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Les éclats: Queen Ka enfin sur disque

Par
Ariane Cipriani
 

Enfin, parce qu’on n’a pas affaire ici à une débutante. Queen Ka déclame sa poésie moderne sur scène depuis plusieurs années déjà. Ses mots sont accompagnés par la musique et le bruitage de ses deux fidèles complices, Blaise Borboën-Léonard et Stéphane Leclerc. Les compositions, très théâtrales, posent un décor ample de cordes et de sonorités électroniques, telle une trame sonore.

Le premier morceau, Solitude, presque morbide, contraste avec la luminosité de la slameuse C’est que Queen Ka a le regard ouvert et veut donner parole à ceux qui n’en ont pas. Elle donne à entendre ses préoccupations sociales, l’exploitation des plus vulnérables, les enfances ravagées. Sans oublier les identités, individuelles comme collectives, un terrain fertile pour Elkahna Talbi, de son vrai nom, fille de parents tunisiens.

Queen Ka maîtrise le glissement sémantique et a le sens de l’ellipse, inhérente au slam. Surtout, elle fait confiance à l’intelligence de son récepteur et amène finement ses thèmes, comme la conquête économique chinoise dans Chinois. Puis se fait désarmante de simplicité dans Écrire sur le beau. Toute l’expérience acquise de cet art du récitatif s’entend d’emblée.

Queen Ka commence par prendre part aux soirées de slam à Montréal en 2007, après des études en art dramatique. L’année suivante, elle présente son premier spectacle, Delirium, au théâtre Aux Écuries. Le deuxième spectacle, Ceci n’est pas du slam, en 2011, est mis en scène par son ami Yann Perreau. Elle ouvre aussi à deux reprises pour Grand Corps Malade lors de ses passages au Québec.

Cinq morceaux, aussi denses soient-ils, c’est peu pour une fille qui a tant à dire. Mais il y aura un second souffle aux Éclats. Queen Ka travaille à un prochain opus avec des artistes invités. À suivre…