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Notes de voyage : Tucson, le paradis des cyclistes et des marcheurs

Par
Stéphan Bureau

Nous partons cette semaine nous balader dans le désert du Sonora, au milieu de la plus haute concentration de ces majestueux saguaros, cactus emblématiques du Far West dessiné par Morris dans Lucky Luke.
Nous sommes à Tucson, à quelques kilomètres à peine de la frontière du Mexique, dans une magnifique vallée entourée de cinq chaînes de montagnes, un paradis pour les cyclistes et les marcheurs.

Écoutez Notes de voyage sur Tucson
Écoutez Notes de voyage sur Tucson

Diffusion : 15 septembre 2019

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Je précise tout de suite à ceux qui seraient tentés de chercher des images pour voir de quoi a l’air la ville qu’elle ne paye pas de mine.

En fait, Tucson n’est même pas particulièrement jolie. C’est une ville qui a d’abord et avant tout une âme, un esprit. C’est hip, cool, branché... mais sans effort, sans même en être conscient.

L’Université de l’Arizona et ces 50 000 étudiants sont le garant d’une mixité très tonique pour la communauté. La relative pauvreté de la ville et cette présence estudiantine font aussi en sorte que Tucson n’a rien de clinquant.

Jouer dans le parc Sabino

Tucson est une très surprenante ville de culture, mais c’est d’abord pour jouer dehors qu’on y vient.

Je commence généralement mes journées dans le parc Sabino, de plus en plus fréquenté par des groupes de cyclistes québécois le matin. La route du canyon, bien pentue, leur est ouverte jusqu’à 9 h. Sinon, tout le reste du parc d’État est réservé aux grimpeurs, aux marcheurs et aux coureurs.

Il y a des dizaines de kilomètres de piste aménagée. J’alterne beaucoup entre Blackett’s Ridge pour un cardio bien senti et Phoneline, une piste à flanc de montagne de 15 kilomètres, idéale pour la contemplation.

Phoneline, Tucson.

Seven Falls est probablement la plus belle de toutes les pistes, surtout s’il y a eu un peu de précipitations dans les semaines précédentes. Les chutes et bassins qui vous attendent alors à destination sont un pur ravissement.

La ville du vélo

Je ne suis pas un très grand cycliste, mais je peux vous assurer que Tucson est probablement une des villes les plus ouvertes au vélo en Amérique. C’est très probablement lié à la popularité de la ville auprès des athlètes qui viennent souvent s’y entraîner l’hiver.

L’ascension du mont Lemmon, dont le sommet est à 2800 mètres, est apparemment un passage obligé pour les cyclistes sérieux... et peut-être un peu compétitifs. C’est la version nord-américaine du célèbre mont Ventoux, pour ceux qui s’intéressent au Tour de France!

Stephan Bureau au sommet du Mont Lemmon en Arizona

À l’ouest de la ville, Gates Pass est la route qu’il faut absolument parcourir à vélo. Le paysage, spécialement au coucher de soleil, est hallucinant.

Chaque année, en novembre, la ville ferme 160 kilomètres de rues pour El Tour de Tucson. Des milliers de cyclistes participent à l’événement, qui est très bien organisé.

Des suggestions de randonnée

L’ascension vers Finger Rock, dans les montagnes de Santa Catalina, est une aventure d’une journée qui est particulièrement satisfaisante.

Je n’hésiterais pas à aller vers le parc d’État Catalina, un peu plus au nord, spécialement pour parcourir le sentier qui mène aux chutes Romero.

Le parc d'État Catalina

Pas besoin de vous éloigner beaucoup du centre si vous voulez faire travailler vos mollets et avoir de beaux points de vue. La colline de Tumamoc, qui s’amorce derrière l’hôpital St. Mary’s, offre une courte et très satisfaisante ascension de 2,5 km.

Une communauté amérindienne était installée au sommet de Tumamoc il y a plus de 2500 ans, preuve que la vue y est appréciée depuis longtemps déjà! C’est l’endroit parfait pour assister au lever du soleil.

La vie culturelle de Tucson

Tucson n’est pas très populeuse, mais sa taille n’est pourtant pas un obstacle à sa vie culturelle.

On pourrait penser qu’une petite communauté perdue dans le désert est aussi culturellement aride que le paysage ambiant, mais loin de là.

Le dynamique orchestre symphonique a été l’une de mes premières surprises à mon arrivée. Fondé il y a maintenant 90 ans, l’orchestre ne comptait au départ que des musiciens bénévoles.

