Chargement en cours

avec   ·   par
avec   ·   par
En chargement...
Erreur de chargement.

Christian Blackshaw : une révélation du piano classique… à 65 ans!

Par
Frédéric Cardin

On a qualifié son jeu de « luminescent », d’« ahurissant » ou encore de « trésor de raffinement ». Mais Christian Blackshaw, né en 1949 dans le Cheshire en Angleterre (comme le chat de Lewis Carroll dans son Alice au pays des merveilles), est-il véritablement si bon? L’enregistrement qui nous parvient de ses performances au Wigmore Hall de Londres (sous l’étiquette éponyme créée par la vénérable institution elle-même) jette une lumière effectivement favorable sur les qualités du monsieur.

Son jeu est remarquablement leste et détendu, sans jamais sacrifier l’énergie viscérale (mais contrôlée) nécessaire à la musique de Mozart. Les notes s’égouttent une à une comme des perles de pluie scintillantes (c’est Brel qui aurait aimé la formule!).

Les festivaliers du Centre d’art Orford ont pu juger par eux-mêmes, car Christian Blackshaw y a présenté un récital tout Mozart, le 26 juillet, lors de son passage dans cette région.

Cela dit, les échos d’Europe nous apprennent que si Blackshaw est exceptionnel dans Mozart, il est aussi très bon dans Beethoven et Schubert.

Mais la question qui demeure est la suivante : où était Christian Blackshaw pendant toutes ces années?

L'incroyable histoire du pianiste qui préféra ses enfants à sa carrière

C’est là le côté fascinant de l’histoire, qui plus est sans maladie mentale ni autre syndrome schizophrénique. En 1990, à l’aube de la quarantaine et d’un dévoilement professionnel certes tardif mais tout à fait normal, Blackshaw perd sa femme, atteinte d’un cancer. Soudainement père d’une famille monoparentale de trois jeunes filles, il décide alors de prioriser leur éducation, tout simplement.

Pendant ce temps, il répète constamment dans un petit studio improvisé à l’intérieur d’une cabane en rondin, cachée parmi les arbres d’un boisé situé derrière chez lui. Il donne aussi des concerts, mais dans de petites salles loin des centres médiatiques. Ce n’est qu’en 2009 qu’un critique musical du Financial Times le débusque et révèle au monde ce diamant artistique trop longtemps resté dans l’ombre.

Christian Blackshaw joue le 3e mouvement du Concerto pour piano no.20 de Mozart avec l’Orchestre symphonique de la RAI (Italie) dirigé par Gianandrea Noseda :

   

 

Aujourd’hui, les portes des grandes salles s’ouvrent une à une et les trois fillettes sont des adultes.

Je parie qu’elles adorent leur papa, la nouvelle révélation du piano classique mondial.

 

Frédéric Cardin