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Comment Kurt Cobain a influencé une génération pour en faire de meilleurs humains

Par
Olivier Robillard Laveaux

Le 5 avril 1994, Kurt Cobain s'enlevait la vie dans sa maison de Seattle. Vingt-cinq ans plus tard, sait-on quelle influence le chanteur de Nirvana a eue sur les adolescents qui l’adulaient? Et si le rockeur en avait fait de meilleurs êtres humains?

Comme pour des millions d’adolescents dans le monde, Kurt Cobain est devenu mon idole au milieu des années 90. Les murs du sous-sol de la maison familiale, la piaule d’ado, étaient tapissés exclusivement d’affiches de Nirvana. Kurt avec ses grosses lunettes fumées. Kurt en concert avec sa Fender Mustang bleu et rouge. Kurt qui fume une cigarette. Kurt qui grimace à la caméra. Kurt avec un flingue... Seul un poster du groupe Hole jurait à travers les clichés de Nirvana, parce qu’avoir une photo format géant de Courtney Love avait du sens. Le couple princier du grunge était réuni.

Au plus fort de ma cobainmanie, j’avais inscrit « I hate myself and I want to die » sur les cymbales de ma batterie qui trônait au centre de la pièce. Les conséquences avaient été immédiates, mes parents me convoquant pour une discussion préventive sur le suicide. J’avais 14 ans et aucune envie de mettre fin à mes jours. Kurt ne m’a pas donné envie de faire de l'héroïne non plus. Au contraire même.

Vingt-cinq après sa mort, on peut affirmer que Kurt Cobain a fait d’une bonne part des adolescents qui l’adulaient de meilleurs êtres humains. En total rejet des valeurs machistes et artificielles de la vague hair métal qui a précédé le grunge, Cobain était en avance sur le mouvement #MoiAussi et pro-inclusion mis de l’avant ces dernières années.

J’en discutais lors d’un segment à On dira ce qu’on voudra le 21 mars 2017. À travers ses textes de chansons, ses entrevues et sa biographie Come As You Are, Kurt Cobain a été le premier à dire à toute une génération que les homophobes étaient des crétins. Il a été le premier à me dire qu’Axl Rose était un cabochon avec ses blagues sexistes et sa manière de traiter les femmes comme de la marchandise. Il a été le premier à m’apprendre qu’on vivait dans une société capitaliste malsaine qui exploitait son prochain. Le premier à m’avertir qu’il fallait se méfier de l'autorité et la remettre en question.

D’accord, il n’a pas été le premier à propager ces messages, mais en catapultant cette philosophie dans la culture populaire au début des années 90, il a atteint de nouvelles oreilles, des jeunes dont la pensée critique était encore à façonner.

Cobain était crédible aux yeux des ados parce ce qu’il passait ses messages par la provocation, quitte à embrasser un gars sur la bouche devant les caméras pour s'aliéner des fans qui trouvaient le geste dégueu. Kurt refusait d’être faux, de se forcer pour bien paraître et de suivre les règles qui allaient à l’encontre de ses valeurs. Il portait un chandail sur lequel on pouvait lire « Corporate magazines still suck » pour faire la couverture du Rolling Stone. Il montait sur scène en jaquette d’hôpital pour riposter aux revues à potins qui s’intéressaient à sa vie privée. Il jouait la furieuse Territorial Pissing en direct sur un plateau de télé parce qu’on lui avait encore ordonné de jouer l'extrait plus radiophonique. Quiconque voulant lui imposer une vision qui n’était pas la sienne se retrouvait avec une bombe à retardement entre les mains. Pour un jeune, c’était le rêve, le fantasme punk. Or, derrière cette rébellion se trouvaient des leçons d’intégrité et de justice sociale.

L’influence est encore bien présente 25 ans plus tard. Les artistes authentiques, libres et punks sur les bords ont toujours la cote (de Jean Leloup à Lisa LeBlanc en passant par Fred Fortin, Safia Nolin, Philippe Brach, Hubert Lenoir ou Lydia Képinski). Les valeurs que prônait Cobain rallient aujourd’hui des millions de gens autour du globe qui marchent dans les rues pour les droits des femmes, des gais et de la diversité.

Pour ceux qui ont vu au-delà des jeans troués, des vestes de laine pas chics, des t-shirts rock et des cheveux bleachés, Kurt Cobain n’était pas un ado attardé cherchant à déranger pour le plaisir avant de se sauver comme un inconscient. Il avait ses contradictions, comme vous et moi, mais il était surtout le véhicule d’une sincérité, d'une humanité et d’une empathie nécessaires. Un héritage qui demeurera tant que résonneront les accords de Smell Like Teen Spirit sur les ondes des radios.

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