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Le temps d'une chanson : réécoutez l'hommage à Félix Leclerc

Par
Catherine Pépin

Trente ans que Félix Leclerc n’est plus là. Et pourtant, il est si près de nous - plus que jamais! Félix n’avait pas assez d’une vie pour saisir l’ampleur de l’héritage qu’il laisse. Son œuvre continue de vivre et sa famille spirituelle est aujourd’hui assez grande pour poursuivre l’avancée tel que « le patriarche », l’aurait souhaité : avec vigueur, force et courage.

Le temps d'une chanson (spécial Félix Leclerc)

Diffusion : août 2013

Audio

Félix Leclerc : tant d’héritiers sur son sentier!

Plusieurs jeunes artistes se réclament aujourd’hui de la poésie de Félix et je me demande, s’il était encore parmi nous, ce qu’il aurait pensé de la sensibilité d’un Louis-Jean Cormier, de la fougue d’une Ariane Moffatt ou de l’acuité d’un Fred Pellerin.

Étrangement, du vivant de Félix, assez peu d’interprètes ont chanté son répertoire. Bon nombre de versions des chansons de Félix sont relativement récentes : le public plus jeune redécouvre  « Le tour de l’île » grâce à Louis-Jean Cormier, « Le p’tit bonheur » avec Mara Tremblay ou « Attends-moi ti gars » par la voix de Bernard Adamus.

Combien de sentiers ce défricheur a-t-il ouverts? Déjà les Brassens, Brel, Anne Sylvestre, Léveillée ou Ferland lui étaient reconnaissants d’avoir installé une nouvelle façon de se présenter sur scène : seul avec son instrument. Ni plus, ni moins.

« Je m’avance avec ma guitare d’une main et ma chaise de l’autre (pour mettre le pied dessus) et je n’entends qu’un bruit dans le silence de la salle : mes pas ; le son de mes godillots canadiens qui, péniblement, vont l’un devant l’autre ». Félix se sent bien seul lorsqu’il se produit pour la toute première fois à Paris, à l’A.B.C.

Peut-être seul face à la foule, mais dans son dos, à sa suite, tant et tant de créateurs!

Trente ans après sa mort, Félix Leclerc laisse aux artistes et aux citoyens une richesse dont nous sommes tous responsables, un trésor qu’il convient d’honorer en le rangeant non seulement avec « les musiciens, les outardes et  les innocents » comme il le souhaitait, mais aussi avec les maîtres. Sur les chemins qu’il a tracés, des générations vont continuer d’user leurs souliers.

Félix en cinq mots :

Amitié : pure et authentique avec Raymond Devos ou Guy Mauffette.

Amour : il croyait au quotidien à deux, contrairement à son copain Brassens qui, lui, a eu l’honneur de ne pas demander sa main à celle qu’il aimait.

Mobilisation : Félix était à Paris en mai 68. Il a chanté sur les barricades avec Moustaki et senti la griserie de la foule qui se révolte. Félix a vu en France ce qu’il rêvait de voir au Québec.

Île : « La porte s’est ouverte dans un éclat de rire et à l’oiseau en cage est apparue une île » (Passage de l’outarde).

Enfance : une grande muse de Félix qui disait « prêter son enfance extraordinaire à ceux qui n’en ont pas eue ».