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Jacques Brel aurait eu 90 ans : 9 raisons de l'écouter encore

Par
Nathan LeLièvre

C’est un monument, une référence, un idéal. Jacques Brel, dans toute sa parfaite imperfection, a pratiquement défini, à lui seul, une époque entière de la chanson française. S’il n’a pas connu le succès dès les premiers instants – il a connu des années de vaches maigres –, il s’est entêté jusqu’à ce qu’on cesse de critiquer son apparence et son ton sombre et qu’on reconnaisse sa grandeur. Le légendaire chansonnier disparu trop tôt aurait eu 90 ans le 8 avril. Pour l’occasion, ICI Musique lui rend hommage en saluant les multiples talents qui ont fait de lui le géant de la musique que l’on connaît aujourd’hui.

Ses talents de conteur (Amsterdam)

« Il y a un commencement, un milieu et une fin », disait Juliette Greco des chansons de Brel dans le documentaire Un jour, une histoire, de Laurent Delahousse. En effet, c’est indéniable : nous vous mettons au défi de ne pas voir tous les personnages et tout le paysage que décrit le grand chansonnier dans Amsterdam.

Sa diction impeccable (Madeleine)

C’est une chose d’être bon conteur, mais encore faut-il que le texte atteigne le public. Chez Jacques Brel, on ne perd jamais un seul mot. L’histoire de celui qui s’acharne à déclarer son amour à Madeleine en est un bel exemple. Les mots sont clairs; les images qu’ils dépeignent le sont aussi, nécessairement.

Son intensité d’interprétation (Ces gens-là)

L’intensité, ça ne veut pas dire tout crier à pleins poumons. Elle se trouve, oui dans la sueur qui semblait ruisseler constamment sur son front, mais aussi, et surtout, dans les subtilités, les nuances. Si Ces gens-là nous coupe le souffle, c’est en raison de l’engagement dramatique, de la vérité qui transpire de l’interprétation de Jacques Brel. On assiste en fait à une brève pièce de théâtre en un acte.

La nature intemporelle de ses textes (Quand on n’a que l’amour)

La chanson Quand on n’a que l’amour a été écrite en 1956. C’est un hymne éternel, non seulement à l’amour, mais surtout à la paix, à l’égalité, à la justice. Nous sommes prêts à gager que, si l’on mettait en application cette théorie de Brel – « Sans avoir rien que la force d’aimer, nous tenons dans nos mains, amis, le monde entier » –, aujourd’hui, nous vivrions sans doute dans un monde meilleur.

Le « crescendo brelien » (La valse à mille temps)

Il n’est peut-être pas présent dans toutes ses chansons, mais on le trouve dans de nombreuses pièces de son répertoire. Cette progression dramatique, cette intensité croissante typique de Brel qui nous met en haleine, on l’entend très clairement dans La valse à mille temps, tempo accélérant aidant, bien sûr.

Sa critique sociale (Les bourgeois)

Jacques Brel est né dans une famille bourgeoise, mais n’a jamais voulu suivre les traces de ses prédécesseurs. Il n’a jamais accepté les carcans. Ironiquement, sa fille Isabelle dit qu’il a élevé ses enfants avec des valeurs bourgeoises. Néanmoins, les bourgeois, il les critique dans Ces gens-là, et il en a carrément fait le titre d’une autre chanson, dans laquelle il leur fait un pied de nez des plus explicites.

Son romantisme crève-cœur (Ne me quitte pas)

Y a-t-il plus belle vulnérabilité que celle de Jacques Brel lorsqu’il chante Ne me quitte pas? La supplication nous transperce le cœur à coup sûr. Et que dire de ce regard perçant, qui ne décroche jamais une seconde de la caméra!

Son audace (Le moribond)

Dès sa jeunesse, il était frondeur. Il faisait fi de l’autorité et des conventions. C’était un battant avoué; il aimait le combat. Il osait. Ainsi, il critiquait la bourgeoisie et les bien-pensants religieux de l’époque (par exemple dans C’est trop facile) et il abordait sans ambages les amours échouées, la prostitution, ou encore la mort, sans ambages comme dans Le moribond.

Son amour du théâtre et du cinéma (La quête)

En 1967, il a choisi de quitter la scène pour se consacrer au cinéma et au théâtre. Il refusait de stagner et voulait toujours aller voir ailleurs. « Il y a 15 ans que je chante. Que c’est marrant : personne n’a voulu que je débute et personne ne veut que je m’arrête. »

Lorsqu’il a choisi d’arrêter de chanter, c’était pour se tourner vers le jeu et la réalisation, au théâtre et au cinéma. Le théâtre musical L’homme de la Mancha, que Jacques Brel a adapté en français, est en soi une raison de ne jamais cesser d’écouter Jacques Brel, dont l’interprétation de la chanson phare, La quête, reste à ce jour inégalée.

Grande chanson française

Ces chansons et interprètes ont fait l'histoire et marqué profondément le public des deux côtés de l'Atlantique. On ne s'en lasse pas, de ces émotions brutes, mélodies grandioses et rimes savoureuses de sons et de sens. Faites un voyage dans le temps, au cœur de ce remarquable répertoire.

Léo Ferré, Juliette Gréco, Édith Piaf, Jacques Brel, Georges Brassens, Barbara, Serge Reggiani, Georges Moustaki, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, etc.

Cette webradio est une liste de lecture aléatoire gratuite créée avec soin par nos programmateurs musicaux.

Le temps d'une chanson

La chanson est un vecteur formidable de souvenirs. Faites-en l'expérience avec les airs connus des grandes chansons francophones des années 30 aux années 70. Catherine Pépin, animatrice de l'émission Le temps d'une chanson (le samedi de 10 h à 12 h), choisit chaque semaine pour vous les plus belles pièces de ce répertoire. Vous en retrouverez ici un condensé qu'il vous sera impossible de ne pas fredonner.

Édith Piaf, Charles Aznavour, Georges Brassens, Charles Trenet, Barbara, Léo Ferré, Claude Léveillée, Félix Leclerc, Juliette Gréco, Alys Robi, Jacques Brel, Georges Moustaki, Henri Salvador, Guy Béart, Claude Nougaro, Claude François, Nana Mouskouri, etc.

Cette webradio est une liste de lecture aléatoire gratuite créée par Catherine Pépin et nos programmateurs musicaux.