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Se souvenir de Count Basie (1904-1984)

Par
Ariane Cipriani

Pianiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre, Count Basie est avant tout un homme de rythme. Musicien d’une élégance rare, il a le doigté souple et joue avec une économie de notes pour un maximum d’effet.

William Basie naît le 21 août 1904 à Red Bank, dans le New Jersey. Dans une Amérique pauvre et raciste, il gagne sa vie en accompagnant les films muets et les acrobates des vaudevilles dans les cabarets. Installé dans le quartier de Harlem, à New York, il fait la rencontre déterminante de Fats Waller, qui lui enseigne les rudiments de l’orgue, ce qui rehaussera son style pianistique.


Count Basie and his Orchestra en concert (1965):

Le Count Basie Orchestra

Basie prend la direction de l’orchestre de Bennie Moten à la mort de ce dernier, en 1935, orchestre qui deviendra le fameux Count Basie Orchestra. Il connaîtra plusieurs variations (de 9 à 50 musiciens). Lester Young, Buck Clayton, Jimmy Rushing et Billie Holiday y feront, entre autres, des passages remarqués.

Comment William est devenu Count
En 1935, en résidence avec son orchestre au Reno Club, à Kansas City, l’annonceur présente le chef d’orchestre sous le nom de Count (« comte ») Basie, pour faire suite au duc, Duke Ellington, et au baron, Earl Hines. Et c’est ce qui attire l’attention du découvreur de talents John Hammond, qui va aider l’orchestre à faire ses premiers enregistrements.


Un premier disque sera enregistré à Chicago avec Decca en 1937. L’orchestre brille, malgré les mauvaises conditions de travail et la discrimination raciale sévissant à l’époque. De ville en ville, il fait danser les bien nantis et se taille une solide réputation grâce à sa prodigieuse section rythmique. Count Basie élargit le son de l’orchestre en amplifiant les cuivres et accorde une grande place aux solistes.

L’orchestre connaît l’âge d’or de la radio américaine, qui peut, dans les années 1940, atteindre 90 millions d’auditeurs. Count Basie est plus que le roi du swing, il est aussi le roi du palmarès.

L'indicatif musical de l'orchestre, One o’clock jump, une composition originale de Count Basie:

Pendant la Deuxième Guerre mondiale : le V disc
Le 1er août 1942, la Fédération américaine des musiciens déclenche une grève pour obtenir des redevances. Mais le gouvernement, en pleine Deuxième Guerre mondiale, recherche un moyen pour soutenir le moral de ses troupes. L’armée américaine va dépenser 1 million de dollars pour produire les V discs (Victory Discs, les « disques de la victoire ») qui seront envoyés au front. Il y aura plus de 900 enregistrements. 

En raison de la grève, ces pièces ne seront pas diffusées aux États-Unis. Les grands orchestres, les musiciens et les solistes de l’époque ont tous joué sur des V discs, notamment Count Basie, qui en a enregistré deux en 1943 et en 1944. Les matrices ont été détruites, mais certains contenus ont été réédités par la suite. Le Congrès américain en détient l’intégralité.


Lorsque le rock and roll arrive

Avec l’arrivée du rock and roll dans les années 1950, le swing n’est plus en vogue. Count Basie, résilient, trouvera néanmoins le moyen de faire danser les gens et de faire des tournées internationales avec son orchestre, sur des bateaux de croisière ou en résidence à Las Vegas. Il fera ensuite la part belle aux vocalistes, comme Ella Fitzgerald, Bing Crosby et Frank Sinatra, qui confiera à Quincy Jones les arrangements de l’album It might as well be swing (1964).

Il continuera de faire des tournées et d’enregistrer dans les années 1970. Étonnamment, c’est vers la fin de sa vie qu’il se laissera aller avec brio à l’improvisation. Il dirigera son big band jusqu’à sa mort, en 1984.

L’apport de Count Basie est immense, et le plaisir qu’il a apporté aux amoureux du jazz l’est tout autant. Aujourd’hui sous la direction de Scotty Barnhart, l’orchestre poursuit ses activités en son honneur.


Le Count Basie Orchestra avec Joe Williams, Well alright, okay,you win :