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Écoutez le concert du 50e anniversaire de l’Euroradio, un tour de force radiophonique!
Par
Claudia Beaumont

Date de publication

01 déc. 2017

Genre

On dit souvent que la musique est un langage universel, qui se joue des frontières. Ce ne sont pas les exemples qui manquent pour le prouver, mais attardons-nous ici à l’initiative de l’Union européenne de radio-télévision (UER), l’Euroradio, qui consiste en des échanges de programmes musicaux entre les radios membres de l’organisation, afin que des millions d’auditeurs à travers le monde puissent profiter de grands concerts. Ne bâillez pas si vite! Pour quiconque s’intéresse à la radio et au travail d’équipe à distance (sans Internet, à l’époque), l’histoire de la création d’Euroradio est fascinante. Avant d’aller plus loin, voici ce qu’il faut savoir sur ce concert anniversaire, qui vous est offert pour écoute en ligne, sur cette page :

AUDIO : Écoutez le concert anniversaire de l’Euroradio, diffusé le 27 novembre 2017 :

Le chef britannique et le ténor Peter Pears.
Le concert du 50e anniversaire de l'Euroradio (BBC)

Animation : Marie-Christine Trottier

Audio

- Ce concert a été donné par l’Orchestre de la British Broadcasting Corporation (BBC) à l’église Saint-Luc, à Londres, à la date anniversaire;

- Le programme comprend entre autres des œuvres de Benjamin Britten, qui a dirigé le premier concert au Queen Elizabeth Hall, en 1967, ainsi que le Concerto no 5, de Beethoven (choix du public);

- Ce concert a été capté par la BBC Radio 3 et animé par Petroc Trelawny;

- En tant que radio publique, et membre de l’UER, ICI Musique est le seul diffuseur de ce concert au Canada. Profitez-en!

Sous la direction de Johannes Wildner, l’Orchestre de la BBC accompagne les solistes suivants :

Esther Yoo, violon
Eivind Holtsmark Ringstad, alto
Pavel Kolesnikov, piano

La petite histoire d’un grand rêve radiophonique

Imaginez devoir mener à terme un projet inédit dans un délai très serré, nécessitant la collaboration de 14 collègues peu disponibles, tous situés dans des pays différents. Cela, sans pouvoir compter sur la précieuse messagerie courriel ou instantanée. Ça donne envie de lancer la serviette, n’est-ce pas?

Ce projet inédit consiste en une série annuelle de concerts captés dans différentes capitales européennes et diffusés par les radios publiques membres de l’UER. Nous sommes dans les années 1960, la télévision fait son entrée de manière fracassante dans les foyers occidentaux et force ainsi la radio à se repositionner. Un domaine, cependant, où la radio semble s’en tirer toujours mieux que la télévision, c’est celui de la musique. Il s’agit donc de créer un événement radio musical qui aura le potentiel de fédérer des publics de partout en Europe.

Écoutez également : le concert Montréal symphonique

Rapidement, l’idée des concerts en direct et en simultané à travers l’Europe fait consensus. Or, malgré les nombreuses années d’existence de la diffusion radio, la planification et la coordination de cette série de concerts s’avèrent difficiles, tant sur le plan technique et administratif qu’organisationnel. Sans parler de la posture critique de certaines figures de la musique à l’égard de la radio, dont le chef qui allait diriger le premier concert, Benjamin Britten, qui critique sévèrement le rôle de cette technologie dans l’expérience musicale, affirmant que celle-ci n’en fait simplement pas partie. Cela fait notamment écho aux nombreuses critiques du philosophe et musicologue allemand Theodor W. Adorno, qui accuse la radio d’être responsable d’une écoute atomisée, puisque ce mode de diffusion est doté d’une infâme logique de standardisation et est incapable de retransmettre une œuvre dans sa totalité, en respectant ses infimes détails. Bref, la radio se fait souvent reprocher d’offrir une communication artistique réduite de la musique.

En janvier 1965, une première rencontre a lieu avec la trentaine de membres formant le Study Group of Expert on Serious Music. Sans surprise, des débats passionnés éclatent autour de la table, les discussions s’égarent et de nombreuses questions demeurent sans réponses. Sans parler de la frustration de certains participants, qui ont l’impression de perdre carrément leur temps. Quelqu’un doit prendre les rênes avant que le projet de créer une série de concerts ne meure, et c’est à Hans Keller, musicien, musicologue et critique musical au jugement irréprochable, que revient la tâche de diriger un groupe de travail (EBU Working Party) visant à coordonner ceux-ci, sous l’égide de la BBC. Par souci d’efficacité, le nombre de participants est réduit à trois membres, soit des représentants de la France, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne, qui appartiennent aux organismes de radiodiffusion ayant le plus d’expérience, de ressources et de moyens financiers. Cette décision est prise au grand dam du groupe d’experts sur la musique sérieuse, qui souhaite se prononcer sur les détails de la programmation, notamment sur la place accordée à la musique contemporaine; mais que voulez-vous, le projet doit avancer rapidement et les feux à éteindre sont nombreux.

Par exemple, la Suisse craint d’envenimer ses relations avec ses solistes, le Portugal et Israël ont des problèmes de lignes permettant la radiodiffusion, le Danemark ne souhaite pas participer et la Norvège émet des réticences quant à la durée du concert et le contenu du programme. D’ailleurs, ce dernier fait l’objet de nombreuses critiques et force le groupe de Keller à jouer les équilibristes entre audace et valeurs sûres.

Cela n’empêche pas Keller, finalement, de réunir 14 pays autour de cette première série de concerts, qui prend son envol le 27 novembre 1967 à la nouvelle salle Queen Elizabeth Hall, de Londres, qui, semble-t-il, n’est pas très belle… Mais qu’importe, on est à la radio, et le programme est absolument divin! Des millions d'auditeurs sont à l'écoute. Le deuxième concert, présenté à Varsovie, est malheureusement moins convaincant. Une mauvaise réception radiophonique gâche le moment de grâce et Keller doit retirer le concert des ondes. Désormais, peut-on lire dans un rapport de l’UER de 1968, « un meilleur système de planification, de contrôle et de coordination des radiodiffusions doit être mis en place pour éviter que la technique altère la qualité de ces concerts. »

Cinquante ans plus tard, on ne peut qu’être admiratifs par rapport au travail passionné de Keller et de son équipe, un véritable tour de force qui a permis la création d’une grande organisation européenne de radiodiffusion musicale, l’Euroradio, ayant comme mission d’unir les différentes nations autour des meilleurs talents du continent. Notez que c’est grâce à ce programme que nous pouvons vous offrir des concerts de la Philharmonique de Berlin ou de l'Orchestre philharmonique de Radio France, ainsi que les concerts européens d’interprètes canadiens, tels que Jan Lisiecki et Louis Lortie. Cette tribune permet aussi à nos concerts locaux de circuler, que ce soit ceux de l’Orchestre symphonique de Montréal à la Maison symphonique ou des Violons du Roy au Palais Montcalm.

Aujourd’hui, ce sont près de 3000 concerts internationaux qui sont mis à la disposition des membres de l’UER, et ce, désormais, dans divers genres musicaux : opéra, pop, rock, musique du monde, folk, jazz, etc.

À toutes et à tous, bon concert!

Source : Alison Garnham, The International Concert Seasons of European Broadcasting Union: How it all began, avril 2016.

Pour en apprendre plus sur les moments historiques de l'Euroradio, consultez cette ligne du temps.

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