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Notes de voyage : Singapour, une mégalopole fascinante

Par
Stéphan Bureau

Nous partons vers l’Asie, plus précisément à Singapour. J’aime à dire que cet État est la version plus astiquée, aseptisée même, de ce vaste et populeux continent.

Écoutez <em>Notes de voyage</em> sur Singapour
Écoutez Notes de voyage sur Singapour

Diffusion : 2 juin 2019

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Malgré un autoritarisme parfaitement assumé, Singapour est l’un des cinq meilleurs endroits au monde où vivre selon l’indice de développement humain.

Le territoire de cette puissance économique n’est guère plus grand que celui de la ville de New York. Sa population est inférieure à celle du Québec, et quatre langues officielles y sont parlées, l’anglais étant la principale.

Un esprit civique unique

L’histoire du Singapour moderne est assez récente et témoigne de la vitalité, de l’ambition et de l’ingéniosité de ce petit peuple – de moins de 6 millions d’habitants – très métissé, qui n’a pas vraiment d’équivalent dans le monde.

Une bonne majorité des Singapouriens est d’origine chinoise, et la ville compte d’importantes minorités indienne et malaisienne.

Toutes les grandes religions sont pratiquées dans ce qui ressemble à un laboratoire post-moderne de l’accommodement raisonnable. Cette cohabitation harmonieuse est pour beaucoup imposée par le régime très autoritaire, qui agit comme un corset et comprime tous les éventuels débordements de prosélytisme.

Cela explique également pourquoi cette mégapole grouillante de monde est aussi propre qu’un sou neuf. Il serait littéralement possible de pique-niquer au milieu de la chaussée tellement la ville est nickel.

On peut en déduire que les Singapouriens sont animés d’un esprit civique unique et remarquable ou qu’ils redoutent, légitimement, tout écart au code de conduite. La bastonnade a clairement un effet très dissuasif, davantage que les points de démérite, disons les choses comme ça.

Un très bon rapport qualité-prix

Singapour, pour la plupart des voyageurs qui vont en Asie, est souvent associée à son formidable aéroport international, Changi, ainsi qu’à la compagnie aérienne nationale, Singapour Airlines, qui est systématiquement considérée comme l’une des meilleures au monde.

Je partage cette appréciation. Dans le monde des compagnies aériennes, tout n’est pas parfaitement égal. Singapour Airlines fait partie de celles où je ne me suis jamais senti traité comme du bétail.

Jusqu’à une époque récente, la compagnie aérienne offrait des tarifs imbattables dans plusieurs des plus grands hôtels de Singapour pour encourager les voyageurs à y passer une ou deux nuits. C’est donc par le portefeuille et mon irrépressible quête de l’aubaine que j’ai découvert la cité-État il y a un peu plus de 20 ans.

Fascination, admiration et inconfort

Mes premiers contacts avec la ville, mes premières impressions, ont été un mélange de fascination, d’admiration et d’inconfort.

Fascination, pour l’organisation parfaitement exceptionnelle de la vie urbaine, surtout quand on arrive du chaos montréalais.

Admiration, pour la beauté, un peu plastique, mais quand même très impressionnante, de cette nouvelle riche insolente, qui sent bon et affiche avec une ostentation assumée sa réussite.

Enfin, un inconfort lié à la sensation d’être de passage dans un parc récréatif parfaitement artificiel qui donnerait un aperçu de la vie dans le monde de demain, un genre de voyage digne des Rescapés du futur (Futureworld), pour ceux qui ont vu ce vieux film de science-fiction mettant en vedette Peter Fonda. Singapour est donc une ville d’émotions contradictoires.

L’architecture singapourienne

L’architecture de Singapour et la manière d’y concevoir l’habitation sont de très bons éléments pour comprendre la cité-État.

D’un point de vue strictement architectural, le premier coup d’œil sur la ville est saisissant. Les tours élégantes du centre qui abritent les grands hôtels ou les géants de l’industrie financière sont le reflet parfait de l’opulence et de l’éclectisme qui viennent avec les milliards qui tourbillonnent. Tous les grands noms de l’architecture mondiale ont un édifice « signature » dans le paysage.

