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Serge Reggiani : 10e anniversaire de sa mort

Par
Catherine Pépin

Reggiani a 43 ans, et son timbre de voix frémissant servira dès lors les plus grands auteurs et compositeurs : Boris Vian, Georges Moustaki, Serge Gainsbourg, Michel Legrand, Claude Lemesle. Lui-même n’a jamais écrit ou composé, mais quand il chante L’Italien, Sarah ou Ma liberté, il y met tant d’âme qu’on oublie que ces chefs-d’œuvre ne sont pas de lui. D’ailleurs, ne dit-on pas à propos de la chanson Il suffirait de presque rien, par exemple, qu’elle est de Reggiani? Isabelle Boulay, pour notre grand plaisir, reprend elle aussi les chansons de Reggiani. Soutenu et encouragé par de bonnes fées tout au long de sa carrière tardive, conseillé par madame Nostalgie elle-même, la grande Barbara, il combattra avec courage un trac qui le paralysait et travaillera avec acharnement pour donner le meilleur dans ce métier neuf qu’il embrassera avec tant de modestie.
À la fin des années 1960, Anne Sylvestre lui offre une chanson, La maumariée, interprétée de sa voix blessée comme une longue plainte. J’ai retrouvé dans les archives de Radio-Canada une entrevue dans laquelle Anne Sylvestre résume avec respect toute la démarche de Reggiani : « Serge Reggiani a abordé la chanson avec une humilité terrible. Je trouve admirable la façon dont il a pris ça au départ. C’est un tour de force. »

Serge Reggiani se mettra au service de la chanson dans l’économie du geste avec son instinct de comédien. C’est ce qui façonne les grands interprètes. C’est ce qui fait d’eux des immortels.

Ne manquez pas l’émission Le temps d’une chanson le samedi 26 juillet (en rappel le mercredi 30 juillet) consacrée en partie à la carrière de Serge Reggiani, en archives et en chansons.