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FIJM : un voyage musical à La Nouvelle-Orléans avec Michel Labrecque

À l’occasion du Festival international de jazz de Montréal, notre collègue Michel Labrecque, de l’émission Désautels le dimanche, qui rentre tout juste de La Nouvelle-Orléans, nous propose de découvrir une part du répertoire de cette ville, considérée par beaucoup comme étant le berceau du jazz. Comme vous vous en doutez, il y a tant de bonne musique issue de la ville louisianaise qu’il aurait pu nous écrire un livre. Alors, il a fait des choix. Il a délaissé quelques noms plus connus pour nous faire découvrir des perles. Les voici!

Louis Moreau Gottschalk est un étonnant pianiste classique né à La Nouvelle-Orléans en 1829. Il a aussi vécu en Europe, aux Antilles et en Amérique du Sud. Sa musique est teintée d’influences créoles et louisianaises. Pour découvrir cette curiosité, Michel nous recommande l’album Music for Piano.

Kid Ory est considéré comme l’un des inventeurs du jazz. Tromboniste et chef d’orchestre, de père français et de mère afro-hispano-autochtone, il est un vrai produit de La Nouvelle-Orléans créole métisse, au moment où la ségrégation gagnait en force et a fini par l’emporter. L’album Creole Jazz est à recommander, selon notre collègue.

Louis Armstrong est beaucoup plus que What a Wonderful World et Hello Dolly. Le son de sa trompette est unique et innovateur pour l’époque, en plus d’être imprégné de la douleur et de la résilience afro-américaine. À écouter : les albums Louis Armstrong in Chronology : 1925-26 et Louis Armstrong in Chronology : 1947.

Professor Longhair est un formidable pianiste et bluesman; l’un de ceux qui ont contribué à créer le rock & roll dans le studio J & M, en compagnie de Fats Domino (également de La Nouvelle-Orléans), de Little Richards et de Ray Charles entre 1949 et 1956. Eh oui, avant Elvis! Écoutez The Very Best of Professor Longhair.

Dr John donne dans le jazz, le rock, le funk… et le vaudou! Ce Blanc qui a embrassé les musiques de toutes couleurs a créé son gombo musical particulier, inimitable, singulier! Michel recommande l’album Best of the night tripper.

Dirty Dozen Brass Band est un ensemble de cuivres, grande spécialité de La Nouvelle-Orléans. On voit ces ensembles partout dans la ville. Mais le Dirty Dozen Brass Band a fait sortir ces groupes de leur zone de confort, en empruntant au jazz d’avant-garde, au soul, au rock, etc. Le groupe a déclenché une vague d’orchestres de cuivres 2.0 qui continue de déferler sur la ville. The New Orleans Album est à écouter.

Depuis plus de 20 ans, le Hot 8 Brass Band ce groupe de cuivres mélange jazz, funk et hip-hop. Ses membres sont devenus des symboles de la résilience de la communauté noire de La Nouvelle-Orléans. Plusieurs d’entre eux sont morts à cause des armes à feu. En spectacle, ils embrasent la salle. L'album On the Spot vaut la peine d'être entendu.

Les Neville Brothers, vous connaissez? Ce sont quatre frères qui ont créé un groupe emblématique à la fin des années 70. Ils ont passé le flambeau à plusieurs de leurs enfants. Dumpstaphunk a été créé par les cousins Ian et Yvan Neville. Funk, vous dites? Certes, mais assaisonné de critique politique. Si vous n’arrivez pas à danser sur cette musique, n’essayez plus jamais. Dirty word est leur album incontournable.

Il n’y a pas à dire, La Nouvelle-Orléans crée des trompettistes : notamment, Louis Armstrong, Wynton Marsalis et Terence Blanchard. Blanchard est prolifique et pluriel. Il nous a donné des musiques de film, d’expérimentation électronique et du jazz plus traditionnel, sans compter les dénonciations politiques et son exceptionnel requiem, en 2007, dédié aux victimes de la tragédie de l’ouragan Katrina, sur l'album A Tale of God's Will (a Requiem for Katrina).

Shamarr Allen est trompettiste (un autre!), chanteur, producteur. Il décrit sa propre musique comme « la définition de la Nouvelle-Orléans ». Après une formation classique et un premier album tout jazz, Shamarr est comparé à Louis Armstrong. Il décide qu’il veut devenir son équivalent de 2018 : jouer et chanter en fusionnant plein de styles : funk, jazz, hip-hop et rock. Le résultat sur scène est phénoménal. Son dernier album complet, qui date de 2011, est en décalage avec ce qu’il fait maintenant. Vivement le prochain, qui doit paraître bientôt. Entre temps, vous pouvez vous régaler du mini-album Bandhead vol. 1.

Tank and the Bangas est la nouvelle coqueluche de la scène alternative de la « Big Easy ». Tank (Tarriona Ball) chante, scande de la poésie et rappe. Elle a rencontré le groupe The Black Star Bangas. Ils sont devenus Tank and the Bangas. « Mêlant spoken world, R'n'B sensuelle et pop chatoyante, cette joyeuse bande compte bien inonder la planète de sérotonine et réchauffer les esprits », dit le magazine français Les Inrocks. Que dire de plus? Les voici en prestations à la National Public Radio (NPR). Procurez-vous donc l'album Jam in the Van.

Sweet Crude est un groupe de musique alternative, rock… bilingue! C’est aussi un groupe de percussions influencé par les rythmes tribaux. La Nouvelle-Orléans, autrefois une ville française, vit en ce moment un retour à cette culture. De jeunes Néo-Orléanais ont décidé de redonner une place au français dans un contexte musical résolument actuel, un phénomène curieux à suivre! Il faut s'intéresser à l'album, Créatures.