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Dans l'atelier de Nikolaus Harnoncourt et du Concentus Musicus de Vienne

Par
Marc-André Doran

Cinq émissions! Pouvoir faire partager aux auditeurs d’ICI Musique classique mon affection pour le chef d’orchestre Nikolaus Harnoncourt (1929-2016) tient tout simplement du bonheur! Un prétexte pour écouter ensemble de la bonne et grande musique! (Dans l'atelier, du lundi au vendredi, de 11h à 13h et en rediffusion de 22h à 24h, sur ICI Musique classique)

Les enregistrements tardifs d’Harnoncourt, souvent consacrés aux compositeurs romantiques (de Verdi à Brahms, en passant par Bruckner), ont pu faire oublier qu’à ses débuts, Nikolaus Harnoncourt avait d’abord été un violoncelliste, un musicologue et un directeur musical particulièrement associé à l’interprétation de ce que l’on appelle la musique ancienne; du répertoire médiéval jusqu’aux œuvres de la période classique en passant par toute la période baroque. Ma série de cinq émissions explorera justement cette première partie, plus exploratoire, de la carrière d’Harnoncourt et la discographie qui s’y rattache*.
*En complément, chaque émission se terminera par un hommage à la grande pianiste Ania Dorfmann (1899-1985), interprète oubliée, Américaine d’origine ukrainienne, à laquelle Sony Classical vient de consacrer un coffret de tous les enregistrements pour la firme RCA (1945-1958).

Émission 1
Nikolaus Harnoncourt et le Concentus musicus de Vienne
Etienne du Tertre : Danceries
Eustache du Caurroy : Fantaisie no 32, sur « Une jeune fillette »
Johann Sommer : Pavane et gaillarde
Samuel Scheidt : Canzon super « O nachbar, Roland »
Giovanni Gabrieli : Canzona fa, sol, la, re et Canzon à 4
Gioseffo Guami : Canzon à 8
Tiburtio Massaiano : Canzon à 4
Joseph Haydn : Symphonie no 93 (1er mouvement) – Orchestre symphonique de Vienne, George Szell : direction (1954)
Georg Muffat : Concerto grosso « Bona Nova »
Ania Dorfmann, pianiste
Robert Schumann : Papillons, op. 2
Felix Mendelssohn : Andante et rondo capriccioso, op. 14 / Romances sans paroles, nos 25 et 34
Frédéric Chopin : 3 Écossaises, op. 72
Franz Liszt : Étude de concert,S. 144, no 3, « Un sospiro »
Maurice Ravel : Sonatine (1905)
Giancarlo Menotti : Ricercare and Toccata

Dans le dénuement de la Vienne d’après la Seconde Guerre mondiale, le jeune Nikolaus Harnoncourt, étudiant brillant et assoiffé de culture, se passionne déjà pour les instruments anciens, qu’il collectionnera tout au long de sa vie. En 1953, en parallèle avec son emploi de violoncelliste à l’Orchestre symphonique de Vienne, il fonde avec des amis et avec son épouse, Alice, le Concentus Musicus, un ensemble viennois qui se produira sur des instruments anciens ou des copies de l’époque qui a vu naître les œuvres des grands compositeurs. De quelle façon jouer de la flûte traversière en bois ayant appartenu au roi de Prusse Frédéric le Grand? Comment bien faire résonner les précieux violons construits par Jacobus Stainer (grand luthier tyrolien du 17e siècle) qu’utilise le Concentus Musicus de Vienne? Des questions qui passionnent Harnoncourt et ses collègues.

Émission 2
Nikolaus Harnoncourt et le Concentus musicus de Vienne
Henricus Isaac : Imperii Proceres / Carmen in fa / Fortuna in mi / An buos / La Morra / Innsbruck, ich muss dich lassen / Si dormiero / J’ai pris amours – avec les Petits chanteurs de Vienne
Anton Bruckner : Symphonie no 2 (2e mouvement) – Orchestre symphonique de Vienne, Volkmar Andreae : direction (1953) 
Jean-Sébastien Bach : Concerto brandebourgeois no 1 (1964)
Ania Dorfmann, pianiste
Ludwig van Beethoven : Concerto pour piano et orchestre no 1, op. 15 – Orchestre symphonique de la NBC, Arturo Toscanini : direction
Robert Schumann : Fantasiestück, nos 3, 4 et 5

Harnoncourt n’a pas mis en œuvre à lui seul la « révolution des instruments anciens », mais rapidement, son groupe et lui se sont distingués par la qualité et la rigueur de leur exécution et par leur maîtrise des instruments originaux. Un enregistrement de 1964 des Concertos brandebourgeois, de Jean-Sébastien Bach, marque les milieux musicaux et polarise la critique musicale. À partir de cette époque, Harnoncourt signe plusieurs enregistrements d’une envergure véritablement historique, consacrés aux grandes œuvres religieuses de Bach ou aux opéras de Claudio Monteverdi. Accusé par certains d’être un puriste, Harnoncourt se défend pourtant de présenter la musique comme un objet de musée, et sa démarche n’a de sens pour lui que si elle insuffle une vie nouvelle aux chefs-d’œuvre des siècles passés. Et durant les années 1970, ses interprétations acquièrent un côté dramatique et une théâtralité parfois exacerbée qui ont pour but de provoquer le public et les musiciens, et d’ébranler un certain sentiment de confort, que l’on associe à la musique classique, dans ses différentes manifestations.

