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La scène musicale sherbrookoise : de Michèle Richard à Valaire

Par
Olivier Robillard Laveaux

Du country au rock en passant par le jazz et le folk, l’influence de la scène de Sherbrooke se fait sentir depuis des décennies dans l’industrie musicale québécoise. Survol de quelques noms qui ont marqué l’histoire.

Valaire : la « Sherbrooklyn »

À la fin des années 2000, un jeune bastion de musiciens sherbrookois, presque tous issus du programme musical de l'École secondaire Montcalm, est arrivé à Montréal pour donner un électrochoc à la scène émergente. Avec les Misteur Valaire, Roi Poisson, Half Baked, Sexyboy, Le Citoyen et La Patère rose en tête de peloton, les musiciens eux-mêmes et les médias ont baptisé cette nouvelle scène « Sherbrooklyn ». Au cœur du contingent, Misteur Valaire, devenu simplement Valaire, s’est distingué par son côté avant-gardiste qui teinte autant ses explorations jazz-électro que sa mise en marché, profitant des nouvelles possibilités qu’offre Internet.

Fanny Bloom : la folie créatrice

L’autre visage marquant de la Sherbrooklyn est assurément Fanny Bloom. Fougueuse et imprévisible au sein de La Patère rose, qui l’a révélée, la musicienne a ensuite gagné en maturité sans perdre pour autant sa folie créatrice. Chaque album lancé par Bloom se démarque par une approche pop plus expérimentale et onirique. Sans faire de compromis, elle s’est développé un registre bien à elle tout en demeurant accessible, une réussite.

Jim Corcoran : enfant du bilinguisme sherbrookois

Peuplée par des loyalistes anglophones au début du 19e siècle, Sherbrooke est aujourd’hui une ville à forte majorité francophone. Le bilinguisme reste toutefois présent, notamment dans le quartier Lennoxville, où se trouve l’Université Bishop. Ce bilinguisme a marqué la carrière de Jim Corcoran, né à Sherbrooke en 1949 et qui a vécu dans le nord-est des États-Unis au début des années 60. Il est ensuite revenu étudier à Bishop, et c’est à ce moment qu’il a décidé de chanter en français au sein de Jim et Bertrand, fondé avec Bertrand Gosselin, un autre important musicien natif de la région.

Michèle Richard : l’idole

L’un des plus grands violoneux québécois, Ti-Blanc Richard, est né à Martinville, mais demeure associé pour toujours à Sherbrooke grâce, entre autres, à son émission de télévision Ti-Blanc Richard et ses gais lurons, diffusée de 1956 à 1965 sur les ondes de CHLT-TV Sherbrooke. C’est à cette émission que sa fille, la chanteuse Michèle Richard, a fait ses débuts à l’âge de 10 ans, pour ensuite devenir l’une des plus grandes vedettes des variétés québécoises. Pendant les années 60, elle est devenue l’idole d’une jeunesse alors en plein épanouissement.

Vincent Vallières : le repère

C’est au Séminaire de Sherbrooke que Vincent Vallières a fondé son premier groupe, Trente Arpents, au cœur de la décennie 90. Ses albums Chacun dans son espace et Le repère tranquille ont plus tard consolidé sa place au sein de la scène musicale québécoise. L’homme derrière On va s’aimer encore a beau avoir vécu et chanté le quartier Rosemont à Montréal pendant un certain temps, il est vite revenu à ses racines, puisqu’il vit aujourd’hui avec sa famille dans la région estrienne.

Garou : la voix

Vous passiez vos soirées au Liquor Store à Sherbrooke au cours des années 90? Il y a de fortes chances que vous ayez assisté aux premiers concerts d’un certain Pierre Garand. Rebaptisé par la suite Garou, le chanteur y a fait ses débuts dans les années 90 en interprétant des classiques du répertoire rhythm and blues. Il a fondé plus tard son groupe The Untouchables, dont la réputation a rapidement dépassé Sherbrooke. C’est d’ailleurs lors d’un concert à Granby que Luc Plamondon a remarqué le talent de Garand. Le reste appartient à l’histoire.

