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Piers Faccini et Vincent Segal : amis chemins

Par
Ralph Boncy

S’ils ont choisi de nommer ce premier tête à tête « chansons du temps perdu » ce n’est pas parce qu’ils ne se sont pas vus ou n’ont rien fait depuis 25 ans. La rencontre magique s’est produite dans un party parisien un peu raté, à la fin des années 80, lorsqu’ils ont faussé compagnie à leurs hôtes pour aller « jammer » chez Vincent. Un déclic.

Entre deux tournées aux antipodes et deux projets conjoints, ces grands amis se sont donc retrouvés souvent. Surtout dans les Cévennes, chez Piers, dans le Sud de la France. Pour le plaisir. C’est là d’ailleurs que l’Italien (Faccini) a présenté au Français (Segal), le Malien Ballaké Cissokho. Encore un déclic. Ces deux derniers ont fait des albums de musique instrumentale ensemble pour No Format, l’étiquette marginale de Laurent Bizot.

Il faut partir à point

Cette fois c’est à un duo épuré que nous avons droit, guitare et violoncelle avec, bien sûr, la belle voix grave de Piers, celui que le magazine culturel Les Inrockptibles a baptisé « le musicien en or ». Une vieille chanson italienne, une autre plus récente de l’île de la Réunion, un blues de Segal, une valse country; je ne tenterai même pas de vous décrire que l’on entend ici. Avec des arrangements qui semblent avoir été improvisés, l’album présente un genre de folk intemporel et sans frontière où tout n’est que proximité, émotion et, osons le mot, humanité.

À l’image de la délicate The closing of your eyes dont la mélodie aura attendu 17 ans avant d’épouser les paroles qui lui font, Piers et Vincent ont bien pris leur temps pour trier l’essentiel et nous offrir ce joyau fragile. Comme quoi « rien ne sert de courir ». N’est-ce pas?