Émission 3
Nikolaus Harnoncourt et le Concentus musicus de Vienne
Claudio Monteverdi : Toccata d’ouverture et prologue de l’opéra Orfeo – Orchestre symphonique de Vienne, Paul Hindemith : direction
Heinrich Ignaz Franz von Biber : Sonate à 7, à 6 clarini, con tamburin e organo / Sonate à 3 / Sonata prima à 8, 2 clarini / Balletto à 4 / Battalia à 10
Jean-Sébastien Bach : Concerto brandebourgeois no 3 (1er mouvement) – Orchestre philharmonique de Berlin, Wilhelm Furtwängler : direction (1939)
Jean-Sébastien Bach : Concerto brandebourgeois no 4
Ania Dorfmann, pianiste
Piotr Ilitch Tchaïkovski : Album pour les enfants, op. 39
Felix Mendelssohn : Romances sans paroles, op. 62

Sa version de 1977 des célébrissimes Quatre saisons de Vivaldi bouleverse la discographie, et elle impose un nouveau style qui va ouvrir la voie aux interprétations vivaldiennes des décennies suivantes, celles des violonistes Fabio Biondi et Giuliano Carmignola ou de l’ensemble Il Giardino armonico de Milan.

Émission 4
Nikolaus Harnoncourt et le Concentus musicus de Vienne
Marin Marais :Suite instrumentale tirée de l’opéra Alcyone (en concert à La Haye, 1973)
Jean-Philippe Rameau : Air « Sortez, sortez d’esclavage! », de l’acte de 3 de l’opéra Castor et Pollux – Gérard Souzay : baryton, Chœur de chambre de Stockholm, et al.

Claudio Monteverdi : Finale de l’opéra Le couronnement de Poppée – Helen Donath et Elisabeth Söderström : sopranos, et al.
Antonio Vivaldi : Concertos, op. 8, no 2 (L’été)et no 3(L’automne)
Ania Dorfmann, pianiste
Robert Schumann, Carnaval, op. 9
Frédéric Chopin : valses nos 12, 5, 10 et 4

À partir des années 1980, Nikolaus Harnoncourt revient en partie aux instruments dits « modernes » et il se produit comme chef invité avec les plus grands orchestres symphoniques du monde, dans un répertoire plus tardif, tout en conservant la direction de son précieux Concentus Musicus. Il est généralement admis que les travaux et les interprétations de Nikolaus Harnoncourt ont changé la façon de jouer la musique classique à la fin du 20e siècle. Deux grands chefs plus « traditionnels » que lui, Claudio Abbado et Bernard Haitink, l’ont dit : après le passage d’Harnoncourt, les choses ne pouvaient plus être comme avant.

*En complément, chaque émission se terminera par un hommage à la grande pianiste Ania Dorfmann (1899-1985), interprète oubliée, Américaine d’origine ukrainienne, à laquelle Sony Classical vient de consacrer un coffret de tous les enregistrements pour la firme RCA (1945-1958).

Émission 5
Nikolaus Harnoncourt et le Concentus musicus de Vienne
Jean-Chrétien Bach : Quintette pour flûte, hautbois et cordes, op. 11, no 6
Jean-Sébastien Bach : Sonate pour clavecin obliggato et violon no 6, BWV 1019 / Prélude de la Suite pour violoncelle seul no 2, BWV 1008 / Cantate « Wir danken dir, Gott… », BWV 29
Wolfgang Amadeus Mozart : Concerto pour cor et orchestre no 3, K. 447 – Hermann Baumann : cor
Ania Dorfmann, pianiste
Edvard Grieg : Concerto pour piano et orchestre, op. 16 – Orchestre Robin Hood Dell, Erich Leinsdorf : direction
Piotr Ilitch Tchaïkovski : Les saisons, op. 37b (2 extraits: Avril et Juin)

Une version complète de l'oratorio Alexander's Feast, HWV 75, de George Frideric Handel. Avec le Concentus Musicus de Vienne, le choeur Arnold-Schönberg de Vienne et les solistes Dorothea Röschmann, Michael Schade et Gerald Finley. Filmé à l'abbaye de Melk (Autriche) en 2001.