La volonté d’efficacité et la vision très centralisée à l’origine du développement urbain ont cependant laissé peu de place au riche patrimoine colonial ou aux quartiers historiques de la ville; Little India ou Chinatown ont gardé quelques vestiges de leur passé, mais l’essentiel a malheureusement été effacé.

Les bijoux de l’architecture coloniale ont aussi beaucoup été remplacés par des tours qui offrent un bien meilleur rendement au mètre carré!

Quelques très beaux exemples de ces édifices magnifiques ont quand même été protégés, particulièrement ceux de l’architecte irlandais George Coleman qui, au 19e siècle, a créé une variation tropicale de l’esthétique très classique de la villa palladienne.

Il faut aller marcher dans le district colonial pour admirer le Old Parliament House ou son église arménienne.

Une nature luxuriante

La description que je fais de la ville pourrait laisser croire que la densément peuplée et très verticalement construite Singapour est un enfer de béton. Or rien n’est plus faux.

La première impression que l’on a en sortant de l’aéroport est, au contraire, la luxuriance de la nature, probablement aidée par la chaleur tropicale qui plombe cette ville 12 mois par année. Singapour est à peu près à cheval sur l’équateur et on peut toujours bien le sentir.

Il faut s’abandonner sans résister à cette météo, qui est, pour la nature, un garant d’abondance. Les rues de la ville, même au centre, sont très arborées. Singapour dispose de magnifiques parcs et jardins, et se veut le paradis de l’orchidée.

La protection de l’environnement est d’ailleurs une valeur officielle et proclamée du régime… ce qui ne l’empêche pas de mettre du sable et de couler du béton pour étendre, un peu plus chaque année, le territoire de la ville aux dépens de la mer. Au diable alors la vertu environnementale!

Le majestueux hôtel Raffles était par exemple en front de mer il n’y a pas si longtemps, littéralement en face de la plage, alors qu’il est aujourd’hui parfaitement enclavé au centre de la ville. Seule l’adresse de l’hôtel fait encore écho à son balnéaire passé; 1, Beach Road.

Le mythique hôtel Raffles

Je pense que si vous avez été bercés par une certaine littérature anglaise d’un autre siècle, il vous sera difficile de ne pas faire un détour par le légendaire Raffles, un des grands palaces mythiques de l’hôtellerie.

J’ai déjà profité d’une courte escale de quelques heures à Changi pour sauter dans un taxi pour un petit déjeuner au Raffles, juste pour le bonheur de goûter à cette ambiance. Je vous assure que la suite du voyage vers l’Australie n’en été que meilleure après cette escale rapide.

À moins d’être assez fortuné, on ne couche pas au Raffles, mais il faut, je pense, une fois dans sa vie, s’arrêter au Long Bar pour déguster le cocktail qui fait la renommée de la ville et qui a été créé à cet hôtel : le Singapour Slin!

Je ne cache pas que c’est un peu une attrape; le verre coûte environ 35 dollars canadiens! C’est un peu fou, j’en conviens, mais c’est beaucoup moins cher qu’une nuit dans le palace et c’est une belle façon de se frotter à son glorieux passé.

Où loger

Je n’ai pas l’habitude de m’étendre sur les charmes de l’hôtellerie lors de mes voyages, d’autant que les choix sont beaucoup conditionnés par nos goûts et notre budget.

L’Asie est le continent de l’opulence pour ceux qui aiment fréquenter les grands palaces, et Singapour est un des meilleurs endroits pour qui veut goûter à ce genre d’excellence.

Le Raffles est évidemment la grande dame des lieux, mais je pense que l’élégance plus discrète de l’hôtel Four Seasons est un meilleur choix. À l’opposé, l’énorme bateau suspendu qu’a dessiné l’architecte montréalais Moshe Safdie est aujourd’hui devenu le symbole clinquant de la ville.

Le Marina Bay Sands est un de ces hôtels où il fait bon aller et qui s’invitent dans le paysage sans aucun complexe. La piscine époustouflante au sommet de la structure est probablement une des plus belles que j’ai vues… mais c’est cher payer pour le bonheur de la baignade.

Des centres commerciaux rafraîchissants

Un des grands plaisirs des touristes qui débarquent à Singapour est le magasinage! Je suis rarement dévoré par l’envie d’alourdir mon sac de voyage, mais je dois avouer que l’offre est alléchante dans cette ville.

