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Festival Mémoire et Racines : le haut lieu du trad québécois fête ses 20 ans

Par
Claudia Beaumont

Ce 20e festival Mémoire et Racines rend hommage à ses bâtisseurs – les premiers « bottiniens » que sont Yves Lambert, André Marchand, Mario Forest, Martin Racine et Daniel Roy – en les invitant sur scène le temps de deux spectacles. L’époque qu’on ramènera dans le présent : celle de l’album Chick and swell (1982).

Pour nous parler du retour de La « vieille » Bottine Souriante, et tandis qu’on y est, de l’état du trad d’ici, nous donnons la parole à Cédric Champagne, président de Mémoire et Racines et fervent représentant de notre patrimoine vivant (en insistant sur le mot « vivant »).

Écoutez notre webradio Trad d’ici 

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La Bottine Souriante – première époque – va se réunir le temps de deux spectacles, pour le 20e anniversaire du festival Mémoire et Racines. Combien de temps cela a-t-il pris pour les convaincre? « On n’a pas eu vraiment à les convaincre, c’est plutôt l’idée qui a mis du temps à faire son chemin! Il en était déjà question la 18e année; les membres étaient d’accord pour faire revivre la « vieille Bottine », surtout si c’était pour Mémoire et Racines – festival auquel ils ont commencé à rêver en 1982 (d’où leur retour avec Chick and swell), en s’inspirant des festivals folk canadiens et américains. Ces festivités-là n’existaient pas ici. Et puis, c’était aussi l’époque de l’après-référendum, la grande modernisation ne laissait plus beaucoup de place à la tradition… Il était donc primordial, pour ces musiciens, que la musique traditionnelle fasse partie du paysage festif québécois, et pas juste à Noël. Finalement, le festival est né l’année du deuxième référendum, en 1995. » 


Vidéo : Nos braves habitants de La Bolduc, reprise par La Bottine Souriante (album Chick and Swell) :


Comme il n'y a pas de meilleurs observateurs de la scène trad que vous, selon vous, qu'est-ce qu'on entend aujourd'hui, et qu'on n’entendait pas au temps de la Bottine, version 1982?
« D’abord, en 1982, il n’y avait pratiquement qu’une seule formation de musique traditionnelle qui pouvait se vanter d’enregistrer, et c’était La Bottine Souriante. À l’époque, la plupart des musiciens traditionnels étaient autodidactes. Ils apprenaient un répertoire transmis par leurs proches, souvent un parent musicien. Puis, à partir des années 1990, il y a eu une foison de groupes traditionnels, parmi lesquels on trouvait des musiciens professionnels qui sortaient de l’Université! On n’avait jamais vu ça; certains musiciens venaient de la musique classique (pensons à Olivier Demers – Le Vent du Nord), ou du jazz (Olivier Rondeau – Yves Lambert Trio).  Aujourd’hui, on peut donc dire que le trad est plus ouvert que jamais – mondialisation culturelle oblige – aux autres formes d’expressions musicales, dont celles du monde. »


Comme pour le jazz : il y a les standards et les nouvelles compositions...
« Exactement. Il y a beaucoup de parallèles à faire entre le jazz et le trad, selon moi : deux genres musicaux dotés d’un sacré répertoire qui émergent de la diversité et de la transmission. Des musiques qui évoluent sans cesse, au fil de leurs rencontres artistiques. »


Qui dit Mémoire et Racines dit aussi transmission. Quels sont les moyens employés pour stimuler l'intérêt du public?
« D’abord, le festival n’a pas la volonté de grossir. La formule est déjà parfaite : une scène principale, des petites scènes acoustiques sur lesquelles se produisent plusieurs artistes en même temps, une rivière dans laquelle les gens peuvent se baigner entre un atelier de cordes et une découverte musicale… Il n’y a pas plus rassembleur! En fait, nous souhaitons nous démarquer en restant ce que nous sommes.  Puis, il faut aussi dire qu’il y a un intérêt grandissant pour les spectacles de musique trad, qui offrent une expérience collective unique. Impossible de rester de glace quand les musiciens se mettent à jouer, parce que ça ne sonne pas faux. On ne peut pas être faux quand il est question de notre culture, de nos fondations. »


Qui dit Mémoire et Racines dit aussi découvertes. Qui sont les artistes à surveiller cette année – vos gros coups de cœur?

-          Les Poules à Colin : quatre filles et un gars, nommé Colin Savoie-Levac. Le groupe a gagné le concours Young Tradition au Vermont en 2009, et les membres bossent sur un deuxième disque, qu’ils présenteront au festival. »

-          Notre-Dame de Grass : une grande découverte. Une formation bluegrass typique, formée de cinq excellents musiciens montréalais (Matt Large, Guy Donis, Joe Grass, Josh Zubot et Andrew Horton). Ils vont présenter leur dernier disque : Thats how the music begins.

-          Le Bruit Court dans la Ville : un groupe formé d’André Marchand (La Bottine Souriante, Les Charbonniers de l’enfer), de Normand Miron (Les Charbonniers de l’enfer) et de Lisa Ornstein (violoniste virtuose et première femme de La Bottine Souriante). La fabuleuse rencontre des légendes de la scène musicale traditionnelle québécoise.

 

En complément :

Entrevue avec Yves Lambert et André Marchand à l’émission PM