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Rythmopolis : consultez le programme du grand spectacle immersif

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Claudia Beaumont

Le 8 septembre à 20 h 30, ICI Musique diffusera sur ses plateformes numériques Rythmopolis, un spectacle musical immersif combinant les percussions, les arts de la rue et la réalité virtuelle. Le rythme de la ville est le thème central de cet événement présenté en plein air, à la place des Festivals de Montréal, au cours duquel seront dévoilées neuf œuvres originales, toutes commandées à des compositeurs québécois.

Le concept de ce spectacle s’avérant quelque peu abstrait, nous avons demandé aux compositeurs de prendre la plume pour raconter leur création, dans leurs mots. Voici donc l’audacieux programme en neuf tableaux.

Le feu du métal (2018)

Le feu du métal est l’œuvre d’ouverture de Rythmopolis. Il s'agit d'une composition mixte pour 14 percussionnistes utilisant un dispositif de 12 plaques vibrantes, ainsi que les sirènes d’une dizaine de camions lourds. Elle est basée sur la matérialité physique du son et se fonde sur la puissance pure du son lui-même. Pour l’occasion, les musiciens seront divisés et dispersés en trois groupes afin d’entourer le spectateur. Le feu du métal mettra en scène le chant des sirènes des camions et le tonnerre des plaques vibrantes.

Rythmopolis sera diffusé en vidéo à 360 degrés, en direct et sans fils! Découvrez la « bête » qui filmera le tout parmi la foule.

Cœur de tambour (2018)

Là où il y a des hommes, il y a des tambours,
Là où il y a des hommes, il y a des cœurs qui battent,
Des cœurs qui résonnent à l’appel des tambours de danse,
Ou bien tendus vers l’appel des tambours de guerre.
Venus des cinq continents,
Ils se rencontrent, ils se confrontent,
Ils s’apostrophent et se questionnent,
Puis se retrouvent dans leur pulsation originelle.
Là où il y a des tambours, il y a des hommes – au cœur battant.

Tempus Fugit (2018)

Ainsi, chaque créature, de toute nature,
Aux joies secrètes de la douce coition* retrouve
Non seulement la race impériale de l'homme,
Mais tous ceux qui boivent l'air liquide,
Fendent la mer, hantent le désert,
Et foncent dans la flamme.
Car l'amour, ce prince de tous, est dans tout, toujours le même.
Mais le temps est perdu, jamais renouvelé,
Alors que nous, sur ce chemin délectable, poursuivons trop loin,
Mesurant la nature, dans ce divin panorama.

Librement adapté de Virgile, Géorgiques : livre 3 (traduction de John Dryden, 1698)
*coït

Les heures grises (2018)

Ventilateurs
Hum électrique
Pas au loin
Bruits d'animaux
Ruissellement de gouttière
La vie, malgré notre sommeil
Le calme avant la tempête...
Ce mouvement est conçu comme une transformation graduelle du pouls de la ville vers le sommeil de la nuit.

La fracture du temps – les temps multiples (2018)

La fracture du temps – les temps multiples est une œuvre mixte pour quatre solistes, quatre trios à percussions et bandes en octophonie.
C’est un contrepoint sophistiqué de percussions et d'électroacoustique. Les différents trios et solistes seront disposés aux quatre coins de l’espace, et les sons des bandes seront diffusés parmi le public.

L’inspiration est alimentée par différentes approches, notamment de l'écriture du type drumline; des percussions aux origines multiples et des sonorités électroniques explosives. La fracture du temps – les temps multiples fait entendre les sonorités exacerbées de la ville numérique et les tambours de ceux qui l'habitent.

Y’a quelque chose qui cloche! (2018)

La cloche est un instrument de percussion qui date de 4000 ans. Fait remarquable, elle participe encore à nos rituels, à notre musique, elle détermine aussi les durées temporelles, le réveil, la fin d’un quart de travail, l’appel au comptoir de service, bref, elle est depuis toujours dans notre ADN.

Toujours moqueur, je me suis attardé à l’expression « y’a quelque chose qui cloche ». Cette expression, au pied de la lettre, est autant un questionnement qu’une constatation. Pour moi, ce « quelque chose » est dans la ville : les cônes orange, la construction, la poussière – C’EST UN CHAOS. Alors, j’ai décidé de mettre un peu d’ordre dans tout cela, on va mettre le tout sous cloche!

La montée des eaux (2018)

Composée pour 10 percussions mobiles et synthétiseurs, ainsi qu’une fontaine interactive, La montée des eaux est inspirée de la musique et des déplacements chorégraphiques des fanfares de collèges américains. L’œuvre évoque l’urbanisation sauvage confrontée à la puissance de l’eau. Elle reflète l’illusion du contrôle que l'humain tente d'exercer sur son environnement et sur sa destinée. Les musiciens s’engagent ainsi dans une danse avec les éléments de la fontaine de la place des Festivals. Tour à tour, ils suivent et domptent la fontaine ou se laissent dominer par elle…

Neon City (2018)

Ce tableau est inspiré par la ville nocturne, son activité grouillante, ses multiples lumières, ses néons, ses couleurs, son bruit visuel. Puisant sa source dans le light painting, technique de photographie, le visuel interactif est composé en temps réel à l’aide de caméras qui capturent le geste des musiciens et de leurs instruments lumineux. Le tout est également appuyé par un dispositif d’éclairages réactifs, qui accompagne le jeu et les nuances des interprètes en direct.

Grande finale : pulsations planétaires (2017)

Le temps nous réunit tous. L’univers : 13,8 milliards d’années; planète Terre : 4,57 milliards d’années; l’humanité : entre 3,2 millions et 200 000 ans (selon la définition choisie).

On naît, on meurt; on se réveille, on se couche, l’été devient l’automne (bientôt!), et puis… notre vie, comme individu et espèce, est mesurée en grands et petits cycles, qui créent des pulsations planétaires.

L’œuvre finale du spectacle nous ramène dans un monde de pulsations primordiales, avec une instrumentation qui représente le plus possible la diversité musicale sur notre petite planète – plus de 20 percussionnistes, avec 4 solistes. Les sonorités et les harmonies bougent dans l’espace (grâce à Einstein, on reconnaît que le temps et l’espace sont liés) pour que nous puissions reconnaître le développement des pulsations dans plusieurs dimensions.