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Notes de voyage : Ah, Venise!

Par
Stéphan Bureau

Nous partons pour l’une des plus belles villes au monde, mais aussi l’une des plus fréquentées : Venise. Vous trouverez dans ce billet quelques conseils ainsi que toutes les références mentionnées en ondes.

Par ailleurs, voici les deux émissions que la Sérénissime nous a inspirées :

Notes de voyage - Venise (première partie)

Émission du 16 septembre 2018

Audio

QUAND Y ALLER?
La haute saison bat son plein au printemps et à l’automne. L’idéal pour goûter à plus d’authenticité est d’y aller l’hiver, soit au début de décembre, en janvier et en février.

Il fait plus froid et plus humide, mais tout est beaucoup moins cher. La seule exception demeure la période du carnaval, pendant une dizaine de jours en février, que je ne recommande pas de toute façon.

OÙ DORMIR?
Posez-vous dans le quartier de Cannaregio, où les hôtels sont un peu moins coûteux et les nuits tranquilles. On y trouve plein de restaurants à prix raisonnables tout en étant à distance de marche des principaux sites de visites.

LES BONNES TABLES
Disons-le, se sustenter coûte assez cher à Venise. Je retiens toutefois ces deux excellentes adresses :
- L’Osteria San Marco pour une cuisine italienne moderne et droite dans l’exécution, à mille lieues des restos gadgets qui abondent dans le quartier. Autre bonheur, le service est fait en continu à partir de midi trente, ce qui est loin d’être fréquent en Italie.
- Mon adresse préférée dans cette ville est la Cantina Do Spade, fondée au 15e siècle et située dans le quartier du marché de poissons, à l’écart des grandes foules. C’est exquis, surtout pour LA spécialité vénitienne, les bigoli en salsa : des pâtes à l’huile et aux anchois, que je pourrais manger matin, midi et soir. N’oubliez pas de réserver, car le restaurant est minuscule et les prix, très raisonnables. Question de vous mettre en appétit, voici une excellente recette de Bigoli en sauce. Vous pouvez utiliser des spaghettis à la place des bigoli.

MES COUPS DE CŒUR À VENISE

1 - Les inondations. Les guides touristiques passent généralement ce détail sous silence, et pour les touristes qui ne sont pas avertis, la surprise peut être brutale. Imaginez descendre du train et avoir à vous rendre à votre hôtel avec de l’eau jusqu’aux genoux, bagages sur la tête! C’est assez fréquent, pourtant.
Une fois le choc passé, le spectacle est hallucinant. De petits trottoirs surélevés se dressent un peu partout dans la ville et on se déplace alors en sautant d’une plateforme à l’autre.

2 - La lumière! Je ne connais pas d’équivalent à cette lumière vénitienne qui a tant inspiré les peintres des 18e et 19e siècles, de Canaletto à l’Américain John Singer Sargent. Si vous êtes un tant soit peu contemplatif, regarder le temps passer à Venise est un pur bonheur…

3 - Le quartier du Dorsoduro, de l’autre côté du pont de l’Académie. La magnifique basilique Santa Maria della Salute peut être un bon point de départ avant d’aller musarder dans les petites rues. Sa sacristie est l’équivalent d’un petit musée, à visiter. Il faut payer quelques euros, mais ça vaut le coût.

4 - Le campo Santa Margherita, une des belles places de la ville. On est dans un quartier qui pourrait être un croisement entre le Village à New York et le Quartier latin à Paris. L’université n’est d’ailleurs pas très loin.

5 - Le musée de l’Académie. Nous n’éprouvons pas tous la même passion pour la peinture, mais prévoyez quand même un minimum de deux ou trois heures pour faire le tour du musée. Il est facile d’y passer la journée en faisant une petite pause pour le lunch dans un des nombreux petits restaurants qui se trouvent autour.

6 - Le musée Peggy Guggenheim. Le palais, où résidait la riche héritière de la fortune Guggenheim, vaut à lui seul la visite.

7 - L’historique Harry’s Bar, fréquenté à l’époque par Chaplin, Toscanini et Hemingway, entre autres. Je vous déconseille d’y manger, car c’est cher et ordinaire. Cependant, une fois dans sa vie, il faut investir trop d’argent pour boire le cocktail Campari orange préparé par un barman qui a plus d’attitude qu’une vedette rock en concert au Centre Bell.

8 - La Fenice, où les Bellini, Verdi et Rossini ont présenté en première certains de leurs plus grands opéras. La petite place San Fantin, sur laquelle se trouve le théâtre, est idéale pour prendre l’apéro avant le spectacle. S’il n’y a pas de représentations au moment de votre passage, faites au moins la visite des lieux. Le prix d’entrée est d’une dizaine d’euros et vous donne droit à un audioguide. Les billets pour l’opéra, comme partout, sont chers, mais des places sont souvent soldées la veille ou le jour du spectacle. Si votre mobilité est réduite, notez que la salle ne dispose que d’un ascenseur.

