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Leonard Cohen, le poète qu’on aurait voulu immortel
Par
Ariane Cipriani

Date de publication

06 nov. 2017

Nous sommes encore en deuil collectif, un an après son décès. Murailles, concerts, exposition… Plusieurs événements prennent leur envol pour célébrer la mémoire de cet homme de quêtes.

On aurait voulu qu’il vive 200 ans, tant il nous éclairait avec ses mots sombres. On avait encore à apprendre de lui et de sa poésie, qui alliait l’intime à l’universel. En parlant de l’amour, de la mort, de la sensualité, des imperfections de l’homme, de Dieu et des femmes, il nous atteignait tous, peu importe notre âge et notre coin de pays. En parlant de lui, il parle à tous, avec lucidité, ironie et tendresse, des errances humaines, des plaisirs comme des deuils.

Plus il vieillissait, plus sa voix atteignait des profondeurs bouleversantes et plus on l’aimait. On en aurait d’ailleurs pris plus, de cette voix rocailleuse des dernières années. Il s’était remis à fumer, encore une fois. Petit vice d’un homme vertueux.

En cette époque trouble et individualiste, il y a peu de place pour la vraie douceur, la profondeur et la gravité des questions existentielles. Leonard Cohen, avec une absence totale de colère, aura été comme un baume pour ses fans contre la dureté du monde, sans s’empêcher de poser un regard critique sur celui-ci.

Bird on the Wire, Hallelujah, Famous Blue Raincoat, Chelsea Hotel, Everybody Knows, Dance Me to the End of Love… Ce ne sont que quelques-unes des incontournables de Cohen dont il émane un réconfort assuré. Chez cet amoureux de la langue anglaise et des femmes, même la sexualité prend l’allure d’une prière. Et que serait le son Cohen sans le chœur des femmes?

Parcours d'un homme de quêtes

Même s’il a publie son premier recueil à 22 ans, il lui faudra 10 ans avant de mettre sa poésie en musique. Songs of Leonard Cohen, premier disque folk dépouillé réalisé par Bob Johnston, est devenu un album culte louangé par Joni Mitchell, Bob Dylan et Joan Baez. La poésie de Cohen épate aussi par son économie de mots.


Dans les années 70, il s’est laissé aller à une gradation musicale avec le pianiste John Lissauer, pour ensuite laisser Phil Spector appliquer son fameux « mur du son » à l’album Death of a Ladies’ Man.

En 1994, à la recherche de paix, Cohen s’est retiré dans un monastère bouddhiste pour un long séjour qui a atténué enfin le sentiment dépressif qui l’habitait. Il a fait son retour sur disque avec Ten New Songs en 2001, avec sa complice de longue date, Sharon Robinson.



Volé par son ancienne gérante Kelley Lynch, il a repris les tournées en 2005. Le malheur des uns fait le bonheur des autres : le public était ravi de le retrouver.

Il y avait un hédonisme chez cet homme, qui portait un manteau de mélancolie. Il a cherché Dieu, mais pas les éloges ni les projecteurs. Il s’alimentait à d’autres lumières.

Dans ses dernières années, il est remonté jusqu’aux souvenirs d’enfance et a évoqué sa propre mort. Le poète a aussi été très généreux et nous en avons bien profité : trois disques en cinq ans (avec une gravité accentuée chaque fois pour culminer avec You Want It Darker) et deux tournées internationales.

Beau jusqu’à la fin et d’une élégance rare, Leonard Cohen fait maintenant partie de ceux qui ne viendront plus. On s’en désole encore. Peut-être, en plus d’écouter sa musique, aurons-nous envie de lever notre regard et de nous élever l’âme un peu, pour chercher une brèche quelque part, et la trouver.
En toute chose, si vous êtes chanceux.

Écoutez notre webradio Hommage à Leonard Cohen

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