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Notes de voyage : Ah, Venise!

Par
Stéphan Bureau

Nous partons pour une des plus belles villes au monde, mais aussi une des plus fréquentées, Venise.

Il faut donc choisir son moment pour aller s’y perdre et comprendre celle qui a inspiré tant de génies de la création au fil des siècles.

Notes de voyage - Venise

Émission du 16 septembre 2018

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Pour vous faire rêvasser ou pour contribuer à une planification de voyage, je vous fais part de mes impressions – une première partie en fait, puisque nous y consacrerons très bientôt une deuxième émission.

Les vaporettos ou le plaisir d’être pris dans un bouchon
Un des bonheurs de se promener à Venise est de prendre le transport public. Les vaporettos, ces bateaux-autobus, relient entre elles les différentes îles de la ville et circulent aussi dans les principaux canaux.

Pas besoin d’avoir une destination en tête, c’est une activité en soi, probablement aussi la seule fois de votre vie où vous souhaiterez être immobilisé dans la circulation.

Je garde le souvenir d’un départ au petit matin vers la gare et d’avoir croisé, comme flottant sur l’eau, un piano à queue, à bord d’un minuscule bateau. Une image qui faisait penser à un tableau de Magritte.

Les prix du vaporetto aussi ont quelque chose qui fait penser à Magritte; ils sont surréalistes. Un aller simple coûte une dizaine de dollars. Le mieux est d’acheter une passe d’un jour et d’en profiter pour faire un maximum de déplacements, d’autant que l’essentiel de la ville se marche très facilement.

Les gondoles
Pour les romantiques qui veulent la totale, préparez-vous à casser le cochon. Après négociations, votre balade va coûter entre 350 et 400 dollars. Je le sais, j’ai déjà été ce touriste un peu niais qui s’est dit : « Ben voyons, tant qu’à être ici… »

Les bonnes tables
Disons-le, se sustenter coûte assez cher à Venise. Je retiens toutefois ces deux excellentes adresses :
- L’Osteria San Marco pour une cuisine italienne moderne et droite dans l’exécution. C’est à une minute de Saint-Marc, comme son nom le laisse soupçonner, mais à mille lieues de tous les restos gadgets qui abondent dans le quartier. Autre bonheur, le service est fait en continu à partir de midi trente; vous pouvez donc y manger en tout temps, ce qui est loin d’être fréquent en Italie.
- Mon adresse préférée à Venise est une petite cantine qui existerait apparemment depuis le 15e siècle, la Cantina Do Spade, située dans le quartier du marché de poissons et légèrement à l’écart des grandes foules. C’est exquis, surtout pour LA spécialité vénitienne, les bigoli en salsa : des pâtes à l’huile et aux anchois, que je pourrais manger matin, midi et soir. N’oubliez pas de réserver, car le restaurant est minuscule et les prix, très raisonnables.

Question de vous mettre en appétit, voici ma recette préférée de Bigoli en sauce. Vous pouvez utiliser des spaghettis à la place des bigoli.

Un musée à ne pas fréquenter, à moins d’être un aficionado!
Richard Wagner est du nombre des grands créateurs à être venus à Venise pour y trouver l’inspiration. La ville l’a profondément marqué; il y a passé plusieurs années et y est même mort.

On trouve aujourd’hui un petit musée qui documente cette période de la vie du compositeur, mais en toute franchise, c’est seulement pour les aficionados.

Le cimetière de San Michele
Comme Wagner, Stravinsky a créé plusieurs de ses œuvres à Venise. Ç’a été son ultime voyage, et il est depuis enterré au magnifique cimetière de San Michele, près de la tombe de Serge Diaghilev. Le patron des Ballets russes l’avait d’une certaine manière mis au monde avec la création du Sacre du printemps, il était donc naturel que Stravinsky choisisse de contempler l’éternité aux côtés de son ami.

Le cimetière a ceci de particulier que la plupart des sépultures n’y restent qu’une dizaine d’années, pour ensuite faire place aux nouveaux morts – une affaire d’espace, vous l’aurez sans doute compris. Ce problème ne semble pas affecter les plus célèbres locataires des lieux, qui disposent apparemment de baux emphytéotiques. Ezra Pound, Stravinsky et cie seront donc encore là quand vous irez leur rendre visite.

Les vaporettos 4.1 et 4.2 mettent dix petites minutes pour vous emmener à Saint-Michel, et vous pouvez ensuite continuer vers les îles de Murano et Burano.

Murano et Burano… To go or not to go ?
Vous le savez probablement, le verre de Murano est légendaire. Cependant, il est aujourd’hui aussi teinté par le consumérisme le plus débridé. Je suis certain que tout le monde ne partagera mon opinion, mais c’est quand même l’impression que j’ai eue en me promenant entre les ateliers et les galeries des grands souffleurs.

Il y a évidemment quelques artisans qui font vraiment des objets d’art – hors de prix – et dont les ateliers font office de musées, mais ce ne sont pas les plus accueillants.

L’île de Burano, si vous y êtes assez tôt, a le mérite de vous sortir un peu des foules qui finissent par donner le tournis. C’est aussi… coquet!

Mais faut-il consacrer une journée pour faire le tour des deux îles? C’est évidemment très personnel, mais voici mon conseil : si vous avez moins de cinq jours à Venise, et que le verre soufflé n’est pas votre passion, passez votre tour.

Saint-Marc et le café Florian
Le sentiment d’être dans un parc d’attractions culmine aux alentours de la belle place Saint-Marc et de la basilique, mais il faut assumer et ne pas bouder son plaisir. Si la visite de la basilique ne constitue pas une étape essentielle selon moi, je vous recommande fortement d’aller prendre une pâtisserie au café Florian. L’établissement trône au sommet des incontournables depuis l’invention des guides touristiques, et même avant. Imaginez, le café est ouvert depuis 1720!

Le palais Ducal
Après cette étape gourmande, direction palais des Doges, le cœur du pouvoir quand la république de Venise était l’équivalent d’une superpuissance mondiale! Avec un peu de chance, en arrivant tôt, vous pourrez éviter les foules. Je suggère de vous donner du temps, de ne pas faire la visite au pas de course.

Le palais, qui a été le théâtre de mille intrigues, donne une petite idée de l’influence qu’a pu avoir Venise, mais c’est aussi un riche musée, une vitrine de la Renaissance avec quelques chefs-d’œuvre du Tintoret et de Véronèse. Les deux géants, qui étaient aussi de redoutables adversaires, vivent maintenant côte à côte sur les murs du palais.

Je suis totalement subjugué par le grand format de l'Allégorie de la bataille de Lépante que vous trouverez dans la sala del scrutinio. On dirait du cinéma avant l’heure.

Voilà pour une première émission sur Venise. Je vous entretiendrai prochainement de la lumière absolument fascinante dans cette ville, qui n’attire pas tout ce monde pour rien!

Pour retrouver toutes les émissions Notes de voyage, consultez la page de l'émission.

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