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Give Peace a Chance a 50 ans : cinq choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur cette chanson

Par
François Lemay

Printemps 1969. John Lennon, toujours officiellement membre des Beatles, épouse Yoko Ono à Gibraltar. N’ayant pas envie d’une lune de miel conventionnelle, le couple décide d’utiliser l’engouement médiatique généré par leurs épousailles pour protester contre la guerre au Vietnam et faire la promotion de la paix dans le monde.

Pour ce faire, le célèbre couple organise deux bed-ins. Le premier se tient à Amsterdam entre le 25 et le 31 mars, et le deuxième doit avoir lieu à New York quelque part à la mi-mai. D’où vient l’idée d’un bed-in? Inspiré par les sit-ins, une manifestation pacifique dans laquelle les participants s’assoient en grand nombre dans un endroit public jusqu’à ce qu’ils soient évincés ou que leurs demandes soient entendues, le couple pense que ce genre d’événement au cours duquel les journalistes sont invités à les rencontrer constitue une façon humoristique de faire passer leur message.

Malheureusement, John et Yoko ne peuvent se rendre à New York comme prévu, car John est toujours interdit d’entrée aux États-Unis en raison d’une condamnation pour possession de cannabis. Ils jonglent avec l’idée de tenir le deuxième bed-in aux Bahamas, mais y renoncent en raison du temps trop chaud. Le couple se rabat sur Montréal et s’installe dans la suite 1742 de l’hôtel Le Reine Elizabeth le 26 mai pour une semaine. Dans une entrevue accordée le premier jour, Lennon affirme que tout ce que le couple demande, c’est de « donner une chance à la paix » (give peace a chance). Le 1er juin, inspiré par cette phrase, il décide d’enregistrer une chanson pour marquer ce passage à Montréal, et c’est André Perry, un producteur montréalais, qui a la mission d’immortaliser ce moment sur ruban.

Voici cinq choses que vous ne saviez peut-être pas sur le contexte entourant cette mythique chanson.

1-Robert Charlebois chante sur la pièce, même s’il n’a jamais mis les pieds dans la suite du couple.

De retour en studio après avoir fait la captation de la pièce sur une petite enregistreuse quatre pistes, André Perry doute de la qualité sonore de la chanson. Il demande donc à des amis, dont Robert Charlebois, de venir le rejoindre pour prêter leurs voix au chœur. La metteuse en scène Mouffe est aussi présente à cette séance. Charlebois, en entrevue, affirme être capable de reconnaître sa voix. L’entendez-vous?

2-Pour respecter leur fameuse entente en ce qui a trait aux droits d’auteur, la chanson a longtemps été signée Lennon-McCartney.

Dès le début des Beatles, John Lennon et Paul McCartney conviennent que peu importe les circonstances, toute chanson composée ou écrite par un des deux membres sera signée Lennon-McCartney. Pour Give Peace a Chance, Lennon racontera, plus tard, s’être senti obligé de le faire étant donné que, quelques semaines plus tôt, McCartney avait accepté de participer à l’enregistrement de la chanson The Ballad of John and Yoko, même si les deux autres membres des Beatles (George Harrison et Ringo Starr) n’étaient pas disponibles. Toujours selon Lennon, la chanson aurait dû être signée Lennon-Ono. Ceci a été corrigé en 1990 dans la reparution de l’album Live in New York City, sur lequel figure la chanson.

3-Selon le point de vue, c’est la première chanson lancée en solo par un des Beatles.

McCartney a lancé un album solo en 1967, mais il s’agit d’une bande originale composée pour le film The Family Way, une comédie dramatique. Idem pour George Harrison et son Wonderwall Music, écrit pour le film Wonderwall en 1968. Mais ce n’est pas clair pour Give Peace a Chance, qui a été lancé en single en juillet 1969 sous le nom de Plastic Ono Band, un groupe concept à géométrie variable créé par John Lennon et Yoko Ono. Une chose est certaine, c’est que le 45 tours a quand même obtenu pas mal de succès, atteignant la deuxième position au palmarès britannique et la quatorzième au palmarès Billboard américain.

4-Une jeune Montréalaise a reçu en cadeau le texte manuscrit de la chanson.

Gail Renard, une jeune Montréalaise de 16 ans, n’a pas raté sa chance de rencontrer son idole et a trouvé le moyen de s’immiscer dans la suite 1742. Remarquée par John et Yoko, elle a su développer une relation amicale avec le célèbre couple. John lui a même donné en cadeau les paroles manuscrites de la chanson en lui disant qu’un jour, cela vaudrait beaucoup d’argent. Et il n’avait pas tort, puisque le 10 juillet 2008, le texte a été mis aux enchères, rapportant du coup à Gail Renard la jolie somme de 834 000 $US.

5-Les meilleures photos du bed-in ont été oubliées pendant plus de 30 ans.

Envoyé sur place par le magazine Life, le photographe new-yorkais Gerry Deiter a passé l’entièreté du séjour du célèbre couple à ses côtés. Il était le seul photoreporter officiel présent pour couvrir le bed-in. La publication de ses clichés a malheureusement été annulée en raison du décès du leader vietnamien Hô Chi Minh. Déçu par la tournure des événements et ne trouvant pas preneur pour ses photos, Gerry Deiter les a tout simplement rangées, et il les a retrouvées après les attentats du 11 septembre 2001. Elles sont présentées à l’hôtel Le Reine Elizabeth à l’occasion des cérémonies entourant le cinquantenaire du bed-in.