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Claude François, disparu depuis 40 ans : 10 chansons dont on se souvient toujours

Par
Nathan LeLièvre

Séducteur. International. Controversé. Tragique. Autant de qualificatifs rattachés à Claude François, dont le vaste répertoire a fait danser et rêver tout au long des années 60 et 70. Il est synonyme de paillette, de strass, de yéyé, de motown et surtout de succès. Les mélodies qu’il a fait connaître à l’époque sont parmi celles qui se sont frayé un chemin dans les oreilles d’à peu près toutes les générations subséquentes. Rétrospective en 10 chansons du legs du chanteur.

Claude François est né et a grandi au sein d’une famille lyonnaise aisée qui travaillait en Égypte, avant d’être contraint de rentrer en France et de vivre dans une relative pauvreté. En 1958, il est devenu percussionniste puis chanteur dans le grand orchestre du Sporting Club de Monte Carlo. Avec ses 1000 francs par soirée, il a pu subvenir aux besoins de sa famille. Il lui aura fallu attendre l’automne 1962 toutefois pour obtenir un premier succès sur disque, Belles ! Belles ! Belles !, une adaptation en français de Girls, Girls, Girls des Everly Brothers.

La même année, il avait tenté un premier enregistrement sous le pseudonyme Kôkô, mais sa chanson Le Nabout twist avait reçu un accueil mitigé. C’est en 1963 que la carrière de Claude François a véritablement pris son envol. Il a été pris en main par un imprésario et a ensuite enchaîné les succès, dont Si j’avais un marteau.

Quand on pense à My Way, de Sinatra ou encore d’Elvis, on oublie parfois que c’est en partie à Claude François que l’on doit ce succès mondial. Il en a coécrit la musique avec Jacques Reveaux en 1967. Quant aux paroles de Comme d’habitude, on les doit à Gilles Thibaut.

Elvis a d’ailleurs repris au moins un autre des titres de Claude François en anglais. Parce que je t’aime mon enfant est devenu My Boy. Au cours de sa carrière, Claude François a atteint des publics non seulement francophones, anglophones et arabes. L’un de ses succès de 1972, Le lundi au soleil, a été adapté en espagnol (Es el amor de verdad) et en japonais.

En 1973, quelque mois après avoir chanté à la télévision aux côtés de Dalida, Claude François a lancé la chanson Le téléphone pleure, qui était au départ destinée à Joe Dassin. L’année suivante, il a fait à nouveau tabac en la lançant en anglais et en espagnol.

Dans les années 60-70, c’était une pratique répandue de faire d’une chanson un succès multilingue. Si Comme d’habitude est devenue My Way, inversement Oh What a Night, de Franki Valli and the Four Seasons, est devenue l’incontournable des pistes de danse (maintes fois reprise depuis lors), Cette année-là.

Puis les succès se sont enchaînés à la fin des années 70, Je vais à Rio et Magnolias For Ever, notamment. À cette époque, on sentait un vent de renouveau souffler dans le répertoire de Claude François.

À la même époque, il a acheté un magazine pour jeunes et une revue de charme. Il a fondé une agence de mannequins et photographiait lui-même de jeunes femmes nues, souvent adolescentes. Il ne cachait pas son penchant pour les mineures. En entrevue à RTBF dans les années 70, il affirmait sans gêne : « Je suis obsédé par cette catégorie de filles qui vient me voir. [...] J’aime jusqu’à 17-18 ans. Après je commence à me méfier. » Il assumait entièrement aussi sa réputation d’infidèle : « même quand je suis fidèle, je suis volage, » avait-il avoué. Sa vie de tombeur ne l’a pas empêché d’atteindre la renommée mondiale. Il a multiplié les apparitions sur les plateaux britanniques en 1977 et 1978. Pour plaire au public anglais, il a adapté certaines de ses chansons dans des versions bilingues, dont Daydreamer.

Certes, tout au long de sa carrière, Claude François a été entouré de controverse : il a avoué son attirance envers les adolescentes, il a caché au public l’existence d’un de ses enfants pendant 6 ans, il a été accusé de fraude fiscale et ses proches l’ont décrit comme étant jaloux et tyrannique. Tristement, sa vie a aussi été marquée par la tragédie. Il est mort accidentellement (électrocuté pendant qu’il redressait un appareil lorsqu’il se trouvait sous la douche), alors qu’il n’avait que 39 ans. Le jour de ses funérailles, les 45 tours de son succès Alexandrie Alexandra sont arrivés chez les disquaires tandis que dans les rues, tout Paris pleurait son départ.