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Sergio Mendes : Brésil 101, au goût du jour.

Par
Ralph Boncy

Le Nouveau Monde n’existait pas pour les Européens jusqu’à ce que Christophe Colomb jette l’ancre dans une crique de l’île d’Haïti. Pareil : la musique du Brésil n’a pris forme dans l’imaginaire du grand public nord-américain que le jour où l’étiquette californienne A&M a sorti le mémorable 33 tours Herb Alpert presents Sergio Mendes & the Brazil ‘66.

Moment historique : Mas que nada, de Jorge Ben, qui amorce la face A, devient alors le premier tube en portugais du palmarès américain. Ce succès inédit ouvre à l’arrangeur brésilien un abonnement à long terme dans les cinq premières positions. Pendant cette période faste, c’est au moins trois albums par an que Mendes met sur le marché. Il devient Monsieur Brésil et fait inlassablement la promotion sur tous les fronts des rythmes et couleurs de son pays, adaptant du même coup Burt Bacharach et les Beatles à la sauce carioca.

Retour aux sources.

Cette discographie exceptionnelle qui s’étale sur plus d’un demi-siècle connaît même un regain de popularité spectaculaire depuis le milieu des années 2000. Faisant suite à l’album-hommage Timeless, orchestré par le bouillant Will.i.am, trois disques revampés, ensoleillés et bourrés d’invités d’allégeances très diversifiées revendiquent l’influence de Sergio comme saint patron.

Puis voici ce tout nouveau Magic, sur lequel on croise encore des stars comme le soulman John Legend et le leader des Black eyed peas. Sauf que sous le blason de Mendes l’intemporel, on redonne la place aux authentiques stars de là-bas : Milton Nascimento, Carlinhos Brown, Seu Jorge, Ana Carolina, Maria Gadu ainsi que l'épouse du chef d'orchestre, la chanteuse Gracinha Leporace.

Certains vont juger cet album trop varié ou trop luxueux, pas assez hip-hop. Pourtant, il ne fait que poursuivre la mission que ce grand musicien du Brésil s’était fixée au début : émanciper et populariser les éléments de sa culture musicale en les intégrant à une pop mélodique et toujours jazzée, sans s’adapter aux modes mais bien en défiant le temps.

Fils de médecin, pianiste de conservatoire et ado à Rio, Mendes s’était acoquiné avec les Jobim et Gilberto débutants dans les années 1950 et avait accompagné le légendaire saxophoniste Cannonball Adderley. Il était donc aux premières loges à Ipanema lorsqu’a déferlé la première vague de la bossa-nova.

Mais il est encore d’actualité aujourd’hui et n’allait pas rater l’occasion de se pointer le bout du nez alors queson Brésil, plus que jamais, est sous les projecteurs.

Logique, non? Sinon Magic