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Le heavy métal rend-il con?
Par
François Lemay

Date de publication

23 oct. 2017

Genre

Le heavy métal rend-il con? Ce n’est pas moi qui demande, bien évidemment. Jamais je n’oserais y aller d’une telle supposition. Non, c’est plutôt une étude en neuropsychologie, qui sera publiée dans un numéro à venir du magazine scientifique Neuroreport, qui lance cette affirmation : il est possible d’observer, chez les amateurs de heavy métal, un trouble dans les processus mentaux reliés au comportement et aux émotions. Autrement dit, ceux qui aiment la musique de ce genre auraient des difficultés à gérer leurs émotions et certains comportements, contrairement aux amateurs de musique classique, à qui ils sont comparés dans cette recherche.

Pour la méthodologie, on a interrogé 71 jeunes adultes, à qui l’on a demandé de répondre à un questionnaire afin de déterminer leur préférence musicale principale. On leur a demandé, entre autres, s’ils se considéraient comme des « amoureux de musique métal » ou comme des « amoureux de classique ». Les chercheurs leur ont fait passer un examen tomodensitométrique (scan), en leur demandant de ne penser à rien (dans la mesure du possible), et ils ont mesuré comment les différentes parties du cerveau communiquaient entre elles.

On a ensuite comparé les résultats entre ceux qui avaient répondu, dans le questionnaire, aimer le heavy métal et ceux qui aimaient la musique classique. Les différences remarquées? En gros, certaines parties du cerveau fonctionnent moins bien si l’on aime écouter des vieux disques de Metallica, alors que le cerveau de ceux qui apprécient la musique de Beethoven fonctionne mieux.
Chez les amateurs de musique classique, on aurait plutôt interprété les résultats en fonction de l’effet Mozart, qui augmenterait, entre autres, le raisonnement spatio-temporel et le quotient intellectuel.

Quewoi?

Évidemment, l’étude a été aussitôt démolie par d’autres chercheurs, qui notent des problèmes dans la méthodologie (quel est le contexte socio-économique des participants, par exemple) et dans l’interprétation des résultats (les parties du cerveau étudiées ont tellement de fonctions différentes que cela ne peut mener qu’à des généralisations vagues et floues).

L’autre problème vient de l’utilisation du fameux effet Mozart qui démontrerait que les amateurs de musique classique sont (généralisons nous aussi) plus intelligents. Il a été démontré que cet effet n’existe tout simplement pas.

Popularisé à la fin des années 90 par Don G. Campbell à partir d’une théorie élaborée par un oto-rhino-laryngologiste français, Alfred Tomatis, cet effet a été à la mode quelques années, au point où un État américain a même suggéré d’offrir un album de Mozart à la tous les nouveau-nés.

Or, il a été démontré, en 2013 à l’Université Harvard, qu’il n’y avait aucun effet direct entre l’écoute de la musique classique et l’augmentation des capacités intellectuelles.

On peut donc grandement douter de la conclusion de cette étude qui dit que les amateurs de heavy métal ont des facultés cérébrales diminuées.

Par contre, j’aimerais parler de la réaction que vous avez eue (et de la mienne), à la lecture du titre de cet article!


Le besoin d’appartenir à une tribu musicale

Si vous détestez le heavy métal, il y a de bonnes chances que vous ayez réagi, en lisant que le heavy métal rendait con, en vous disant que c’était bien vrai et qu’enfin, on prouverait à quel point les amateurs de cette musique sont nonos! Alors que si vous avez, chez vous, la discographie complète de Slayer, vous vous êtes probablement dit que c’était de la foutaise.

Pourquoi? Parce que, parmi toutes les raisons pour lesquelles l’être humain écoute de la musique (et il y en a beaucoup), il y a la thèse identitaire : l’écoute d’un certain genre de musique permet de se forger une identité en démontrant son appartenance à un groupe.

On sait que la musique permet, d’ailleurs, de synchroniser les émotions des individus qui partagent les mêmes goûts musicaux lorsqu’ils en font une expérience commune. Comme les chasseurs, qui dans la caverne avant de partir tuer un mammouth pour le souper, chantent ensemble des chants de guerre. Souvenez-vous de l’émotion que vous avez ressentie la dernière fois que vous avez assisté à un concert à grand déploiement : l’impression de partager un moment particulièrement fort, en communion avec des milliers de personnes. La bière Heineken a d’ailleurs utilisé cet effet dans une de ses publicités, devenue virale, l’année dernière.

C’est pourquoi il est normal de défendre de manière émotive les choix musicaux que nous faisons. Lorsque quelqu’un s’attaque à la musique que nous aimons (ouache, t’aimes ça, Queen? C’est vraiment poche!), il s’attaque à une partie de notre identité, à nos souvenirs et à notre nostalgie, des sphères qui nous sont très personnelles. Et il semblerait que les chercheurs ne soient pas, malheureusement, à l’abri de certains préjugés musicaux.

En prime : comme le dernier extrait YouTube vous a probablement donné envie d’écouter Bohemian Rhapsody, aussi bien regarder la version enregistrée à Montréal en 1981!

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