Ce n’est plus le cas! La formation professionnelle n’est peut-être pas au nombre des plus grands orchestres du monde, mais offre des concerts de grande qualité dans la salle du Tucson Symphony Center. Alain Lefebvre a même enregistré avec eux le Concerto no 4, d’André Mathieu.

L’opéra dans le sud de l’Arizona est en garde partagée entre Phoenix et Tucson, une manière d’amortir les coûts de production des spectacles et de rassembler un maximum de spectateurs pour l’art lyrique. Quatre ou cinq productions y sont montées chaque année. Santa Fee, au Nouveau-Mexique, accueille d’ailleurs un des plus beaux festivals d’opéra. La scène extérieure, plantée dans le désert, est une vraie merveille.

La Californie, Venise, New York... Pour trouver toutes les Notes de voyage, consultez la page de l'émission.

Le Fox Theater

L’histoire du Fox Theater, installé rue Congress, au centre-ville de Tucson, depuis le 11 avril 1930, est intimement liée à celle de la ville.

Le Fox consolide l’identité de Tucson et permet pendant des décennies d’attirer toutes les grandes pointures de la chanson et de l’industrie du spectacle. C’est le joyau de la ville, une grande maison.

Le Fox Theater

Le vent tourne brutalement à la fin des années 60, comme un peu partout au pays, avec l’abandon du centre-ville au profit de la banlieue. Le Fox ferme en 1974 et hante le centre de la ville pendant plus de 25 ans.

C’est la combinaison d’un esprit communautaire dynamique et de la vision d’un infatigable visionnaire qui fait renaître la salle de spectacle en 2006. Cette réhabilitation participe directement à relancer la vie au cœur de la ville.

J’adore l’ambiance de la salle de spectacle et vous suggère de jeter un coup d’œil à leur brillante programmation si vous venez passer un peu de temps à Tucson.

Il faut combiner le spectacle avec un apéro sur la terrasse de l’hôtel Congress, juste en face. Celui-ci n’a pas changé d’un iota depuis son ouverture. Le petit bar dans le hall d’entrée est encore mieux que tous les décors de cinéma.

Un campus qui fait rêvasser

Le vaste et beau campus de l’Université de l’Arizona devrait, au minimum, être le prétexte d’une longue balade en ville.

Je me prends toujours à rêver de refaire ma vie pour avoir le plaisir d’étudier dans un environnement pareil. Plusieurs musées intéressants sont installés sur le campus. Le Center for Creative Photography est celui que je préfère. Il possède une des plus riches collections de photographie aux États-Unis. L’entrée au musée est gratuite.

Le campus de l'université de Tucson.

L’exceptionnel Time Market

Je prends plaisir à traverser trois ou quatre fois par semaine le campus pour aller prendre mon café du matin au Time Market, qui est l’un de mes endroits préférés au monde.

J’ai l’impression que c’est une synthèse de tout ce qui me fait du bien dans la vie. C’est un concept assez unique à Tucson; une épicerie fine, un café, une pizzeria, un bar et une boulangerie.

C’est aussi, et de loin, le meilleur caviste de la ville. La sélection de vins y est assez exceptionnelle. C’est bon à retenir si vous décidez de louer une maison et de cuisiner un peu!

Bref, ma balade matinale au Time Market est une source inépuisable de bonheur!

D'ailleurs, Je serai au Time Market tous les samedis matin du mois de novembre prochain, entre 9 h et 10 h.
Si vous êtes dans les parages, passez me voir!

Le Time Market à Tucson aux États-Unis

Où manger

Sans être une capitale gastronomique, Tucson est très surprenante par la diversité de son offre en matière de restauration.

Janos Wilder est un des pionniers audacieux de la nouvelle cuisine du sud-ouest et a participé à reconstruire le visage défiguré du petit centre-ville. Je n’hésiterais pas une seconde à passer une soirée au Downtown Kitchen, son restaurant.

Les 5 à 7, comme à peu près partout en ville, sont une manière sympa de réduire les coûts d’une sortie. La plupart des tables offrent à petit prix une sélection issue de leur menu en début de soirée.

Charro et Charro del Rey, sur Broadway, sont deux autres adresses que je recommande vivement aux amateurs de viande ou de poisson. La famille propriétaire de ces restaurants est installée à Tucson depuis des décennies.

Leur premier restaurant, le Charro Café, est toujours plein à craquer et offre l’une des meilleures aubaines en ville pour de la cuisine mexicaine sans prétention.

La devanture du El Charro Cafe à Tucson

Notes de voyage
Dimanche à 10 h sur ICI Musique