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Frans Brüggen : le père moderne de la flûte baroque n'est plus

Par
Frédéric Cardin

Un électron libre

Frans Brüggen : à lui seul, ce nom évoque quantité d’images, de musique et de souvenirs. Dans les années 1960, il était un hurluberlu parce qu’il voulait faire carrière en tant que virtuose de la flûte à bec, un instrument que personne ne jouait plus. Qui plus est, il voulait le faire dans un répertoire qui demeurait encore largement oublié, la musique baroque.

Quand un orchestre symphonique invitait Frans Brüggen, c’était pour profiter de la minutie de son travail de recherche sur la signification des signes musicaux, et de l’ampleur de sa réflexion sur l’interprétation. Françoise Davoine a eu la chance de le rencontrer en février 1995 lorsqu’il est venu travailler des oeuvres de Beethoven avec l’OSM. En entrevue, il expose avec beaucoup de clarté les idées rigoureuses qu’il met au service d’un objectif bien précis : nouveauté, surprise, choc!

Françoise Davoine s'entretient avec Frans Brüggen

entrevue

Audio

Frans Brüggen interprète la Fantaisie no.3 pour flûte solo en 1967 :

 

 

 

Non seulement il a réussi à vivre de sa flûte, mais, ce faisant, il a contribué à la redécouverte de la musique des 16e et 17e siècles, participant ainsi à ce qui est maintenant nommé le « mouvement baroque », un tsunami artistique, et historique, qui a redéfini toute notre vision de la musique classique dans son ensemble, ainsi que notre façon de la jouer et de l’apprécier.

De paria à maître

Frans Brüggen est connu pour avoir fondé en 1981 l'Orchestre du 18e siècle, spécialisé dans la musique de ce siècle et celle du début du 19e, jouée sur des instruments d'époque, ce qui a provoqué les moqueries et les railleries de plusieurs critiques musicaux du moment. En effet, beaucoup de ces derniers ne voyaient pas l’intérêt de la démarche et de la recherche « d’authenticité historique » de Brüggen, et plusieurs ont appelé le Néerlandais et ses amis des « baroqueux », terme péjoratif sous leur plume, mais vite repris par les artistes visés, qui ont finalement vaincu les réticences et même imposé leur vision d'une musique moins ampoulée, sans vibrato ou presque, et avec des tempi plus incisifs. À tel point que ce sont les grands orchestres symphoniques qui doivent aujourd’hui se battre pour convaincre le public qu’ils peuvent jouer adéquatement du Bach ou du Haendel!

Comble de l’injure, les « baroqueux » se sont même mis à jouer le grandiose Beethoven il y a quelques années, en y apportant un soupçon de fraîcheur inattendu.

 

Brüggen dirige l’Orchestre du 18e siècle dans la Symphonie no.5 de Beethoven :

 

Restez à l’affût sur les ondes d’ICI Musique, car les Soirées classiques  présenteront un hommage à cet artiste unique le jeudi 14 août à 20h.

 

Frédéric Cardin


Crédit photo : Annelies van der Vegt