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12 femmes de la musique du monde qu’il faut absolument connaître

Par Mélanie Brunelle et Claudia Beaumont

Parce que c’est un pur bonheur que de faire des découvertes musicales, mais aussi parce qu’il est toujours pertinent et primordial de souligner des parcours uniques en musique, nous vous présentons 12 femmes d’exception provenant de partout dans le monde et qui ont, à travers leur si belle musique, brisé des codes et pris la parole pour faire évoluer les choses vers un monde meilleur, plus juste et plus respectueux. Qu’elles soient chanteuses, compositrices, musiciennes ou même productrices, ces femmes aux destins extraordinaires ont fait front commun et ont marqué l’histoire de façon remarquable.

Dans cette liste : Fatoumata Diawara, Anoushka Shankar, Calypso Rose, Sonia Pottinger, Malouma, Concha Buika, Lila Downs, Miriam Makeba, Mercedes Sosa, Angélique Kidjo, Eekwol et Cesaria Evora...

Fatoumata Diawara : la nouvelle grande voix féminine d'Afrique

Son immense talent, sa voix exceptionnelle et sa présence ensorcelante en font l’une des étoiles les plus scintillantes des dernières années en musique du monde. Native du Mali, Fatoumata a d’abord été collaboratrice au sein de collectifs inspirés comme Africa Express de Damon Albarn (Blur, Gorillaz) et pour l’album Lamomali de Matthieu Chedid, et elle s’est également fait remarquer comme actrice au cinéma (Timbuktu, Kirikou et Karaba). Avec deux albums à son actif, dont l’excellent Fenfo, Fatoumata défend un son africain moderne respectant la tradition et l’entremêlant avec des styles contemporains. Militante, elle s’engage à travers son art pour la défense des droits de la personne et de valeurs primordiales comme l’amour, le respect et l’esprit de famille. La cause des migrants lui tient particulièrement à cœur. C’est une femme inspirante et brillante, dans tous les sens du terme.

Fatoumata sera en spectacle au Canada la semaine prochaine : le 2 avril à Montréal, le 3 avril à Québec et le 4 avril à Toronto. Une prestation à voir absolument.

Vidéo : Fatoumata chante Nterini

 

Anoushka Shankar : innover en respectant les traditions

Anoushka Shankar est une compositrice et musicienne douée et mondialement reconnue, son instrument étant le sitar. Elle a été l’élève de son père, le célèbre gourou Ravi Shankar, dès l’âge de 9 ans, et elle s’est produite sur scène pour la première fois à New Delhi lorsqu’elle avait 13 ans. Elle a enregistré neuf albums et a également collaboré avec des artistes d’exception tels que Nina Simone, Herbie Hancock, Peter Gabriel, et même Madonna.

Récemment, elle est devenue l’une des cinq compositrices dont l’œuvre a été ajoutée au syllabus des hautes études en musique au sein de prestigieuses universités en Angleterre. Elle est aussi la première artiste indienne à avoir livré une prestation à la cérémonie des Grammy (2006). Anoushka est également la porte-parole du Programme alimentaire mondial des Nations unies en Inde.

Anoushka Shankar sera en spectacle ce printemps au Canada : le 26 avril à Calgary, le 27 avril à Vancouver, le 30 avril à Québec, le 2 mai à Toronto, et le 3 mai à Montréal.

Vidéo : Anoushka présente et interprète une pièce phare du répertoire de son père, Ravi Shankar

 

Calypso Rose : grande reine rayonnante et engagée du calypso

Depuis plus de 45 ans, la lumineuse Calypso Rose (Linda McArtha Monica Sandy-Lewis de son vrai nom) est une icône du calypso, cette musique de carnaval cousine du mento jamaïcain. Née en 1940 sur l'île caribéenne de Tobago en République de Trinité-et-Tobago, elle chante le calypso depuis son tout jeune âge, malgré le fait que cette musique caribéenne soit surtout réservée aux hommes. Elle a écrit plus de 800 chansons (20 albums) qui parlent principalement des droits de la personne, d’engagement social et de féminisme. Par sa musique et ses propos, elle a fait changer les choses dans son pays : sa chanson No Madame est un plaidoyer pour les employées de maison qui a permis de changer la loi sur le salaire minimum pour les domestiques à Trinité-et-Tobago en 1974.

