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Funeral, d’Arcade Fire, est-il l’album le plus influent des 20 dernières années?

Par
Mathieu Valiquette

Le 14 septembre 2004, le groupe montréalais Arcade Fire publiait son premier album, Funeral, dont les secousses allaient rapidement dépasser les frontières du Québec. Son rock orchestral avec la mort comme thème dominant allait rallier des milliers d’adeptes à travers le monde. Quinze ans plus tard, avec le recul nécessaire, la question peut se poser : est-ce que Funeral a été l’un des tournants dans l’histoire récente de la musique?

Rares sont les artistes qui, dès leur premier album, ont eu un aussi grand effet artistiquement et commercialement parlant. À ce chapitre, Funeral se retrouve dans pratiquement toutes les listes des meilleurs premiers albums rock de tous les temps, parmi ceux de Pearl Jam, des Clash, des Beatles et de Guns N’ Roses. L’album se positionne également toujours très haut dans les listes des meilleurs albums de la première décennie des années 2000.

Dès la sortie de Funeral, le réputé site web musical Pitchfork y allait d’une envolée dithyrambique en affirmant « Ça nous a peut-être pris beaucoup trop de temps avant d’arriver à concevoir un album qui soit enfin en mesure de redonner complètement son sens premier à un terme connoté comme "émotionnel" », en y accolant la note quasi parfaite de 9,7 sur 10. Le secret bien gardé du Mile-End ne l’était déjà plus.

On connaît la suite, de très gros noms de la musique allaient louanger le groupe (David Bowie et Bono), et Win Butler et sa bande allaient se trouver une place enviable dans l’industrie de la musique, soit celle du groupe indie à la fois très respecté et capable de remplir des arénas. Même si pour certains, le groupe n’a jamais égalé en qualité son premier opus, il est, encore aujourd’hui, quatre albums plus tard, apte à générer de l’enthousiasme, et son bassin d’adeptes à travers le monde est encore bien garni.

Une esthétique qui a fait école

Est-ce que vous vous souvenez de la première fois où vous avez entendu Wake Up, la septième pièce sur Funeral? Avec ses cinq minutes d’émotion brute, son refrain entonné à l’unisson et son crescendo qui mène à une finale à saveur Motown endiablée, c’est certainement la pièce de résistance de l’album.

En voici une version avec David Bowie lors du Fashion Rocks à New York en 2005.

Lors du dixième anniversaire de l’album, en 2014, le journaliste Stuart Berman, de Pitchfork, parlait de l’héritage du « Whoa-Oh » laissé par le groupe avec Funeral. Il faisait bien sûr référence au célèbre refrain de Wake Up, mais aussi aux « Hoo-oo » de celui de Neighborhood #3 (Power Out) et de Rebellion Lies, et même aux « Hey » de No Cars Go, même si celle-ci se retrouve sur l’album suivant.

Selon lui, cette marque de commerce esthétique qu’Arcade Fire a installée sur Funeral a teinté la scène musicale rock moderne des années qui ont suivi. Il nommait comme exemples les Lumineers et leur succès Ho Hey, sorti en 2012, et la pièce The Miracle (of Joey Ramone), que U2 venait de faire paraître au moment de la publication de l’article.

En appui à sa théorie, on ne pourrait passer sous silence l’influence du son Arcade Fire sur le méga succès Fix You, de Coldplay, sorti quelques mois après Funeral. L’orgue, le crescendo et le côté « épique » de la chanson ne semblent pas étrangers au style du groupe montréalais. Et lorsqu’on sait que Chris Martin a déclaré cette année-là qu’Arcade Fire est l’un des deux meilleurs groupes au monde, le lien se fait encore plus aisément.

Plus près de nous, on pourrait penser au refrain d’On leur a fait croire, d’Alex Nevsky, avec son fameux gimmick « Pa-pa-pa-pa-pa-pa », qui est non sans rappeler la dynamique de Wake Up en plus pop. Sinon, du côté de Malajube, les représentants francophones du « son montréalais » des années 2000, on dénote une influence funeralesque sur la finale explosive de Monogamie, entre autres.

Arcade Fire n’a peut-être pas réinventé le rock en 2004, il n’a pas poussé l’exploration sonore comme Radiohead l’avait fait avec Kid A trois ans plus tôt, par exemple. Toutefois, les sept musiciens ont créé un style reconnaissable, une signature forte, dont on s’est souvent inspiré ou que l’on a parfois plagié (comme dans de nombreuses publicités). Quinze ans plus tard, on peut mesurer l’influence que ce premier album a eue dans l’industrie musicale, et même dans la culture populaire.

Regardez la version restaurée du clip de la chanson Rebellion (Lies) que le groupe a mis en ligne à l'ocassion du 15e anniversaire de Funeral.

Franco indé

Cette liste de lecture met à l'honneur les artistes plus à gauche du spectre musical, qu'ils soient de tendance pop ou plus rock. Laissez-vous séduire par le meilleur de la musique alternative francophone d'ici des dernières années.

Philémon Cimon, Jimmy Hunt, Klô Pelgag, Galaxie, Mon Doux Saigneur, Fanny Bloom, Hubert Lenoir, Avec Pas D'Casque, Safia Nolin, Malajube, etc.

Cette liste d'écoute aléatoire et gratuite a été préparée avec soin par notre équipe.