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Willows : Geneviève Toupin chante Bill Murray, Paris et la rivière qui gronde

Par
Ralph Boncy

« Comment chanter la lumière ? »

Le disque de Willows commence par cette question cruciale. Et tout au long de ces 11 nouvelles chansons surgissent des références à la grande nature. L’orage et la glaise, la glace qui craque et la rivière qui gronde, l’ouragan et le courant, les grands oiseaux protecteurs…

Dans le livret de la pochette, on lit cette phrase : « Cet album a été joué et chanté live au studio Masterkut, à Montréal, en mai 2014 avec BGeneviève Toupin, Émilie Proulx, Benoit Morier, Marianne Houle (violoncelle) et Pascal Racine-Venne (batterie et percussions). » Voilà qui explique clairement ce souffle, cette respiration, bref, cette dynamique interactive qui persiste même après qu’on a rajouté les chœurs, les cordes et la guitare rock d’André Papanicolaou. Persiste aussi l’âme de la musique autochtone, bien présente en filigrane dans la majorité des chansons à travers les rythmiques, les inflexions vocales et les paroles aussi :


J’entends battre le cœur du monde

J’entends les anciens chanter


Anglais-français


Willows se remémore les nuits étoilées de son enfance au village avec son père, elle implore la force mystique de l’oiseau tonnerre et évoque avec humour le personnage incarné par l’acteur américain Bill Murray dans le film Le jour de la marmotte.


Sa voix légèrement enrouée, mais jamais aguichante, se marie parfaitement à celle de la chanteuse folk Émilie Proulx, qui arrange et réalise l’album « au feeling », c’est-à-dire en en préservant toute l’intimité.


Contrairement à son précédent album, The ocean picture project, Geneviève a choisi cette fois l’expression francophone. Rien que des chansons originales et toutes en français malgré des titres comme Valley of fire ou Stardust motel. On roule clairement vers le Sud-Ouest des États-Unis et sur des routes mythiques comme dans Je t’emmènerai. Mais une visite dans la capitale française, relatée dans Paris chante, a l’effet d’une révélation. C’est là que la chanteuse et pianiste croise le fantôme de Gabrielle Roy, son héroïne.


Et je redécouvre la musique des mots

Sur le coin d’une rue Comme la Deschambault

Paris chante et je reconnais l’air

Dans la langue de ma mère


Après une escapade à Los Angeles et la websérie La tournée des cafés, puis l’aventure du sublime spectacle Danse Lhasa, danse, qui lui fait voir le Canada de fond en comble, Geneviève, alias Willows (du nom d’un village manitobain), est de retour au Québec, et cette fois pour de bon. Car ce qu’on prend, hélas!, pour de l’errance chez certains artistes est parfois juste le chemin logique, avec le temps que cela prend, pour assembler toutes les pièces de leur puzzle identitaire. Comme Geneviève le chante dans son clip : Tout ça passera. Elle a fini par trouver sa route, son identité, sa lumière.


Bravo pour ça!