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Les chansons de Félix : entre émerveillement et mises en garde

Par
Ariane Cipriani

Savez-vous ce qui est à l’origine du Tour de l’île? Ou de Bozo, ce rêveur distrait? Voici quelques exemples de chansons par lesquelles Félix Leclerc célèbre la beauté de la vie, tout en n’oubliant pas de nous faire quelques mises en garde. Une sélection bien personnelle, qui, je l’espère, vous incitera à visiter davantage son œuvre vaste et riche à l'occasion de son 30e anniversaire de décès.

Le tour de l’île (1975) : Cette chanson – qui fait l’éloge de son lieu d’enracinement, l’île d’Orléans –, Félix Leclerc l’a composée en réaction à un événement bien précis. Le poète s’indignait de l’installation des pylônes électriques d’Hydro-Québec en 1974. Au lieu de faire une chanson de contestation ou de colère, il nous fait faire le tour de l’endroit et nous décrit la beauté de cette fleur de Lise, où ses ancêtres avaient vécu et où il s’est lui-même enraciné. Il nous présente les battures, l’agriculture et les paroisses. Il fait l’éloge du temps long et apprécié. Il nous dit de prendre soin du paysage. Sept minutes de pur délice, une de ses premières chansons avec orchestration : voilà sa façon de nous dire d’avoir du respect et de l’amour pour le paysage, de protéger ce patrimoine. Sinon, nous finirons... « US parking ». Une sonnette d’alarme d’une grande beauté.

Moi, mes souliers (1951) : Le monde est vaste et plein de couleurs, et cette chanson invite à en faire le tour. Cela ne peut qu’apporter de la sagesse. Avec un peu de chance et de vent, vous entendrez peut-être Félix siffler joyeusement...

Bozo (1951) :
Avant Bozo les culottes et l’humour du collectif Les Bozos, il y a eu cette chanson de Félix, dans laquelle il pose un regard attendri sur un rêveur distrait qui souhaite un monde plus beau. Un amoureux pris dans un marais de gens mauvais. Ce qualificatif moqueur, « bozo », était fréquemment utilisé à l’époque.

Le p’tit bonheur (1951) : Une musique de gaieté pour raconter une histoire triste. Une chanson qui incite à profiter de tous les bonheurs en sachant l’impermanence des choses.

Mon fils (1978) : Dans cette chanson bilan où l’orgue annonce son autorité et l’orchestre assoit ensuite ses exigences, ce n’est pas Félix qui parle à un de ses fils. C’est Dieu qui, avec son regard sévère mais bienveillant, demande à Félix ce qu’il a fait de sa vie, de ses talents et des possibilités qui se sont présentées sur son chemin.

L’alouette en colère (1972) : « J’ai un fils qui, demain, sera un assassin »... À la suite de la Crise d'octobre de 1970, Félix compose ce coup de tonnerre à l’orchestration bigarrée, où le personnage de l’alouette (en référence à la comptine connue de toute la francophonie) se fait plumer par les Anglais.

Notre sentier (1950) : Quand on espère que notre amour va revenir.

Attends-moi Ti-gars (1957) : Une chanson légère et humoristique, mais sans méchanceté, sur les mensonges et l’hypocrisie des politiciens.

La mort de l’ours (1969) : Une histoire triste. Papa loup amène son petit avec lui, pour rendre hommage au roi ours qui se meurt. L’apprentissage de la mort et de la déférence.