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Le musicien de jazz Vic Vogel n’est plus : prestations mémorables d'un grand passionné

Le prolifique compositeur, arrangeur et pianiste Vic Vogel, qui a fortement contribué au développement de la musique big band à Montréal et au rayonnement du jazz en général, est mort à 84 ans, le 16 septembre 2019.

Doué d’une oreille exceptionnelle, ce grand artiste montréalais a commencé à gagner sa vie comme musicien à 14 ans, à la radio. Pendant plus de 60 ans, il a composé ou arrangé quelque 2000 pièces pour petits et grands ensembles. Il a dirigé des orchestres jazz et symphoniques et a joué du piano, du trombone et du vibraphone dans des milliers de concerts sur scène, à la radio et à la télévision.

Écoutez la dernière entrevue qu’il a accordé à Stanley Péan, à même son domicile, en 2015.

Stanley Péan s'entretient avec Vic Vogel
Stanley Péan s'entretient avec Vic Vogel

entrevue

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Fondateur du légendaire Le Jazz Big Band qu’il a dirigé pendant plusieurs décennies, il a été le mentor de nombreux musiciens montréalais. En plus de composer des oeuvres originales pour son ensemble et ses solistes, il a fait de brillants arrangements de grands classiques du jazz, comme on peut l’entendre dans cette version de Tanga, de Dizzy Gillepsie.

Le trompettiste Ron Di Lauro s’est joint à cet ensemble en 1979. Il considérait Vic Vogel comme son père. « C’était l’idole de tous les jeunes de notre génération. C’était un rêve que de jouer, un jour, dans son big band », a-t-il expliqué dans Vic Vogel, histoires de jazz, une biographie écrite par Marie Desjardins et publiée en 2013. M. Di Lauro s’est fait entendre régulièrement pendant de nombreuses années comme soliste avec Le Jazz Big Band, notamment au Festival international de jazz de Montréal (FIJM).

Vic Vogel a joué avec d’innombrables musiciens exceptionnels comme Chucho Valdés, Eartha Kitt, Oliver Jones, Oscar Peterson, Dizzy Gillespie, Paul Anka, Sammy Davis Jr., Ella Fitzgerald, Michel Legrand, Édith Piaf, Alys Robi, Les Jérolas, Céline Dion et bien d’autres. Son nom figure sur une soixantaine d’albums, notamment à titre de soliste, d’arrangeur ou de directeur musical.

Né le 3 août 1935 dans le quartier du Plateau-Mont-Royal à Montréal, Viktor Istvan Vogel, fils d’un violoniste tzigane virtuose, s’est passionné pour le piano dès l’âge de 5 ans. Autodidacte, il a appris à jouer à l’oreille tout ce qu’il entendait.

Dans les années 1950, il s’est fait un nom en jouant presque tous les soirs dans des cabarets avec de grands musiciens d’ici ou d’ailleurs. C’est à cette époque qu’il a commencé à travailler comme chef d’orchestre, musicien et arrangeur pour différentes émissions de télévision. On a pu le voir notamment à Music Hall, Les couche-tard et Vedettes en direct, ou l'entendre à la radio à Jazz en liberté, Jazz Canadiana, Jazz sur le vif et Jazz Beat. En 1968, à la demande du maire Jean Drapeau, il a écrit une musique grandiose pour l’ouverture de Terres des hommes, la grande exposition qui a suivi Expo 67. En 1976, lors des Jeux olympiques, il a fait résonner le stade avec ses arrangements majestueux de la musique de son défunt ami, le pianiste André Mathieu.

À la fin des années 1970, Gerry Boulet du groupe Offenbach a rencontré Vic Vogel pour lui dire qu’il souhaitait vivement chanter Georgia on my Mind avec Le Jazz Big Band. Ce fut le début d’une inspirante collaboration. Les deux groupes ont créé ensemble un spectacle qui a remporté un succès monstre partout au Québec. En 1979, un disque du spectacle intitulé Offenbach en fusion a été enregistré devant public au Théâtre St-Denis. En 1980, ce disque a remporté le Félix du disque rock de l’année.

En 1980, Le Jazz Big Band a joué à l’occasion du tout premier Festival international de jazz de Montréal de l’histoire. Vic Vogel y est retourné chaque année pendant 35 ans.

Ses admirateurs ont eu la chance de l’entendre dans bien d’autres festivals d’été, comme au Festi Jazz Mont-Tremblant.

Bien qu’il ait été en quelque sorte le roi du big band, Vic Vogel a aussi aimé jouer en solo ou dans de très petits ensembles. Il aimait faire de la musique chez lui, avec un ou deux amis.

En 2007, le réalisateur Rénald Bellemare a sorti un documentaire sur lui intitulé L’homme de cuivre.

En 2015, Vic Vogel n’a malheureusement pas pu jouer à son propre concert hommage parce qu’il était malade. Cet événement a tout de même eu lieu, et de grands musiciens comme Oliver Jones et Lorraine Desmarais se sont succédé au piano pour lui témoigner leur affection.

Vic Vogel a remporté le prix Oscar-Perterson du FIJM en 1992 ainsi que le prix Miles-Davis hors série en 2015. En 2010, il a reçu un doctorat honoris causa de l’Université Concordia pour sa contribution remarquable au rayonnement du jazz d’ici et sa détermination à transmettre sa passion et son savoir musical. Cette passion ne l’a jamais quitté, comme on peut le constater dans un enregistrement réalisé chez lui avec deux grands vétérans, le batteur Guy Nadon et le contrebassiste Michel Donato.

Jazz d'ici

Le jazz canadien et québécois n'a rien à envier à celui du reste du monde. À la fois ancré dans la tradition et tourné vers la modernité, il est unique, accessible et foisonnant d'idées. Le découvrir sera le début d'une belle histoire d'amour entre vous et lui.

Michel Donato, Oscar Peterson, Oliver Jones, Lorraine Desmarais, François Bourassa, Vic Vogel, Seamus Blake, Maynard Ferguson, Marianne Trudel, Julie Lamontagne, Samuel Blais, Parc-X Trio, Hichem Khalfa, Jerome Beaulieu, Bernard Primeau, Ian MacDougall, Jill Barber, etc.

Cette liste d'écoute aléatoire et gratuite a été préparée avec soin par notre équipe.