Jerry et Jo'Anne : le premier Félix sherbrookois?

De tous les Félix remportés par des artistes originaires de Sherbrooke, celui remis au duo country Jerry et Jo’Anne en 1982 a une valeur significative. Il s’agirait du tout premier trophée remis par l’ADISQ à des Sherbrookois. Lors de ses remerciements, le groupe a critiqué sur scène les présentateurs Louise Forestier et Raoul Duguay pour avoir ridiculisé la musique « western » avant de remettre le prix. Si l'anecdote montre que les controverses de galas ne datent pas d’hier, elle n’a rien de surprenant. Jerry Robitaille et Jo’Anne Moreault venaient de passer les 15 dernières années de leur vie à promouvoir le country aux quatre coins de la province, propulsés par le succès d’On est fait l'un pour l'autre (leur reprise francophone d’un succès de Buck Owens).

Tire le coyote : musique et Bombardiers

Le chanteur folk Benoit Pinette, alias Tire le coyote, a laissé sa trace dans différentes sphères de la vie sherbrookoise. Étudiant au séminaire, où il a fait partie de l’équipe de football, il a vu son nom se retrouver parmi ceux de l'alignement partant des Bombardiers (Ligue de baseball junior élite du Québec) à la fin des années 90. Aujourd’hui, c’est sur la marquise (numérique) du Théâtre Granada que son nom apparaît; le plus souvent avec la mention « complet » juste à côté.

Annie Sama : la suite

Lorsqu’on demande quels sont les Sherbrookois à surveiller ces jours-ci, le nom d’Annie Sama vient en tête de lice. Originaire de Saint-François-Xavier-de-Brompton, au nord de Sherbrooke, la musicienne québéco-congolaise se démarque sur la scène anglophone avec ses compositions pop-électro aux sonorités industrielles. Citée au mois de janvier dans le magazine Vogue comme l'un des 10 « jeunes artistes les plus intéressants » du moment, Annie Sama était de la dernière Fashion Week de Paris, où elle a collaboré avec de grands couturiers à titre d’artiste et modèle invitée. C’est lors de ses études au Séminaire Salésien qu’elle s’est découvert une passion pour les arts.

Deux courts passages sherbrookois marquants

Éric Lapointe : emporter par le vent

Si l’on n’associe pas toujours la ville de Sherbrooke au parcours d’Éric Lapointe, c’est que le rockeur a passé son enfance à déménager pour suivre son père, cadre pour la chaîne de magasins Zellers. La vie a voulu que le rockeur fasse ses débuts scéniques alors que sa famille était installée à Sherbrooke. Il avait 15 ans et chantait des reprises d’Aznavour, de Beau Dommage et de Francis Cabrel dans un restaurant. Éric Lapointe, ado, qui chante du Cabrel dans un restaurant? Nous mettrions le feu à l'enfer pour voir ça!

Jérôme Beaulieu : être un jazzman

Assumer le fait d’être un musicien de jazz n’est pas une décision facile lorsqu’on n’a pas encore 20 ans. C’est pourtant le choix qu’a fait le pianiste Jérôme Beaulieu lors de son passage au Cégep de Sherbrooke. Il y a abandonné ses études en sciences nature pour se concentrer sur le programme musical. Né dans le canton de Shefford, le musicien conserve un attachement particulier envers la ville qui a vu naître l'artiste jazz en lui. Le Trio Jérôme Beaulieu a, depuis, remporté le Félix dans la catégorie jazz création en 2014, en plus d’être sacré Révélation Jazz 2013-2014 par Radio-Canada. Son groupe porte aujourd’hui le nom de Misc.

Pour une écoute en continue, consultez notre liste de vidéoclips d'artistes en lien avec la ville de Sherbrooke.