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Gilberto Gil : Gilbertos samba

Par
Ralph Boncy

Peut-on se renouveler encore artistiquement à 73 ans? Rester pertinent et trouver des choses à dire, même harmoniquement, sur le répertoire de Jobim ou de Dori Caymmi que tout le monde -après Joao- a joué à toute les sauces depuis plus d’un demi-siècle? Voilà un pari que le célèbre chanteur et guitariste Gilberto Gil relève avec une vivacité, une passion contagieuse, bref, avec une aisance absolument déconcertante.

Accompagné presque uniquement de son fils Bem, et du fils de son éternel copain Caetano, Moreno Veloso, Gil n’a de comptes à rendre à personne. Inutile alors d’essayer d’expliquer sa maestria. Ni de justifier le choix d’un titre ou d’un autre sur cet opus où tout coule de source. Pas de cours magistral, ni de relecture fastidieuse, qui ferait de cet objet un album bilan quelque peu prétentieux. Non. Gil carbure encore au feeling et à la simplicité. Comme toujours. Comme avant, dans les années 1960.

Et une webradio:

Sidney Bechet, Kermit Ruffins, Preservation Hall Jazz Band, Dixieband

Sauf qu’après avoir enregistré une cinquantaine d’albums, après avoir révolutionné la musique de son pays avec le mouvement « tropicaliste », après avoir servi cinq ans comme conseiller municipal dans son Salvador natal et cinq ans comme ministre de la Culture sous le gouvernement du président Lula, Gil a bien le droit de rechanter son Eu vim da Bahia ( « Je viens de Bahia ») avec les harmonieuses dissonances qu’il veut.

Avec un accordéon, une flûte ou un violon, une caisse claire et du papier sablé en guise de percussion, avec un enregistreur analogue, comme au bon vieux temps, on peut encore faire O pato (le canard) ou Desafinado (désaccordé) et faire, plus que jamais, de l’excellente musique.