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Pousser la note toujours plus haut, et plus loin encore
Par
François Lemay

Date de publication

10 nov. 2017

La chanteuse d’opéra américaine Audrey Luna vient d’atteindre un sommet jamais égalé, de mémoire d’homme et de femme, sur la scène du Metropolitan Opera, au Lincoln Center for Performing Arts à New York : chanter haut. Vraiment haut.

Cet exploit se produit dans la présentation de l’opéra The Exterminating Angel (L’ange exterminateur), qui y est présenté jusqu’au 21 novembre. Et ça passe très vite, moins d’une seconde en fait, à deux reprises durant la représentation. Vous pouvez l’entendre dans la vidéo qui se trouve dans cet article du New York Times.

Comment ça, vraiment haut?

Dans la vie, il y en a qui gagnent à la loto génétique, et Audrey Luna en fait partie. Ses cordes vocales (et beaucoup de pratique, disons-le) lui permettent de chanter plus haut que Maria Carey ou que la Castafiore dans Tintin. En passant, ce n’est pas vraiment Bianca Castafiore qui chante ici, mais plutôt Victoria de los Ángeles qui interprète le fameux air des Bijoux, de Faust, si cher à la diva amoureuse du capitaine Haddock.

Et cette fameuse note, celle chantée par Audrey, c’est un contre-la. Sur un clavier de piano de concert à 88 touches, il s’agit du la le plus élevé. En notation musicale scientifique, on dit un la 7 (pas comme un accord en septième, mais pour signifier que le la est situé en haut, ou à la droite, du septième do sur le clavier). Pour vous donner un élément de comparaison, Maria Carey serait capable de chanter, dans de bonnes conditions, un contre-sol, c’est-à-dire une note plus basse que le contre-la atteint par Luna. Ce qui, avouons-le, est quand même très impressionnant.

Ce qui est particulier, aussi, c’est que Luna doit arriver en forme et bien réchauffée, puisqu’il s’agît de la première note chantée par son personnage, rien de moins. Évidemment, cela ne serait pas si intéressant s’il ne s’agissait que d’une performance (parce que c’est ce dont il est question ici, de performance) musicale de type athlétique. Comme les personnages de L’ange exterminateur (inspiré d’un film de Luis Buñuel) sont incapables de quitter une fête après avoir reçu une malédiction, la prestation vocale du personnage joué par Luna est, selon le metteur en scène et adaptateur Thomas Adès, une « métaphore de l’habileté qu’ont les personnages de transcender les barrières psychologiques et invisibles qui se sont levées autour d’eux ».

Est-ce un record du monde?

Eh bien non! S’il s’agit de la note la plus haute chantée sur la scène du Metropolitan Opera, une chanteuse brésilienne est capable de monter encore plus haut. Georgia Brown, une chanteuse populaire, est capable d’atteindre un sol 10, c’est-à-dire presque 3 octaves plus haut que le contre-la chanté par Audrey Luna. Le record a été homologué par le fameux Livre Guinness des records le 18 août 2004.

À environ 1 minute, on entend Brown atteindre sa note. Si vous êtes sensible aux hautes fréquences, je vous préviens que ce n’est pas particulièrement agréable.

En fait, rendu là, il ne s’agit même plus d’une note, mais plutôt d’une fréquence que l’on peut atteindre en utilisant ce que l’on appelle une voix de sifflet.

Et la note la plus basse, elle?

Nous ne sommes pas étonnés d’apprendre que c’est un homme qui détient le record Guinness de la note la plus basse. Le chanteur américain Tim Storms est capable d’atteindre un sol -7, c’est-à-dire 7 octaves plus bas que le do le plus bas sur un clavier de piano. C’est bas en titi, ça!

D’ailleurs, c’est lui qui détient aussi le record de la plus grande portée vocale chez un chanteur masculin, étant capable d’atteindre 10 octaves avec sa voix. Pour une femme, c’est encore une fois Georgia Brown qui est titulaire du record, avec huit octaves.

En musique pop ou rock, hormis ces deux exceptions presque surnaturelles, c’est le chanteur rock Axl Rose (oui, oui, il a déjà eu de la voix), qui posséderait la plus grande portée vocale, étant capable de chanter en utilisant presque six octaves.

Parmi ces voix au registre légendaire, il y a aussi l’exceptionnelle Yma Sumac. On dit que la chanteuse américano-péruvienne était capable de déployer sa voix sur plus de cinq octaves, une voix décrite par le compositeur Virgil Thompson comme étant « aussi basse et chaude qu’elle peut, en même temps, évoquer le chant d’un oiseau ».

Mais Audrey Luna n’a pas dit son dernier mot, puisqu’elle a affirmé, en entrevue, être en mesure d’atteindre le contre-do. Et il faut aussi avouer que, contrairement aux exploits d’une chanteuse comme Georgia Brown, Luna doit atteindre sa note dans le contexte d’un opéra, avec une mise en scène précise et, surtout, elle n’a jamais droit à l’erreur. Cette performance pure s’inscrit dans quelque chose de plus grand, et ça, c’est ce qui est vraiment impressionnant.

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