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Ce que cherche  Anne-Marie Trahan? La justice, La musique, La beauté

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Sylvia L'Écuyer

Juge pendant plusieurs années à la Cour supérieure du Québec, maître Trahan m’a confié qu’elle avait pris sa retraite récemment pour disposer de plus de temps pour aller à l’opéra. Cela dit, comme toujours dans le cas des passionnés, le mot retraite ne signifie pas inaction : son amour et sa dévotion pour la justice restent tout aussi vifs que son respect et sa ferveur pour la musique. La retraite n’a fait que lui permettre de multiplier et de diversifier ses activités.


On aurait pu causer pendant des heures tandis qu’elle évoquait ses souvenirs d’enfance et ne tarissait pas sur ses projets. Pour l’enfance, les souvenirs musicaux remontent fort loin puisqu’elle a été présentée solennellement aux amis de la famille qu’étaient Wilfrid Pelletier et son épouse, la cantatrice Rose Brampton, à l’âge de 2 mois! Quant aux projets, sans parler des voyages qui ont presque toujours une destination lyrique, elle participe dans quelques jours à un congrès qui se déroule à Montréal et dont le nom seul fait rêver : « Et si la beauté pouvait sauver le monde… ». La phrase est empruntée à Dostoïevski, et Anne-Marie Trahan l’a faite sienne. Engagée dans diverses causes caritatives : droit des enfants, droit des réfugiés, soutien aux jeunes artistes, elle ne rate pas un concert de l’Atelier lyrique, une production de l’Opéra de Montréal, un récital lyrique.


Invitée à choisir un opéra préféré, elle en choisit trois : Don Carlo, pour le conflit entre la raison d’État et les attachements amoureux, pour les idéaux de liberté de Don Carlo et de son ami le marquis de Posa, Carmen, pour l’image de cette femme libérée qui veut mener sa vie comme les hommes mènent la leur, et Fidelio, l’opéra de la fidélité, celui où Beethoven exprime lui aussi ses idéaux de liberté et de fraternité. Mais pour Fidelio, ajoute-t-elle, c’est la musique qui dit tout. C’est donc l’opéra qu’on entendra ensemble cette semaine, enregistré à Verbier, le 26 juillet dernier.