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Raconter la réalité des artistes LGBTQ+ : écoutez nos entrevues

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Nathan LeLièvre

Semblables, mais différents. Différents, mais égaux. Les célébrations de la Fierté sont actuellement en cours à Montréal. La Fierté, peu importe le moment ou la ville, célèbre ce que vous voulez : la normalité, la différence, les deux, l’entre-deux, l’humanité entière, quoi. À travers tout ça, on souligne aussi le progrès qui permet de libérer et de rapprocher les gens; elle est aussi – je dirais même surtout – là, cette fierté.

La musique a le pouvoir de rassembler les gens. C’est pourquoi ICI Musique vous propose une série d’entretiens avec des artistes de divers milieux, aux parcours différents, mais qui ont tous une particularité commune, soit celle de faire partie de la communauté LGBTQ+. Sans ambages, ces artistes nous livrent leurs expériences de musiciens LGBTQ+ et tous les défis, les calculs, les conséquences ou encore les bienfaits qui découlent de leur affirmation de soi.

Une démarche ouvertement subjective et personnelle

Cette démarche est nécessairement teintée de mon vécu. En tant que membre de la communauté LGBTQ+, j’ai beau me sentir bien « normal » (faute d’un meilleur terme), je vis au quotidien de petits moments qui me rappellent ma « différence » (s’il en est vraiment une). De façon générale dans la vie, on présume d’emblée que tout être humain est hétérosexuel cisgenre jusqu’à preuve du contraire. La musique fait écho à cette réalité.

Pour les trente quelques premières années de ma vie, il m’était pratiquement impossible de trouver des chansons d’amour qui parlaient de relations de même sexe.

Même un hymne gai comme It’s Raining Men est chanté par une femme. (Merci quand même à l’allié, le regretté Charles Aznavour, pour Comme ils disent, franchement d’avant-garde à l’époque.) Il reste qu’encore aujourd’hui, c’est presque un geste d’éclat pour un Pierre Lapointe de raconter son Prince charmant. C’est à tout le moins une prise de position politique. Il a aussi fallu longtemps à un artiste pop comme Sam Smith pour définir un genre aux pronoms dans ses textes, le faisant enfin avec Him.

J’ai donc voulu mettre en lumière le fait que les artistes LGBTQ+ de la scène musicale ont une réalité bien particulière et que leur vie publique vient avec son lot de questionnements. De plus, la diversité des interventions que nous présenterons témoigne bien du fait que les réalités varient selon l’époque et le milieu; la vie de musicienne traditionnelle quarantenaire lesbienne en milieu rural n’est pas la même que pour un artiste queer électro-pop dans la vingtaine qui réside dans une grande métropole.

Même si tous ne se reconnaissent pas dans les mouvements de défense LGBTQ+, il demeure pertinent pour défendre les intérêts – et parfois des choses aussi rudimentaires que la sécurité et le bien-être – des personnes marginalisées, discriminées, harcelées, battues ou encore tuées, en raison de leur identité de genre et leur orientation sexuelle. Ces artistes s’en font les porte-voix, parfois au péril de leur carrière, et ils le font avec affirmation, fierté et – même s’ils ne le reconnaissent pas toujours – courage. Nous les remercions de leur générosité, de leur candeur et de leurs efforts.