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L’Opéra national de Paris célèbre ses 350 ans d’histoire et les 30 ans de l’Opéra Bastille

Par
Sylvia L'Écuyer

Depuis que Louis XIV a signé les lettres patentes autorisant Pierre Perrin à créer l’Académie royale de musique en 1669, cette institution a traversé crises et révolutions sans jamais cesser ses activités. Elle a logé dans une douzaine de théâtres différents, survécu à plusieurs incendies et à de nombreux changements de régimes politiques, tout en demeurant au cœur de la vie sociale parisienne.

En mai 1789, Denis Papillon de La Ferté, principal administrateur de la maison du roi, était d’avis que « l’Opéra, étant un moment à la gloire de la nation française, devait être soutenu, politiquement, même au prix de certains sacrifices ». Même pendant les années les plus sombres de la Révolution, le théâtre a continué de présenter les œuvres du répertoire de l’Ancien Régime : les opéras de Gluck, qui avait été le professeur de musique de la reine, étaient toujours à l’affiche, et en septembre 1791, Marie-Antoinette a assisté à une représentation de Castor et Pollux de Rameau. J’ai été renversée d’apprendre que pendant la saison 1793-1794, sous le régime de la Terreur, on a compté 246 levers de rideau à l’opéra!

Le 350è anniversaire de l'Opéra national de Paris
Le 350è anniversaire de l'Opéra national de Paris

célébré par nos artistes

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Pendant tout le 19e siècle, l’Opéra de Paris s’est affirmé comme un pôle d’attraction incontournable où les compositeurs et les interprètes de toute l’Europe accouraient. C’est là que les réputations s’affirmaient et que les carrières se bâtissaient. Sous la monarchie de Juillet et le Second Empire, un nouveau genre s’est développé : le grand opéra français.

C’est peut-être pendant la guerre franco-prussienne de 1870 que le théâtre a connu ses moments les plus sombres, mais une étape importante de la vie de l’Académie royale/impériale/nationale de musique a été franchie en 1875 avec l’inauguration du légendaire Palais Garnier; au programme, Faust de Gounod. Un regain de vitalité a suivi avec Massenet, Ambroise Thomas, Saint-Saëns et Chabrier, et des compositeurs qui ont beaucoup écrit pour le ballet comme Léo Delibes, Édouard Lalo et André Messager.

Le 13 juillet 1989, en même temps que les célébrations du bicentenaire de la prise de la Bastille, le président François Mitterrand inaugurait une nouvelle maison consacrée à l’art lyrique avec Les Troyens de Berlioz. Voilà encore un témoignage marquant de la place qu’occupe l’institution dans la société française. C’est aujourd’hui dans ce nouveau théâtre, l’Opéra Bastille, conçu par l’architecte canado-argentin Carlos Ott, que sont présentées les grandes œuvres du répertoire du 19e siècle, tandis que les œuvres de l’époque baroque et la plupart des œuvres contemporaines sont jouées au Palais Garnier.

Pourtant, c’est toujours au Palais Garnier que l’on pense quand on évoque l’Opéra de Paris. Son architecture éclectique a servi de modèle à plusieurs maisons d’opéra, de Hanoï à Buenos Aires. Son grand escalier, son plafond peint par Chagall, son lac souterrain, ses toits et ses fantômes continuent de frapper l’imagination. Il a inspiré le roman de Gaston Leroux Le fantôme de l’opéra.

Pour le metteur en scène Vincent Huguet, à qui on avait confié les galas anniversaires de janvier 2018 et 2019, le Palais Garnier est une ville dans la ville, sa présence est ressentie même par ceux qui n’y ont jamais mis les pieds.

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