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Un week-end de sueurs froides avec Hitchcock

Par
Claudia Beaumont

Surnommé « le maître du suspense », Alfred Hitchcok (1899-1980) manipule comme nul autre la subjectivité de son public en ayant recours à la psychologie et à la psychanalyse, ainsi qu’à une série de trucs visuels et techniques, parmi lesquels la musique occupe un rôle essentiel.

La musique : la muse mal-aimée d’Hitchcock

Fenêtre sur cour (1954) marque le tournant sonore du cinéma d’Hitchcock. Dès lors, la musique occupe une place de choix, car elle nourrit l’imaginaire du spectateur et maintient le jeu de l’attente, si précieux au suspense. Pourtant, Hitchcock se méfie de la musique comme de la peste, car il la connaît mal. Ce langage lui échappe… Jusqu’à ce que son chemin croise celui de Bernard Herrmann, compositeur et chef d’orchestre américain qui a écrit pour les plus grands cinéastes : Orson Welles, Martin Scorsese, François Truffaut, parmi d’autres.  Leur collaboration débute avec The trouble with Harry (Mais qui a tué Harry?, 1955), et elle termine en 1966, avec Torn curtain (Le rideau déchiré), film au titre prémonitoire qui marque la rupture entre les deux hommes (pour des raisons commerciales, Hitchcock souhaitait entreprendre le virage pop hollywoodien, ce que Hermann n’a pas du tout apprécié).

Bernard Herrmann a composé la musique de neuf des films d’Hitchcock, et pas n’importe lesquels :

-          The trouble with Harry (Mais qui a tué Harry?, 1955) 

-           The man who knew too much (L’homme qui en savait trop – deuxième version, 1956). Le compositeur apparaît dans une scène, pendant qu’il dirige le Royal Albert Hall.

-          The wrong man (Le faux coupable, 1957) 

-          Vertigo (Sueurs froides, 1958)

-          North by northwest (La mort aux trousses, 1959)

-          Psycho (Psychose, 1960). Une partition simple, qui épouse les images et anticipe l’émotion. On se rappelle tous de la scène de la douche, dans laquelle la musique fait un sacré boulot!

-          The birds (Les oiseaux, 1963). Exit les instruments de musique traditionnels, Hermann fait place à des sons, notamment les cris d’oiseaux. D’une efficacité redoutable, encore une fois.

-          Marnie (Pas de printemps pour Marnie, 1964).

-          Torn curtain (Le rideau déchiré, 1966)


Programmation à la télévision de Radio-Canada

La muse (The girl), vendredi 18 juillet à 19 h
Mannequin en vue qui n’avait tourné que des publicités, Tippi Hedren est initiée au cinéma par Hitchcock, qui en fait la vedette de deux films célèbres : Les oiseaux (The birds) et Pas de printemps pour Marnie (Marnie). Inspiré par un livre évoquant la nature obsessive, voire harcelante, de la relation du réalisateur avec l’actrice, La muse, tourné en 2012 par le réalisateur Julian Jarrold, met en vedette Sienna Miller et Toby Jones dans les rôles principaux. Tous deux ont été finalistes aux Golden Globes, aux prix Emmy et aux British Academy Television Awards.

Pas de printemps pour Marnie (Marnie), vendredi 18 juillet à minuit
Sean Connery partage la vedette avec Tippi Hedren, qui incarne une déséquilibrée sous l’emprise d’un troublant secret dans ce film tourné par Hitchcock en 1964.
À noter : Le doublage original est légèrement altéré vers 2 h 5 min après le début du film, ce qui nous oblige à revenir à la bande sonore originale anglaise avec sous-titre français pour quelques secondes.

Ciné-club : Le rideau déchiré (Torn curtain), dimanche 20 juillet à 23 h
La guerre froide et l’espionnage sont au cœur du premier film tourné par Hitchock après MarnieLe rideau déchiré, datant de 1966, met en vedette deux des plus grandes stars de l’époque, Paul Newman et Julie Andrews.

Complot de famille (Family plot), dimanche 20 juillet à 0 h 38
Cette comédie satirique de 1976 est le dernier film terminé par Hitchcock. Bruce Dern, finaliste à la dernière cérémonie des Oscars pour Nebraska, y partage la vedette avec Karen Black, Barbara Harris et William Devane.

Bon cinéma!