LES INCONTOURNABLES DE VENISE

Les vaporettos ou le plaisir d’être pris dans un bouchon
Un des bonheurs de se promener à Venise est de prendre le transport public. Les vaporettos, ces bateaux-autobus, relient entre elles les différentes îles de la ville et circulent aussi dans les principaux canaux.
Pas besoin d’avoir une destination en tête, c’est une activité en soi, probablement aussi la seule fois de votre vie où vous souhaiterez être immobilisé dans la circulation.

Les prix du vaporetto sont surréalistes : un aller simple coûte une dizaine de dollars. Le mieux est d’acheter un billet d’une journée et d’en profiter pour faire un maximum de déplacements, d’autant que l’essentiel de la ville se marche très facilement.

Les gondoles
Pour les romantiques qui veulent la totale, préparez-vous à casser le cochon. Après négociations, votre balade va coûter entre 350 et 400 dollars. Je le sais, j’ai déjà été ce touriste un peu niais qui s’est dit : « Ben voyons, tant qu’à être ici… »

Le cimetière de San Michele
L’endroit a ceci de particulier que la plupart des sépultures n’y restent qu’une dizaine d’années, pour ensuite faire place aux nouveaux morts – une affaire d’espace, vous l’aurez sans doute compris. Ce problème n’affecte pas les plus célèbres locataires des lieux, qui disposent apparemment de baux emphytéotiques. Ezra Pound, Stravinsky et cie seront donc encore là quand vous irez leur rendre visite.

Les vaporettos 4.1 et 4.2 mettent dix petites minutes pour vous emmener à Saint-Michel, et vous pouvez ensuite continuer vers les îles de Murano et Burano.

Saint-Marc et le café Florian
Le sentiment d’être dans un parc d’attractions culmine aux alentours de la belle place Saint-Marc et de la basilique, mais il faut assumer et ne pas bouder son plaisir. Si la visite de la basilique ne constitue pas une étape essentielle selon moi, je vous recommande fortement d’aller prendre une pâtisserie au café Florian. L’établissement trône au sommet des incontournables depuis l’invention des guides touristiques, et même avant. Imaginez, le café est ouvert depuis 1720!

Le palais Ducal
Après cette étape gourmande, direction palais des Doges, le cœur du pouvoir quand la république de Venise était l’équivalent d’une superpuissance mondiale! Avec un peu de chance, en arrivant tôt, vous pourrez éviter les foules. Je suggère de vous donner du temps, de ne pas faire la visite au pas de course.

Le palais, qui a été le théâtre de mille intrigues, donne une idée de l’influence qu’a pu avoir Venise. C’est aussi un riche musée, une vitrine de la Renaissance avec quelques chefs-d’œuvre du Tintoret et de Véronèse. Les deux géants, qui étaient aussi de redoutables adversaires, vivent maintenant côte à côte sur les murs du palais.

Je suis totalement subjugué par le grand format de L'Allégorie de la bataille de Lépante que vous trouverez dans la sala del scrutinio. On dirait du cinéma avant l’heure.

TO GO OR NOT TO GO ?

Murano et Burano…
Le verre de Murano est légendaire. Cependant, il est aujourd’hui aussi teinté par le consumérisme le plus débridé. Je suis certain que tout le monde ne partagera pas mon opinion, mais c’est quand même l’impression que j’ai eue en me promenant entre les ateliers et les galeries des grands souffleurs.

Il y a évidemment quelques artisans qui font vraiment des objets d’art – hors de prix – et dont les ateliers font office de musées, mais ce ne sont pas les plus accueillants.

L’île de Burano, si vous y êtes assez tôt, a le mérite de vous sortir un peu des foules. C’est aussi… coquet! Mais faut-il consacrer une journée pour faire le tour des deux îles? C’est évidemment très personnel, mais voici mon conseil : si vous avez moins de cinq jours à Venise et que le verre soufflé n’est pas votre passion, passez votre tour.

Pour aficionado seulement
Richard Wagner est du nombre des grands créateurs à avoir trouvé l’inspiration à Venise. Un petit musée documente cette période de la vie du compositeur, mais en toute franchise, c’est seulement pour les aficionados.

J’espère que ces renseignements vous permettront de profiter au maximum de Venise, qui devrait figurer sur la liste de tous ceux qui aspirent à voir le monde et qui peuvent se le permettre. Comme le disait Jean d’Ormesson : « C'est la plus prodigieuse machine à faire rêver qui soit jamais sortie de l'imagination des hommes. »

Pour retrouver toutes les émissions Notes de voyage, consultez la page de l'émission.

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Ah! Venise... Ses canaux, son carnaval, ses couleurs, ses habitants, ses compositeurs... Laissez-vous bercer par les mélodies de Vivaldi et de ses compatriotes vénitiens qui savent nous enchanter si merveilleusement grâce à leurs plumes.

Antonio Vivaldi, Claudio Monteverdi, Giovanni Gabrieli, Tomaso Albinoni, Giovanni Girolamo Kapsperger, etc.

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