Surtout, cette activité se pratique dans des conditions fort agréables. Les grands centres commerciaux le long de la chic Orchard Road sont autant d’oasis climatisées qui permettent de reprendre un peu de force quand la chaleur humide de l’après-midi est insupportable.

C’est aussi souvent dans les grands centres commerciaux que se trouvent les meilleures foires alimentaires, des aires de restauration dotées de petits comptoirs où l'on peut très bien manger à bon prix.

Où manger

Singapour, comme plusieurs autres grandes villes asiatiques, prend le bonheur de la panse très au sérieux. Manger y est presque une obsession, peut-être même un sport de compétition.

On le fait souvent en groupe, avec des amis ou de la famille, et surtout, on commande beaucoup, beaucoup de plats.

J’ai toujours la nette impression que mes amis asiatiques mangent leur dernier repas. James et Faith, deux amis de la famille, sont nos meilleurs guides quand nous débarquons chez eux, à Singapour.

Un repas en ville, invariablement, implique plusieurs arrêts… Comme dans plusieurs restaurants pour goûter à la spécialité de chaque maison. Nous avons, la dernière fois, amorcé notre course dans Geylang, le quartier de la prostitution, légale et encadrée à Singapour, où se trouvent aussi quelques redoutables restaurants populaires qui servent la meilleure cuisine de Singapour.

C’est bien connu, l’amour, même tarifé, ouvre toujours l’appétit! Bali Nasi Lemak, juste à côté du chic hôtel Fragrance, était notre premier arrêt pour un plat de riz dont je garde le souvenir en bouche, mais malheureusement pas le nom!

Question de simplifier l’arbitrage de toutes les pulsions, nous avons ensuite filé vers Lau Pa Sat, un marché de nuit qui regroupe les étals de dizaines de restaurants. Satays, poissons grillés, toutes les variations de riz et de nouilles ou délicieux caris ont tous leur spécialiste dans ce vaste espace à ciel ouvert, où l’on peut manger jusqu’à tard dans la nuit.

Les tables rondes qui accueillent les gourmands ne sont généralement pas assez grandes pour tous les plats qu’appellent leurs ambitions gargantuesques.

Des oasis de paix

J’en ai parlé plus tôt, Singapour peut aussi avoir des airs de paradis tropical. Le Jardin botanique est le joyau de la ville. Il occupe une surface qui est à peu près équivalente au cinquième du grand Central Park de New York et il est maintenant classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

On y vient surtout pour le vaste jardin d’orchidées qui, depuis 1928, fait voir aux visiteurs les plus beaux spécimens de cette délicate fleur. Pas moins de 1000 espèces différentes et près de 2000 hybrides sont cultivés avec amour et attention au Jardin botanique. En tout temps, on peut admirer près de 600 orchidées différentes. C’est l’endroit au monde où vous en verrez le plus grand nombre en même temps. Un spectacle vraiment éblouissant.

La colline de Fort Canning, en plein centre de la ville et accessible par la fameuse Orchard Road, est la version locale et réduite du mont Royal, si cher au cœur des Montréalais.

Le vaste parc accueille de grands concerts en plein air et un jardin de sculptures, en plus de servir de petit poumon vert à cette portion de la ville.

C’est un lieu très symbolique, puisque c’est ici que les Anglais se sont officiellement rendus aux Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Il y a dans le parc un petit musée qui retrace l’histoire du pays et, sur son flanc, à la sortie, on trouve le Musée national.

Le Fort Canning Hotel, à deux pas, est une des plus belles adresses de Singapour. Planté au milieu d’un jardin, on oublie la présence de la ville quand on s’y retire.

Enfin, et toujours dans l’esprit de verdure qui m’anime, je pense qu’il faut faire un petit jogging ou simplement aller marcher au MacRitchie Reservoir sur la Tree Top Walk, un parcours de quelques kilomètres qui se termine sur une passerelle suspendue à plus de 20 mètres et qui domine la canopée d’une jungle bien élevée! Une belle récompense pour une balade qui ne demande pas vraiment d’effort.

C’est surtout une belle façon de sortir de l’autre jungle, celle qui est plus urbaine.

Bali, l'Australie le Japon... Pour trouver toutes les destinations des Notes de voyage, consultez la page de l'émission.

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