Toujours active, elle a fait paraître en 2016 l’album Far From Home, produit par Manu Chao.

Vidéo : Calypso Rose chante Calypso blues

 

Sonia Pottinger : première Jamaïcaine réalisatrice et productrice d'album

Des années 60 jusqu'à la fin des années 80, Sonia Pottinger a surtout travaillé sur des albums de musique reggae, dance hall et dub, notamment avec The Ethiopians, Toots and the Maytals et la grande Phyllis Dillon. Dans un domaine dominé par les hommes, cette femme s'est totalement démarquée par l'excellence de son travail en studio et par son approche honnête, humaine et instinctive. Elle a appris le métier grâce à son mari, qui possédait le premier studio d'enregistrement de musique tenu par un Noir à Kingston (dans la maison familiale!). Lorsque le couple s'est séparé, Sonia a choisi de travailler et de se lancer elle-même dans la réalisation d'albums. À une époque où les musiciens studio étaient rarement payés (ou pas payés du tout – on leur offrait le Coca-Cola et le lunch!), le professionnalisme (car elle, elle payait!) et la vision de Sonia ont imposé le respect.

Vidéo : Un pot-pourri des grands classiques reggae qu’a produits la fascinante Sonia Pottinger

 

Malouma : la chanteuse du peuple mauritanien

Vous en connaissez beaucoup, vous, des chanteuses engagées au point de faire le saut dans l’arène politique? C’est le cas de Malouma, première auteure-compositrice-interprète élue au Sénat mauritanien en 2007, qui fait montre d’un engagement hors du commun dans ses combats pour l’égalité des genres, l’environnement et la culture. Elle a reçu le prix Femme courageuse de l’année 2015 des mains de l’ambassadeur américain Larry André, le 20 janvier 2016.

Vidéo : portrait de Malouma

 

Concha Buika : la perle noire du flamenco

Son vrai nom est Maria Concepción Balboa Buika. Espagnole d’origine équato-guinéenne (ses parents ont fui la dictature de Francisco Macías Nguema), Concha Buika a appris le chant très jeune, avec les gitans de Majorque. La classification des styles musicaux est une réalité étrangère à la grande voyageuse; celle-ci se démarque autant dans le jazz, le blues, les chants africains et même la chanson pop. Or, c’est le flamenco qui lui colle à la peau et qui a révélé au monde entier son chant bouleversant, notamment grâce au film de son ami Almodovar : La piel que habito. Dans une entrevue accordée à NPR, la chanteuse confie que le secret de sa voix réside avant tout dans sa quête insatiable de liberté, la liberté politique héritée de ses parents, mais aussi la liberté émotionnelle, psychologique et sexuelle. Pour lire l’entrevue.

Vidéo : Concha Buika chante En mi piel

 

Cesaria Evora : la diva aux pieds nus

La célèbre chanteuse du Cap-Vert avait l’habitude de chanter pieds nus, pour témoigner de son soutien aux sans-abri, femmes et enfants pauvres du pays. D’où son surnom de diva aux pieds nus. Reconnue pour avoir popularisé la morna et la coladeira, des musiques cap-verdiennes qu’elle a portées fièrement aux quatre coins du monde, Cesaria nous a offert un chant doté d'une force de caractère remarquable et d'un grand amour de la vie, malgré la solitude et les blessures subies. Certains diront que sa voix avait le don de transformer l’adversité en triomphe, la laideur en beauté. C’était un talent exceptionnel célébré tardivement – elle a été reconnue mondialement à 50 ans – et couronné d’un Grammy en 2004 (album Voz d’amor). Elle est décédée le 17 décembre 2011, à 70 ans.

Vidéo : Cesaria Evora chante Sodade

 

Lila Downs : la Mexicaine flamboyante et engagée

À la fois chanteuse, productrice, actrice et chercheuse dans les domaines de l’ethnologie et de l’anthologie – ses travaux traitent des questions de culture et d’identité des peuples indigènes –, Lila Downs possède une signature musicale originale, qui mélange la cumbia, le jazz, le hip-hop et le rock. Un spectacle de Lila Downs est à fois exubérant, coloré, sensuel et quelque peu enragé, selon les thèmes des chansons (émigration, racisme, exploitation de son peuple). Or, la cause qui la fait crier plus fort, c’est celle des enfants, plus précisément ceux qui sont exploités dans les maquiladoras. Installées le long de la frontière mexicaine, ces usines bénéficient d’une exonération des droits de douane et emploient en majorité une main-d’œuvre bon marché, composée essentiellement de femmes et d’enfants.

