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PAPJazz 2019 : vertige et magie du jazz en Haïti

Par
Stanley Péan

Vous le saviez, puisque je vous en ai amplement parlé à l’antenne. À l’invitation conjointe du Festival international de jazz de Port-au-Prince et de l’Ambassade du Canada en Haïti, j’ai pris congé du froid sibérien de Montréal et séjourné brièvement dans ma ville natale, pour assister à quelques-uns des enthousiasmants concerts des derniers jours du Festival et faire quelques fort belles rencontres. Il s’agissait de ma deuxième présence à cette manifestation au cours de laquelle j’avais produit une émission spéciale en 2015.

Treizième édition, certes, mais pas l’ombre d’un malheur, d’un mauvais sort, ce qui étonnera celles et ceux qui souscrivent à ces superstitions perpétuellement associées à l’île d’Haïti. Les organisateurs Joel Widmaïer, autrefois chanteur et percussionniste du mythique groupe Zèklè, et son épouse, Miléna Sandler-Widmaïer, avaient en tout cas de nombreuses raisons de se réjouir du succès de l’événement qui a attiré quelques grosses pointures internationales dont le trompettiste américain Terence Blanchard, le duo de pianistes Ray Lema (du Congo) et Laurent De Wilde (de France), les chanteuses Cécile McLorin-Salvant, Joss Stone et l’étoile canadienne émergente, Barbra Lica.

PAPJazz, comme on surnomme affectueusement le festival, s’enorgueillit particulièrement de la première participation de McLorin-Salvant, d’origine haïtienne par son père, que les organisateurs invitaient en vain depuis des années, mais dont j’ai hélas manqué le concert. En entrevue, Miléna Sandler-Widmaïer m’a raconté comment ils s’y sont pris pour finalement s’assurer de sa venue cette année.

Rencontrée par hasard à mon arrivée au chic hôtel Karibé, la Britannique Joss Stone a gracieusement accepté de piquer un brin de jasette avec moi quelques heures avant le concert de clôture qu’elle donnait samedi. L’histoire de la venue de la superstar soul en terre de Toussaint-Louverture est des plus sympathique : en pleine tournée mondiale, et déterminée à se produire dans tous les pays du monde, Stone a contacté PAPJazz via son agent et accepté un cachet inférieur à sa norme personnelle, qu’elle a de toute façon versé intégralement à Kouraj, un regroupement œuvrant à la défense des droits de la communauté LGBTQ en Haïti.

En quatre jours, j’ai aussi eu le temps de recueillir les propos du saxophoniste français Émile Parisien, du tandem que forment les frères Julian et Roman Wasserfuhr – un trompettiste et un pianiste allemands dont j’apprécie énormément les disques –, et du guitariste et pédagogue Claude Carré – éminence grise du jazz à Port-au-Prince. Tout ça, encadré de musiques éclectiques à l’image de PAPJazz, constitue le menu exotique de notre émission de ce vendredi 1er février.

« Haïti, là où la négritude s'est mise debout pour la première fois », selon un vers célèbre du poète Aimé Césaire. Je ne pouvais rêver d’un meilleur endroit pour concevoir cette présentation spéciale qui donne le coup d’envoi au Mois de l’histoire des Noirs à l’antenne d’ICI Musique.