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À écouter : la résurrection de Jean à Noël, selon Claude Saucier

Date de publication

12 déc. 2017

Saison des Fêtes oblige, le nouveau thème de notre série sur les souvenirs de l’animateur, inspirée, rappelons-le, du slogan de la populaire émission C’est si bon, « les plus belles musiques de nos souvenirs », est la fête de Noël. Précisons d’entrée de jeu que ce souvenir est celui d’une extraordinaire histoire, infiniment touchante, de celles qui nous donnent réellement envie de croire à la fameuse magie de Noël.

Nous profitons de l’occasion pour vous rappeler de nous faire part de vos souvenirs sur la page Facebook de Claude Saucier.

À écouter : la résurrection de Jean à Noël, par Claude Saucier

Claude Saucier
La résurrection de Jean à Noël

par Claude Saucier

Audio

L’histoire se déroule à la maison familiale de Claude Saucier, à Louiseville, vers 1963.

« Je vous l’ai déjà dit, je viens d’une famille de 10 enfants, et nous vivions à la campagne sur une ferme laitière, où nous avions des vaches, des porcs. La maison se trouvait sur le bord de la rivière du Loup à Louiseville. Nous n’étions pas riches ni pauvres, mais les 24 décembre, je peux vous dire que c’était une fête exceptionnelle. Ma mère commençait la préparation du festin un mois et demi d’avance, puis elle rangeait ses gâteries dans la dépense, une sorte de réserve froide qui n’était pas chauffée, et tout allait au dernier étage pour que les petites mains ne pigent pas dedans. Évidemment, mon père finissait toujours par tricher!

« La préparation de Noël n’était pas prise à la légère. Il y avait de l’excitation dans l’air, les enfants avaient hâte d’avoir leurs cadeaux et de monter l’arbre de Noël, qu’on allait couper nous-mêmes et qu’on décorait la veille ou l’avant-veille. Les garçons les plus âgés avaient la tâche d’aller chercher l’arbre dans la forêt, et évidemment, ils devaient nous rapporter le plus beau! Nous le mettions dans une chaudière d’eau et nous le décorions tous ensemble, avec les fameux glaçons, que nous enlevions ensuite un à un pour les récupérer pour le Noël suivant.

« Le Noël dont j’ai un souvenir particulier a eu lieu en 1963. Je souligne que sur une ferme, Noël ou pas, il fallait se lever à 5 h du matin pour aller faire la traite des vaches, mais ce n’est pas ça qui nous empêchait d’aller à la messe de minuit, pour réveillonner ensuite.

« Ce 24 décembre là, il faisait froid, et mon frère aîné Jean et moi sommes allés patiner. Puisqu’il y avait exceptionnellement moins de travaux à la ferme, nous en avons profité pour aller nous amuser sur la rivière, qui était lisse, sans neige, parfaite comme une patinoire d’aréna. De la glace dure, à perte de vue, sur laquelle nous avons patiné une bonne partie de l’après-midi avec les vieux patins de l’époque. Nous nous sommes fort amusés. De retour à la maison, vers le milieu de l’après-midi, l’un de nos frères aînés nous a affectés à une tâche : nettoyer l’enclos du taureau à l’étable. Comme il ne sortait pas l’hiver, il fallait y voir régulièrement. Et le taureau, lui, trônait dans son enclos particulier; il avait son pedigree et il était absolument gigantesque.

« Alors, j’ai accompagné mon frère Jean jusqu’à l’étable, dans le but d’accomplir notre tâche, bien que nous étions fatigués d’avoir tant patiné. C’est Jean qui est entré dans l’enclos de la bête pour nettoyer cet espace qui était, si je me rappelle bien, assez restreint. Pour avoir un peu plus d’espace, il a décidé de saisir le taureau par l’anneau au nez – ce qui servait justement à guider les déplacements de l’animal. Il l’a poussé un peu, mais le taureau ne l’a pas bien pris; il s’est retourné, il a regardé mon frère, puis il a foncé. Comme un bulldozer.

« Le taureau a baissé la tête, il a attrapé mon frère en plein milieu de l’estomac, et il l’a poussé sur un mètre, directement sur les barreaux de l’enclos, en y mettant tout son poids. On parle d’une très grosse bête, peut-être 1000 livres. Il l’a poussé puis secoué comme une poupée de chiffon, jusqu’à ce que mon frère glisse doucement par terre, sur le côté. Le taureau a semblé se dire qu’il n’y avait plus rien à faire avec lui, alors il est retourné manger.

« J’étais tout seul, j’avais vu tout ce qui s’était passé, et je ne savais pas quoi faire devant mon frère étendu par terre. C’est alors que j’ai entendu mon autre frère, qui faisait des travaux à l’extérieur. J’ai ouvert la porte et j’ai crié. Il a compris rapidement qu’il s’était passé quelque chose et il est arrivé en courant. Son premier réflexe, en voyant mon frère par terre dans l’enclos, a été de sortir le taureau pour avoir le champ libre; l’animal, lui, semblait bien heureux de pouvoir se dégourdir. Ensuite, nous nous sommes occupés de mon frère, qui était dans un très mauvais état. Du sang coulait de ses oreilles et de son nez. C’était très inquiétant.

« Je rappelle que c’était un 24 décembre, à la campagne, et évidemment, il nous fallait rapidement une ambulance. Yves, mon frère, m’a alors demandé de rester avec Jean, le temps qu’il aille chercher un peu d’eau chaude pour le nettoyer, et bien sûr, pour appeler les secours. Il est entré en coup de vent dans la maison en criant : « Jean est mort à l’étable! » Imaginez la réaction de ma mère et de mes sœurs, qui étaient en train de se préparer pour la grande soirée qu’on attendait depuis si longtemps; c’était la stupéfaction générale.

« Ça a pris du temps avant que l’ambulance arrive, car les routes de campagnes étaient glissantes. Elle ne pouvait pas rouler trop vite, mais elle est finalement arrivée. Les ambulanciers ont d’abord emmené Jean à l’hôpital de Louiseville, mais rendu là, comme le cas était trop grave, ils l’ont transféré à Trois-Rivières. Pendant ce temps, toute la famille attendait impatiemment des nouvelles de mon père, qui accompagnait mon frère dans l’ambulance. Un moment donné, il était rendu tard le soir, et comme nous étions très religieux, quelqu’un a dit : « Nous allons prier. » Nous priions pour éviter un Noël qui allait mal finir. Puis, tout à coup, le téléphone a sonné et c’était mon père. Jean allait mieux. Le jour de Noël, il faisait même des sourires!

« Le taureau lui avait défoncé complètement la cage thoracique. Il lui avait cassé le sternum et plusieurs côtes, mais l’accident n’a pas causé de dommages permanents. Alors que nous pensions qu’il était mort, voilà que le 25 décembre était arrivé notre petit Jésus! Et il a vécu très bien toute sa vie, qui continue.

« Si je peux raccrocher une musique à cet événement marquant, c’est très certainement le Sainte nuit. Chaque fois que ça joue quelque part, ce souvenir, pas du tout banal, me revient.

« Voilà une histoire triste, mais qui finit bien, comme toute bonne histoire de Noël.

« Joyeux Noël à tous! »

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