Vidéo : Zapata se queda par Lila Downs

 

Miriam Makeba : Mama Africa

Figure d’espoir et de paix en Afrique, Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama, de son vrai nom, n’a jamais hésité à mettre son art au service de son peuple afin de dénoncer le régime de l’Apartheid, quitte à être condamnée à l’exil des décennies durant, et même à se retrouver dans la mire du FBI. L’auteure de Pata Pata n’est revenue en Afrique du Sud qu’à la libération de Nelson Mandela, en 1990. Elle est morte le 10 novembre 2008 en Italie, à 76 ans.

Vidéo : l'imparable Pata pata 

 

Mercedes Sosa : la voix de l’Amérique latine

Comme Miriam Makeba, celle que l’on appelait « la voz de Latinoamerica » a aussi payé par l’exil ses engagements politiques. Ce qui ne l’a pas empêchée, toutefois, de poser sa belle voix de contralto sur tous les continents et de vendre des millions de disques. En intégrant le mouvement Nuevo Cancionero, l’icône latino-américaine a démontré qu’il était possible d’adapter le folklore musical a priori immuable aux volontés politiques de son peuple. Autrement dit, de détourner sa poésie du passé vers les intérêts du présent. Elle est décédée le 4 octobre 2009, au terme d’une longue maladie.

Vidéo : Gracias a la via

 

Angélique Kidjo : la voix des Africaines

Loquace, débordante d’énergie et dotée d’un humour décapant, la chanteuse béninoise ne laisse personne indifférent. Chaque entrevue avec Angélique Kidjo s’avère un moment médiatique unique au cours duquel on se délecte de son habileté à défendre avec intelligence et ardeur les droits des femmes et des enfants en Afrique, puis à parler candidement de ses engagements avec des poids lourds de la musique (Peter Gabriel, Alicia Keys, Philip Glass, etc.), comme si de rien n’était. La BBC l’a nommée, en 2014, l’une des 50 personnalités qui comptent le plus pour l’Afrique et The Guardian l’a incluse dans son palmarès des 100 femmes les plus influentes au monde. Impossible de faire le tour de sa discographie ici, mais nous attirons toutefois votre attention sur Eve, paru en 2014, un album d’une richesse inouïe dédiée aux femmes d’Afrique, visant à célébrer leur beauté et leur résilience. Pour ce faire, elle avait enregistré des chorales traditionnelles au Kenya et au Bénin.

Entrevue : Angélique Kidgo présente Eve

 

Eekwol : une voix amérindienne forte et inspirante

Eekwol ne fait pas dans la musique du monde – elle est rappeuse –, mais nous avons tout de même choisi de l’inclure dans cette courte liste, car, comme celles des sept autres femmes, ses chansons sont revendicatrices et ne visent qu’une chose : propager la réalité de son peuple. Originaire de la réserve autochtone Muskoday, en Saskatchewan, Lindsay Knight, de son vrai nom, se « sert » du rap comme d’une tribune pour sensibiliser son auditoire aux crises vécues dans sa communauté, ainsi qu’à son histoire. Parallèlement à la musique, Eekwol enseigne les études indigènes à l’Université de Saskatchewan et elle est également consultante à la Saskatchewan Arts Board.

Vidéo : Eekwol interprète Too sick


Découvrez d’autres voix exceptionnelles dans la webradio Femmes du monde :

Femmes du monde

Des musiques arabes, africaines, antillaises, sud-américaines, etc. chantées par des femmes talentueuses, engagées et audacieuses. Ces femmes nous racontent l'amour et le quotidien, et sont souvent la voix libre revendiquant le respect de leurs consœurs du monde entier.

Cesaria Evora, Miriam Makeba, Angélique Kidjo, Melina Mercouri, Afrika Mamas, etc.

Cette liste d'écoute aléatoire et gratuite a été préparée avec soin par notre équipe.