Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.
Découvertes cérébrales : votre plaisir musical ne sera plus jamais le même!
Par
François Lemay

Date de publication

24 nov. 2017

Imaginez que vous entrez dans une salle de concert et qu’après avoir validé votre billet sur votre application téléphonique, le guichetier vous remet un casque que vous devez porter durant le spectacle. Dans ce casque se trouvent des aimants calibrés afin de stimuler votre cortex dorsolatéral préfrontal (celui de gauche, soyons précis), dans le but de stimuler votre plaisir pendant que vous écoutez le groupe sur scène. Un groupe que vous n’appréciez pas particulièrement avant ce soir, mais comme vous avez envie de faire plaisir à vos amis…

Et là, il se produit quelque chose d’incroyable : vous adorez la musique que vous entendez. Au point où, dès le lendemain, vous achetez la discographie complète du groupe, en plus de vous procurer un casque d’écoute personnel équipé d’aimants. Votre plaisir musical ne sera plus jamais le même!

Ce qui ressemble, ici, à un roman de science-fiction ne l’est plus du tout puisque, grâce au travail du Dr Robert Zatorre et son équipe de chercheurs de l’Université McGill, il est maintenant possible de stimuler le cerveau afin d’augmenter la sensation de plaisir reliée à l’écoute de la musique.

Et si le nom de Robert Zatorre vous est familier, c’est que celui-ci est souvent cité lorsqu’il est question d’études et de recherches en neurologie et en neuroscience cognitive. Il s’intéresse particulièrement au processus de perceptions de l’audition en lien avec le langage et la musique.

Dans une étude publiée le 20 novembre dernier dans le magazine scientifique Nature Human Behavior, il est expliqué comment l’équipe de recherche a réussi à démontrer qu’il était possible de contrôler le désir, le plaisir et le dégoût de la musique en stimulant une partie du cerveau à l’aide d’un champ électromagnétique généré par un aimant.

Bon, encore la science qui va venir se mêler de ma façon d’écouter de la musique?

Oui et non. Commençons par comprendre les implications de cette recherche en particulier.

Il nous reste beaucoup de choses à apprendre sur le cerveau (qui est quand même le seul organe qui a la capacité de se nommer lui-même), mais on sait qu’il est divisé en zones qui comptent chacune un ensemble de fonctions à gérer. On sait aussi que l’on peut stimuler le cortex dorsolatéral préfrontal afin que celui-ci crée et libère de la dopamine. (Cette molécule est impliquée dans certains plaisirs abstraits, comme écouter de la musique ou la gestion de la récompense), en direction du striatum, une autre partie du cerveau dont l’une des fonctions est de réguler notre rapport, aussi, à la récompense.

Le cortex préfontal du cervea

Les chercheurs ont donc fait écouter de la musique à 17 participants en leur stimulant, ou non, le cortex dorsolatéral préfrontal par une technique appelée stimulation magnétique transcrânienne.
Les résultats démontrent que les participants donnaient une note d’appréciation plus forte lorsque leur cerveau était stimulé, et une note moins forte lorsque la stimulation était appliquée de façon négative. Et quand c’était positif, ce l’était au point où les participants auraient été prêts à débourser 10 % plus d’argent pour se procurer la piste musicale en question.

C’est vraiment l’fun, mais ça sert à quoi?

À nous faire acheter bien plus de musique, voyons! Non, sérieusement, cette étude a des implications qui vont bien au-delà de l’appréciation musicale en général, et pourrait, éventuellement, aider à traiter d’autres maladies, ou des symptômes en lien avec le système de récompense.

Ces découvertes démontrent que le fonctionnement des circuits frontostriataux est essentiel pour apprécier la musique. Cela indique que le rôle de ces circuits dans l’apprentissage et la motivation sont indispensables pour vivre l’expérience du plaisir musical.

Ernest Mas Herrero, postdoctorant et un des auteurs de l’étude

Le mot clé, dans cette citation, est motivation, puisqu’on sait maintenant, en neuropsychologie, à quel point la dopamine joue un rôle clé lorsqu’il est question de motivation et d’apprentissage.

Plusieurs désordres psychologiques, comme les dépendances, l’obésité et la dépression, impliquent un problème de régulation des circuits cérébraux liés à la gestion des récompenses. En démontrant que ces circuits peuvent être manipulés de manière aussi précise, lorsqu’il est question de musique, par exemple, on ouvre la porte à plusieurs applications potentielles, avec lesquelles le système de récompense pourrait être accentué, ou ralenti.

Robert Zatorre

Par exemple, cette découverte ne mènera pas nécessairement à un remède permettant de soigner une maladie comme la maladie de Parkinson, mais pourrait servir à adoucir certains symptômes de dépression qui y sont associés.

Bref, dans ce cas-ci, ce n’est pas les effets de la musique sur le cerveau qui sont en cause, mais une meilleure compréhension des mécanismes associés au plaisir musical. L’étude de la musique d’un point de vue neuropsychologique est relativement récente, mais il est encourageant de constater qu’elle permet de trouver de nouvelles façons de réfréner certains symptômes pouvant causer de la détresse psychologique, par exemple.

La musique rend heureux, ça, on le savait. Mais la musique peut contribuer, concrètement, à soigner les gens. Et ça, on commence seulement à le découvrir!

ICI votre chanson

Remplissez ce formulaire pour voter et avoir la chance de gagner un prix de participation!
Prénom
Nom
Âge
Adresse de courriel
Ville
Province
Je désire que mes informations soient conservées pour mes participations ultérieures.

Vous devez remplir tous les champs

Désolé, votre vote n'a pas été enregistré. SVP, essayez de nouveau.