accompagné d’un documentaire, Western Stars, salué par la critique au dernier TIFF, coréalisé par son complice de longue date Thom Zimny. Un concert filmé, entrecoupé d’archives et narré par le chanteur. Si vous n’étiez pas déjà fan, vous sera conquis. 

La guitare dans l'tapis

Du rock authentique, où la guitare électrique prend toute la place et affiche ses multiples possibilités narratives, que ce soit dans des solos lyriques ou des duos atomiques. À éviter si vous avez des douleurs au cou.

Band de garage, Gros Mené, Les Trois Accords, Robert Charlebois, Mononc' Serge, Mordicus, Ponctuation, Steve Hill, Téléphone, etc.

Cette liste d'écoute aléatoire et gratuite a été préparée avec soin par notre équipe.