Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

Audio : entrevue LGBTQ+ avec Dominique Côté sur la musique classique en pleine évolution

Par
Nathan LeLièvre

Dominique Côté, baryton, est arrivé plus tardivement que la moyenne au chant classique. Lorsqu’il a entamé sa carrière, à la mi-vingtaine, il a vécu le moment en tant qu’homme gai affirmé. Sa sortie du placard officielle, il l’avait faite précédemment, dans un autre chapitre de sa vie, alors qu’il était tout jeune comédien. Il l’avait vécue de façon plutôt intime, auprès de ses proches, mais hésitait à en parler dans son milieu professionnel. Cela n’a pas été le cas en musique classique : pour son plus grand bonheur, il a découvert un milieu nettement moins rétrograde que tous les stéréotypes qui circulent peuvent laisser croire.

Attention : n'hésitez pas à monter le son. L'entrevue a été captée sur le terrain et non dans nos studios!

Entrevue LGBTQ+ avec le baryton Dominique Côté
Entrevue LGBTQ+ avec le baryton Dominique Côté

Entretien accordé à l'occasion du mois de la Fierté

Audio

Il reconnaît que les préjugés persistent peut-être au sein d’une infinitésimale fraction du public qui consomme de la musique classique, mais au boulot, « je ne sens pas du tout cette vieille tradition où il faut être sérieux. [...] Les gens les plus déjantés et fous que je connais sont musiciens [classiques] », raconte-t-il. Il décrit ses collègues comme étant talentueux, virtuoses, intelligents, disciplinés, mais surtout ouverts sur le monde.

Il aborde aussi la nature du répertoire classique, constitué d’œuvres on ne peut plus hétéronormatives. Dominique Côté admet que c’est effectivement difficile pour la population LGBTQ+ de s’y reconnaître : le tout vient d’une autre époque où on ne parlait même pas d’homosexualité.

En revanche, le baryton est optimiste : « [Les créateurs] qui arrivent, qui ont 25 ans, 30 ans, qui commencent à écrire, ont grandi dans un milieu très ouvert », constate-t-il. Il fait remarquer qu’au cours des quelques dernières années, le milieu lyrique a vu naître de grands opéras dont les personnages principaux sont des représentants de la communauté LGBTQ+. On n’a qu’à penser aux Feluettes de Michel Marc Bouchard et Kevin March (dans lequel Dominique Côté a incarné la comtesse de Tilly à Edmonton et à Vancouver), à Twenty-Seven de Gordon et Vavrek, à Hadrien de Rufus Wainwright ou encore à Brokeback Mountain de Wuorinen et Proulx.

En écoutant l’entrevue, vous découvrirez aussi pourquoi, à son avis, le milieu de l’opéra est un des derniers milieux artistiques à faire l’effort de la représentativité. On apprend également par la bande quelle figure emblématique de la pop lui a servi d’inspiration et de canal d’expression alors qu’il n’était qu’un jeunot qui apprivoisait son identité.

En somme, Dominique Côté dresse un portrait encourageant d’un milieu où les interprètes LGBTQ+ peuvent œuvrer sans problèmes.

En musique, je ne me suis jamais caché, je ne me suis jamais inventé un personnage. Ça s’est fait hyper naturellement. [...] Je n’ai jamais senti que ça pouvait me nuire. Peut-être que j’ai été chanceux, mais j’ai vécu ça de façon très simple.

Dominique Côté, baryton